Vers une bombe sans victimes ? Pour une histoire renouvelée de la marche française vers le "progrès" atomique (1945-1966)

par Masatoshi Inoue

Projet de thèse en Sciences, Savoirs, Techniques : Histoire et Société

Sous la direction de Anne Rasmussen et de Sezin Topçu.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 03-10-2019 .


  • Résumé

    Ce projet de thèse vise à revisiter les premières décennies du processus de nucléarisation de la France en interrogeant dans quelle mesure la prise de conscience (ou non) des victimes passées de la bombe atomique (à Hiroshima et Nagasaki), mais aussi celle des victimes potentielles en cas d’essais atomiques ou d’une future guerre nucléaire, ont orienté la trajectoire de l’atome dans l’Hexagone. Nous étudierons l’évolution des rapports à la bombe atomique et à ses dégâts en France sur quatre arènes distinctes (politico-militaire / scientifique / intellectuelle-médiatique / militante). Nous saisirons les décisions et actions politiques et matérielles associées en mettant au cœur de l’analyse les manières de rendre visibles ou invisibles les victimes pour soutenir ou critiquer l’atome. Les diverses évaluations, publicisations ou au contraire « oublis » des dégâts humains de la bombe seront étudiés en lien avec le processus de victimisation des « hibakusha » au Japon même. Notre objectif est ainsi de retracer, d’une part, l’histoire de la force de frappe française d’une manière renouvelée, et d’autre part de poser la question de l’ignorance du drame des survivants en dehors du Japon, drame alors poussé au second plan dans de nombreux pays impliqués dans la course à l’armement.


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