Holoscopie : techniques, archéologie et esthétique du médium holographique

par Johan Schollaert

Projet de thèse en Cinéma et audiovisuel

Sous la direction de Antonio Somaini et de Philippe Dubois.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Arts et médias (Paris) , en partenariat avec Laboratoire International de Recherches en Arts (Paris) (equipe de recherche) depuis le 28-10-2019 .


  • Résumé

    Cette thèse a pour objectif d’appréhender les enjeux esthétiques et politiques de l'holographie et de son imagerie au sein de notre culture visuelle contemporaine. Il s’agit d’envisager l’objet d’étude, les "hologrammes", selon deux catégories qui ne cessent de dialoguer à la fois sur le plan esthétique et sur le plan historique. D'abord, la catégorie des médias science-fictionnels d'anticipation que l’on peut décrire comme des « images flottantes ». Que ces médias soient mis en scène dans des fictions cinématographiques occidentales depuis les années 80 (Star wars, Blade Runner 2049, Minority Report...), ou mis en pratique par l’effet du « Pepper’s Ghost » dans les manifestations politiques ou musicales récentes (les meetings de Mélenchon aux présidentielles de 2017 par exemple, ou les concerts de Hatsune Miku ou Maria Callas), ces médias soulignent le paradoxe d’un désir d'images sans support, émergeant au sein d’une société caractérisée par l’omniprésence des écrans. La seconde catégorie d’objets est celle d’un médium de « photographie laser en 3 dimensions », procédé breveté par Dennis Gabor au lendemain de la seconde Guerre Mondiale, et qui se popularise avec l'invention des lasers dans les milieux artistiques contre-culturels des années 60/70 (Margaret Benyon, Dieter Jung, Lloyd Cross...). Ce procédé repose sur la capacité d’enregistrer et de restituer un champ optique avec un effet de parallaxe sur une plaque sensibilisée. Le résultat obtenu est alors celui d'une "fenêtre avec mémoire" (Andrew Pepper), qui ne nécessite aucune prothèse contrairement à la stéréoscopie et la réalité virtuelle. Les pratiques artistiques de ce médium holographique vont ensuite décliner à partir des années 80. On assiste alors à une banalisation de ses usages, plus communs et quotidiens : jouets, billets, emballages, cartes bancaires... Ce travail se déploie ainsi sur trois axes de recherche qui nous permettent de mettre en lumière un régime de visibilité spécifique à l'holographie, celui d'une « holoscopie » : 1° la spécificité technique et esthétique du médium holographique par rapport aux autres arts (photographie, peinture, scuplture…) ; 2° l'archéologie des images flottantes au sein de la culture visuelle occidentale depuis le XIXe ; 3° la rivalité entre le cinéma et l'holographie au prisme des ambitions concurrentielles au dispositif cinématographique, comme dans l’ Expanded Cinema de Gene Youngblood et la « cinéholographie » de Claudine Ezykman et Guy Fihman. A mesure que l’holographie se banalise dans les années 80, elle devient cette imagerie en volume qui flotte dans l’espace. Tout l’enjeu de ce travail théorique est de comprendre cette mutation et ses conséquences.


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