Recettes subjectives et ventres insoumis : pour une gastropoétique au féminin de la littératures postcoloniale de l'Asie du Sud-Est

par Gema Gonzales

Projet de thèse en Littératures et civilisations comparées

Sous la direction de Pierre Zoberman.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Littérature française et comparée (Paris) , en partenariat avec Centre d'études et de recherches comparatistes (Paris) (laboratoire) depuis le 18-11-2019 .


  • Résumé

    Foodspeak, foodporn, foodgasm, foodism — ces néologismes, nés de l’obsession du vingt et unième siècle pour l’alimentaire, témoignent de la revalorisation et de la redéfinition actuelles du comestible et du culinaire. La nourriture est désormais envisagée comme, entre autres, un langage, un art, une forme d’érotisme, voire une philosophie. Dans le contexte des études alimentaires d’aujourd’hui, elle ne se considère plus uniquement en tant que simple produit de production et de consommation, mais comme un composant social de soi et un vecteur important dans l’interrogation sur des enjeux sociopolitiques, des matrices de pouvoir genrées, et des intersectionnalités identitaires. Se situant à la croisée de cette récente vague qui vise à repenser la nourriture et de la pensée féministe postcoloniale, cette recherche aborde l’interaction de l’alimentaire et du littéraire dans des œuvres écrites par des femmes sud-est asiatiques. Il s’agit au travers d’un corpus composé de cinq romans contemporains (2002-2019), d’explorer le système métaphorique de l’alimentaire comme une poétique permettant aux femmes postcoloniales d’expliciter leurs multiples expériences et de résister aux logiques patriarcales et colonialistes. Partant de l’hypothèse que la nourriture peut servir de langage approprié de résistance, ce projet ouvrira une réflexion sur la possibilité d’une littérature gastronomique contre-discursive au féminin et célébrera la créativité des auteures de cette région.


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