La numérisation de la décision administrative : l'exemple du ministère des armées

par Baptiste Guillen

Projet de thèse en Droit public

Sous la direction de Aude Rouyere.

Thèses en préparation à Bordeaux , dans le cadre de École doctorale de droit , en partenariat avec INSTITUT LÉON DUGUIT (laboratoire) depuis le 28-11-2019 .


  • Résumé

    A l'heure de la quatrième révolution industrielle, le numérique s'immisce dans l'ensemble des champs d'action des décideurs publics. Informatisation des services, fichiers administratifs, open data, traitements automatisés de données et algorithmes de calculs – le renouvellement des outils de décision de l'administration est en cours. Si les perspectives ouvertes par cette inclusion numérique se précisent progressivement, les obligations juridiques qui y sont afférentes aussi. Alors, il semble opportun de se questionner sur l'intégration de la décision administrative, acte juridique séculaire, dans cette numérisation si récente. La recherche s'attardera d'abord sur les aspects du processus décisionnel des acteurs publics et leur adaptation aux nouvelles possibilités et restrictions liées au numérique. En effet, de la police administrative, au service public, en passant par la commande publique, mais aussi les relations entre l'administration et ses agents, ainsi que l'administration et le public ; l'ensemble des espaces d'édiction de décisions administratives sont concernés par la numérisation. Ensuite, les conséquences de l'utilisation massive des algorithmes de traitement des données par l'administration doivent être analysées. Pour ce faire, l'intégralité de la chaine de production de solutions algorithmiques doit être déconstruite pour isoler la captation des données, de leur transformation, et pour finir, de leur réutilisation. Cette déconstruction permet, en dernière approche, d'étudier les possibilités de réutilisation des résultats extraits du calcul informatique pour fonder la décision administrative. Enfin, l'avènement d'un véritable service public de la donnée, issu d'une législation récente, doit faire l'objet d'une approche prospective. Les obligations de partage libre, transparent et gratuit d'une grande partie des données publiques pourraient être à l'origine d'un changement de paradigme dans la légitimité de l'action administrative. Pour mener ce travail, l'exemple du ministère des armées sera retenu, et plus particulièrement le fonctionnement de son état-major. En pleine transformation numérique, les rapports avec les agents changent et des nouvelles perspectives dans la prise de décision apparaissent. L'ambition de cette recherche est de concilier une analyse juridique du mouvement de numérisation, corrélée par les expériences internes des services de l'administration avec une approche théorique fondamentale mêlant science administrative et théorie de la décision.

  • Titre traduit

    The digitization of the administrative decision: the example of the Ministry of the Armed Forces


  • Résumé

    At the time of the fourth industrial revolution, digital technology is interfering in all areas of action of public decision-makers. Computerization of services, administrative files, open data, automated data processing and calculation algorithms - the renewal of the decision tools of the administration is in progress. If the prospects opened up by this digital inclusion are progressively becoming more precise, the corresponding legal obligations also apply. So, it seems appropriate to question the integration of the administrative decision, secular legal act, in this so recent digitization. The research will first focus on aspects of the decision-making process of public actors and their adaptation to new possibilities and restrictions related to digital. Indeed, from the administrative police, to the public service, through the public commission, but also the relations between the administration and its agents, as well as the administration and the public; all the spaces for publishing administrative decisions are concerned with digitization. Then, the consequences of the massive use of data processing algorithms by the administration must be analyzed. To do this, the entire production chain of algorithmic solutions must be deconstructed to isolate the capture of data, their transformation, and ultimately, their reuse. This deconstruction makes it possible, as a last approach, to study the possibilities of reusing the results extracted from the computer calculation to base the administrative decision. Finally, the advent of a real public data service, resulting from recent legislation, must be the subject of a prospective approach. The obligations of free, transparent and free sharing of much of the public data could be at the origin of a paradigm shift in the legitimacy of administrative action. To carry out this work, the example of the ministry of armies will be retained, and more particularly the operation of its staff. In the midst of digital transformation, relationships with agents are changing and new perspectives in decision-making are emerging. The ambition of this research is to reconcile a legal analysis of the digitization movement, correlated by the internal experiences of the services of the administration with a fundamental theoretical approach mixing administrative science and decision theory.