L'imaginaire du travail cooperatif. Une sociologie des société coopératives d'intérêt collectif

par Geoffroy Gonzalez

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Bénédicte Zimmermann.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 05-11-2019 .


  • Résumé

    Par-delà les raisons conjoncturelles qui ont récemment conduit à la création (2001) et à la simplification (2014) d’un nouveau statut juridique pour les entreprises coopératives, celui de Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC), il est possible d’entrevoir dans l’obligation de multisociétariat qui caractérise ce statut une occasion pour le mouvement coopératif de réaliser un aboutissement de ses principes déclarés. En effet, toute coopérative doit adhérer, en tant que telle, à un ensemble de principes comprenant notamment l’obligation d’une « coopération entre coopératives » et d’un « engagement envers la communauté ». Statutairement obligée de regrouper des sociétaires appartenant a minima aux producteurs et aux bénéficiaires de la coopérative, et par ailleurs intrinsèquement tournée vers un « intérêt collectif » et une « utilité sociale », la SCIC semble permettre de dépasser les oppositions historiques au sein du mouvement coopératif entre producteurs et consommateurs et rendre possible la réalisation des principes coopératifs ouvrant sur les autres coopératives et la communauté. Notre objectif est de contribuer à la compréhension sociologique de cette forme nouvelle d’entreprise coopérative en nous demandant si le travail que l’on y peut observer correspond aux principes coopératifs et le cas échéant, dans quelle mesure il est possible que ce travail empreint de valeurs démocratiques puisse contribuer à transformer la société. L’étude sera ainsi gouvernée par deux grands axes de recherche. Afin de déterminer l’existence et les contours d’un imaginaire du travail coopératif, nous nous poserons deux premières questions : Les valeurs portées par les travailleurs de la SCIC correspondent-elles aux valeurs énoncées par les principes coopératifs ? Ces travailleurs sont-ils en capacité de réaliser ce qu’implique l’imaginaire du travail coopératif ? Nous chercherons par ailleurs à comprendre si et comment un tel imaginaire du travail coopératif peut être caractérisé d’instituant, c’est-à-dire comment il peut jouer un rôle dans la transformation de la société. Pour cela, nous formulerons deux questions supplémentaires : Dans quelle mesure cet imaginaire peut-il accompagner un travailleur dans son parcours de vie, ailleurs que dans la SCIC ? La réalisation effective du multisociétariat permet-elle aux organisations sociétaires des SCIC de s’imprégner des significations sociales constituant l’imaginaire du travail coopératif ?