Aux frontières de l'invisible et de l'indicible : le concept-limite de monstre et ses représentations

par Anna maria Sienicka

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Pierre Ancet.

Thèses en préparation à Bourgogne Franche-Comté , dans le cadre de École doctorale Sociétés, Espaces, Pratiques, Temps (Dijon ; Besançon ; 2017-....) , en partenariat avec CGC - Centre Georges Chevrier (laboratoire) depuis le 09-10-2019 .


  • Résumé

    Le concept de monstre, tant humain que fictif, renvoie plus à une expérience subjective qu'il n'est une détermination d'objet. En ce sens, il s'agit d'un concept-limite : il vise ce qui se refuse à la compréhension. Si le monstre est ce qui, par sa présence, se refuse à notre compréhension c'est qu'il ne peut s'inscrire dans la logique - sa présence constitue une rupture dans ce qui nous paraissait connu et maîtrisé. C'est cette juxtaposition de deux logiques distinctes et antagoniques qui fonde l'absurdité de l'apparition du monstre. Toutefois, cette absurdité, difficile à supporter pour celui qui regarde, apparaît comme un paradoxe à dépasser. Ce que nous proposons d'étudier dans cette thèse c'est la tension vers la représentation à laquelle pousse le monstre, ainsi que notre tendance à donner forme à l'informe (ou à la marque de l'impossibilité de cette donation de forme définitive). Ces recherches éclairent le rapport entre la représentation du monstre fictif et le rejet dans l'imaginaire du monstre humain et donnent une nouvelle approche du lien entre le regard scientifique (tératologique) et esthétique.

  • Titre traduit

    On the Edge of Invisible and Unspeakable : the Limit-concept of Monster and its Representations.


  • Résumé

    The concept of monster, both human and fictitious, refers more to a subjective experience than an object's determination. In this sense, it is a limit-concept: it aims at what is denied to our understanding. If the monster is, by its presence, what refuses itself to our understanding it is that it can not be inscribed in the logic. Its presence constitutes a break in what seemed to us known and mastered. It is this the juxtaposition of two distinct and antagonistic logics that founds the absurdity of the appearance of the monster. However, this absurdity, difficult to bear for the one who looks, appears as a paradox to overcome. What we propose to study in this thesis is the tension towards representation to which the monster pushes us, as well as our tendency to give form to what lacks any (or to the mark of the impossibility of this giving of a definitive form). These researches shed light on the relationship between the representation of the fictional monster and the rejection of the human monster in the imaginary and give a new approach to the link between the scientific (teratological) and aesthetic gaze.