Bidonvilles et relogement, la reproduction de la vulnérabilité social à la ville nouvelle Errahma à Casablanca

par Musstapha Abdessadek

Projet de thèse en Sciences humaines et humanités nouvelles spécialité Architecture, Urbanisme et Environnement

Sous la direction de Emmanuel Amougou-Mballa et de Mohamed Hanzaz.

Thèses en préparation à Paris, HESAM , dans le cadre de École doctorale Abbé Grégoire (Paris) , en partenariat avec Laboratoire Architecture, Ville, Urbanisme, Environnement (Paris) (laboratoire) et de Conservatoire national des arts et métiers (France) (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-10-2019 .


  • Résumé

    La recherche porte sur les bidonvilles de Casablanca. Ces derniers disparaissent progressivement et donnent naissance à plusieurs villes nouvelles. Le but de ce travail est d'identifier des signes de changement sur le plan culturel chez la population bidonvilloise après sa relocalisation en logement formel. Malgré les efforts déployés pour la réalisation du programme national des villes sans bidonville et le relogement de la population bidonvilloise, les objectifs fixés au préalable par les acteurs semblent ne pas avoir tenu compte de la réalité sociologique de la population. Les conséquences de cette réalité s'imposent aujourd'hui, après le recasement, comme un défi majeur face à l'urbanisme casablancais. Pour comprendre la logique des caractéristiques socioculturelles de la population, il est question de spécifier les techniques de l'approche adoptée par le concepteur. Cette opposition, qui a bien été observé avant et pendant les opérations de recasement, constitue une préoccupation majeure des chercheurs en sciences sociales, particulièrement au Maroc. Il s'agit d'un décalage entre les choix urbains du concepteur et les préoccupations de la population des bidonvilles. Ce décalage fait écho à la mobilisation de cette population aspirant à quitter les bidonvilles au début des opérations de relogement. L'un des enjeux de l'étude est de comprendre si ce que nous nommons « effets pervers » qui ont eu lieu suite à la réalisation de ces programmes de relogement ne relèvent pas de la sous-estimation ou de la méconnaissance des pratiques socioculturelles et économiques de la population défavorisée de Casablanca. En effet, les pratiques héritées d'un système social complexe reflètent en quelque sorte l'histoire de cette population. Ces pratiques reposent sur la prise en compte de la culture de la terre et de l'élevage dans la conception d'un schéma urbain, élément fondamental pour une résilience sociale de ces populations. Le choix de la ville de Casablanca comme terrain d'étude se justifie, entre autres, par mon expérience professionnelle acquise au sein de l'agence de développement social (ADS) qui accompagne la population « bidonvilloise » lors de leur relogement. Ainsi, je me suis familiarisé avec cette population de référence ce qui m'a offert des pistes d'analyse relatives à la réalité du terrain. C'est pourquoi les pratiques culturelles de ces habitants constituent un enjeu majeur qui doit être étudié avant et durant leur relogement. Les opérations de recasement, de quelques dizaines de « douar bidonvillois » de la ville de Casablanca, constituent un événement tout particulier pour l'ensemble de la population « bidonvilloise. Car du point de vue sociologique, elles représentent au-delà de la disparition des bidonvilles, la fin d'un mode de vie propre à la population bidonvilloise pour accéder à un mode de vie urbain. Dans le cadre de cette mobilité socio-spatiale, on a assisté à un changement urbanistique en démolissant les bidonvilles et en construisant des immeubles, sur le plan social. Un nouveau mode de vie bidonvillois se reproduit au sein de la population. Il se traduit, entre autres, par la présence de petits animaux en ville, la culture de fruits et des légumes à proximité des habitations, et la transformation des habitations en petits commerces en ville.

  • Titre traduit

    shantytown and rehousing. Lifestyle in the new city Errahma- Casablanca


  • Résumé

    The shantytowns of Casablanca are disappearing. This disappearance was made over several periods, giving way to new cities. Our research focuses on identifying signs of cultural change in the slum population after relocation to formal housing. In fact, despite the efforts made to implement the national program of city without shantytown and to relocate the slum population, the objectives set beforehand by the actors seem not to have taken into account the sociological reality of the population. The consequences of this reality are imposing today, after the resettlement, as a major challenge facing urbanism Casablanca. This is the starting point of our research. Thus, our study attempts to develop a reflection that can serve us and facilitate our understanding of the antagonistic logic that opposes the sociocultural characteristics of the population to the technical characteristics of the approach adopted by the designer. This antagonism, which has been observed before and during resettlement operations, is now a major concern for social scientists in Morocco. It is therefore a gap between the urban choices of the designer and the concerns and demands of the slum population. This gap echoes the mobilization of this population aspiring to leave shantytowns, and at the beginning of relocation operations. Today, this gap is observed by the presence of livestock in the city, raising small animals, or the transformation of his apartment into a small business. In this perspective, it has been questioned whether these 'adverse effects' in the realization of these programs are not due to underestimation or ignorance of the socio-cultural and economic practices of the poor population of Casablanca. In reality, these practices inherited from a complex social system, reflect in some way the history of this population. Our choice of the city of Casablanca as a field of study is justified, among other things, by the professional experience that we were able to acquire, a few years ago, within the social development agency (ADS) that accompanies the 'shantytown' population. This organization offers support activities for people in need of assistance. It also contributes to strengthening the capacities of the various actors in favor of this population. Thanks to this experience, we were able to familiarize ourselves with this reference population. She also offered us some analysis of the reality of the 'shantytown' space. The cultural practices of its inhabitants are a major issue that must be studied. With culmination, the practices prevailing at the beginning of relocation operations. 'At the beginning of the rehousing operations, the authorities promised us land of 80 m2 minimum, we had proposed to get land here, because the city of Errahma is very far, now we have been relocated ..., c is good but I would have preferred to stay where I was before, it is difficult to leave the slums after living there for more than 50 years, El Arbi 55 years old '). These real operations of resettlement, a few dozen 'Douar' 'Bidonvillois' of the city of Casablanca, constitute a very special event for the entire population 'slum', because from the sociological point of view, this represents beyond the disappearance of shantytowns, the end of a way of life specific to the slum population to access an urban lifestyle. Nevertheless, in the context of this socio-spatial mobility, even if we have witnessed a change in urban planning by demolishing shantytowns and building buildings, on the social level we observe a kind of reproduction of the slum lifestyle (or a new form of shantytown), in the very heart of an urban lifestyle. This reproduction is reflected, among other things, by the presence of small animals in the city, the cultivation of the land to produce fruits and vegetables close to homes, the transformation of homes into small shops or workshops to produce products to be marketed. city ​​to be able to find a source of income. It is in this perspective that we had the scientific curiosity and the motivation to study this social problem in Casablanca. We are interested in the new city of Errahma, because it is a community largely concerned by what could be called the phenomenon of reproduction of cultural practices related to slums in urban areas.