Lutte des ambiances dans les quartiers enclavés et en transformation de Beyrouth.

par Georges Abou Mrad

Projet de thèse en Urbanisme - Mention Architecture

Sous la direction de Nicolas Tixier, Jean-Michel Roux et de Hany Kahwaji janho.

Thèses en préparation à l'Université Grenoble Alpes , dans le cadre de École doctorale sciences de l'homme, du politique et du territoire , en partenariat avec CRESSON (laboratoire) depuis le 01-09-2019 .


  • Résumé

    Le Liban était considéré depuis des siècles comme un territoire refuge pour de nombreuses minorités communautaires et religieuses menacées de l'Orient. Ces diversités ont participé à générer une identité complexe et parfois contradictoire du pays et de son patrimoine socioculturel. Malgré sa forte participation à la richesse du pays, cette diversité se présentait parfois comme étant la cause majeure des problèmes ethniques et religieux sur le territoire libanais. Ces conflits ethniques ont été couronnés par la guerre civile, qui devint rapidement de nature religieuse et qui durera environ quinze années entre 1975 et 1990. Le lendemain de la guerre civile et avec le commencement de la reconstruction du centre de Beyrouth, les vrais dégâts de la guerre se révélèrent. Des quartiers ethniquement stratifiés prirent place sur les vestiges de la ceinture de misères contournant anciennement la capitale. Une nouvelle ère des “quartiers irréguliers de Beyrouth” vit le jour. Des vrais espaces “ghettos”, enclavés et fortifiés par des idéologies religieuses radicales furent établis. Les quartiers se transformèrent rapidement, fabriquant leurs propres ambiances distinctes les unes les autres. Une distinction, non seulement des zones chrétiennes (Chari'iyeh) de celles musulmanes (Gharbiyeh), mais aussi entre les zones confessionnelles chiites, sunnites, maronites, orthodoxes. Les décisions urbaines de l'époque renforçaient l'isolement et le détachement physique de ces quartiers du centre-ville de Beyrouth par l'aménagement de grands projets d'infrastructures, empêchant tout contact entre la capitale et ces quartiers irréguliers. Le but principal de ce projet de thèse est de questionner les ambiances en termes d'opérateur principal et fondamental de changement volontaire qui soit urbain, social et sensible de deux de ces quartiers irréguliers, celui de “Ouzaï” et celui de “Karm El Zeitoun”. De nos jours de nombreuses tentatives privées de requalifications de ces territoires ont vu le jour. Ces tentatives sont dues surtout aux spéculations foncières et à la saturation des territoires constructibles au centre-ville. Ces transformations bouleversent les ambiances dans ces quartiers notamment dans les façons nouvelles de coexister entre elles, dans les vécus autant que dans les pratiques. On assiste depuis quelques années à une dynamique de transformation urbaine de ces quartiers qui touche fortement la production des espaces habités et des modes de vie par la proximité et l'introduction d'autres modes de fabriques hétérogènes à ces quartiers. Quelles adaptations ou d'appropriations de ces nouvelles ambiances “indigènes” peut-on envisager pour espérer un “être” sensible à son environnement qui jouent de cette “hétéroclicité” ? Cette hétéroclicité fut la cause principale de ce que l'on pourrait appeler une lutte des ambiances dans ces quartiers longtemps considérés comme homogènes. Est-ce qu'inversement, une approche par les ambiances peut aujourd'hui devenir un opérateur inédit de transformation urbaine de ces quartiers ? La thèse s'attachera par un travail situé et d'enquêtes afin de mettre à jour les éléments constitutifs de cette hétéroclicité et d'éprouver comment une approche par les ambiances permettrait d'en imaginer des devenirs possibles.

  • Titre traduit

    Contest of ambiances in enclaved, in transformation neighborhoods of Beirut.


  • Résumé

    Religious minorities in the East. These diversities helped the country to generate a complex and sometimes contradictory identity and to build its socio-cultural heritage. Despite its strong participation in the richness of the country, this diversity sometimes is considered as the main cause of ethnic and religious problems on Lebanese territory. These ethnic conflicts were crowned by the civil war, which quickly became religious in nature and lasted about fifteen years between the years 1975 and 1990. The day after the civil war and with the beginning of the reconstruction of the center of Beirut, the real damage of the war was revealed. Ethnically stratified neighborhoods took their places on the remnants of the “belt of miseries” that bypassed the capital. A new era of 'irregular neighborhoods of Beirut' was born. Real 'ghetto' spaces, enclaved and fortified by radical religious ideologies were established. Neighborhoods were transformed quickly, making their own distinct environments. A distinction, not only from the Christian areas (Shari'iyeh) and the Muslim ones (Gharbiyeh), but also between faiths in the same religion (Shia, Sunni, Maronite and Orthodox). The urban decisions taken at the time reinforced the isolation and physical detachment of these neighborhoods from downtown Beirut. The development of major infrastructure projects prevented any kind of contact between the capital and its irregular neighborhoods. The main purpose of this thesis project is to question the moods considered as main and fundamental operator of voluntary urban, social and sensitive change of two of these irregular neighborhoods, that of 'Ouzaï' and that of 'Karm El Zeitoun '. The main purpose of this thesis project is to question the moods in terms of main and fundamental operator of voluntary urban, social and sensitive change of two of these irregular neighborhoods, that of 'Ouzaï' and that of 'Karm El Zeitoun '. Nowadays, many private attempts to requalify these territories have come into being. These attempts are due mainly to land speculation and the saturation of suitable for building lands in the city center. These transformations dislocate the existent moods in these neighborhoods, especially in their new ways of coexisting with each other, in both experiences and practices. For some years, we have been witnessing a dynamic urban transformation in these neighborhoods that strongly affects the production of inhabited spaces and lifestyles by the proximity and the introduction of other modes and heterogeneous factories to these neighborhoods. What adaptations or appropriations of these new 'indigenous' atmospheres can one envisage to hope for a 'being' sensitive to its environment that play with this 'heteroclicity'? This heteroclicity was the main cause of what could be called a struggle of moods in these neighborhoods long considered homogeneous. Conversely, can a new approach of moods become a new operator of urban transformation in these neighborhoods? The thesis will focus on work and surveys to uncover the constituent elements of this heteroclicity and to test how an approach by the moods could figure out possible futures.