Impact de l’activité physique sur la santé au travail (retour au travail après cancer) : approche épidémiologique

par Têtê norbert Wilson

Projet de thèse en Médecine

Sous la direction de Yves Roquelaure, Bradley Evanoff et de Agnès Aublet-cuvelier.

Thèses en préparation à Angers , dans le cadre de Biologie-Santé , en partenariat avec IRSET-ESTER (Epidémiologie en santé au travail et ergonomie) (equipe de recherche) depuis le 07-11-2019 .


  • Résumé

    Le cancer représente l’une des causes majeures de morbidité dans le monde. On estime à 18,1 millions le nombre de nouveaux cas de cancer diagnostiqués en 2018 (Bray et al., 2018; Siegel et al., 2019). Au cours des dernières décennies, le diagnostic précoce du cancer et le développement de nouvelles approches thérapeutiques ont contribué à augmenter le taux de survie au cancer. En 2018, 44 millions de personnes ont survécu à un cancer (Bray et al., 2018) et ce nombre devrait augmenter dans les années à venir. Environ la moitié sont en âge de travailler (moins de 65 ans) et ont un emploi au moment du diagnostic (de Boer et al., 2009). Malgré les avancées diagnostiques et thérapeutiques, le cancer et ses traitements ont des répercussions sur la vie quotidienne et professionnelle des personnes atteintes. Le diagnostic est habituellement suivi d’une longue période d’arrêt maladie en raison des traitements médicaux et des limitations fonctionnelles. Les travailleurs atteints de cancer ont fait état de plusieurs effets du cancer et de son traitement sur leur santé, notamment des symptômes mentaux (anxiété, dépression) (Cooper et al., 2013; Horsboel et al., 2015), cognitifs (troubles de mémoire) (Dorland et al., 2016; Munir et al., 2011) et physiques (fatigue, douleur) (Behringer et al., 2016; Duijts et al., 2014). La diminution de la productivité au travail et la diminution des capacités physiques font partie des conséquences professionnelles explicites. Par conséquent, les survivants du cancer ont un risque de chômage nettement plus élevé que la population générale. Une récente méta-analyse a montré que les survivants du cancer ont 1,4 fois plus de risques d'être au chômage que les personnes en bonne santé (de Boer et al., 2009). De plus, entre 26 % et 53 % des survivants du cancer perdront leur emploi ou cesseront de travailler pendant ou après le traitement (Mehnert, 2011). Vu l’augmentation du nombre de survivants du cancer en âge de travailler et les multiples défis auxquels ils sont confrontés, il est donc nécessaire de leur offrir des programmes ou interventions de soutien pour améliorer leur taux de retour au travail dans le cadre d’une prévention tertiaire. C’est dans cette perspective que plusieurs interventions dont l'activité physique ont été développées ces dernières années pour améliorer le retour au travail des survivants du cancer. Des revues systématiques et méta-analyses évaluant l'efficacité de ces interventions sur le retour au travail après cancer ont montré que l'activité physique pouvait contribuer à améliorer le taux de retour au travail (Bilodeau et al., 2017; Caron et al., 2017; de Boer et al., 2015; Hoving et al., 2009; Lamore, 2019; Tamminga et al., 2010). Les résultats de la méta-analyse de de Boer et al ont montré que les interventions multidisciplinaires comprenant une activité physique sont plus efficaces (taux de retour au travail plus élevé) pour le retour au travail comparées aux soins habituels (de Boer et al., 2015). Cependant, la dose d'activité physique la plus efficace (par exemple, fréquence, intensité, durée) pour améliorer le retour au travail n'est pas clairement définie. À ce jour, à notre connaissance aucune étude n'a porté sur la dose optimale d'activité physique nécessaire pour le retour au travail après cancer. Une question cruciale se pose alors : quelle dose optimale d'activité physique serait-t-elle nécessaire à respecter dans le cadre des interventions pour améliorer le taux de retour au travail des patients atteints de cancer ? C’est dans cette logique que nous menons cette étude qui a pour but d’étudier les impacts de l’activité physique sur le retour au travail avec les trois objectifs spécifiques suivants : - Objectif 1 : Evaluer les effets de l'activité physique sur le retour au travail des patients atteints de cancer et déterminer sa dose optimale (effet-dose) à travers une revue systématique et une méta-analyse. - Objectif 2 : Valider la dose optimale d'activité physique nécessaire pour améliorer le taux de retour au travail après un cancer avec la méthode DELPHI. - Objectif 3 : Evaluer l’efficacité de la dose optimale d’activité physique sur le retour au travail après cancer à travers une étude pilote. Les résultats attendus permettront de mieux définir les doses d’activité physique à observer dans le cadre des interventions pour améliorer le retour au travail des travailleurs atteints de cancer.

  • Titre traduit

    Impacts of physical activity on occupational health (return to work after cancer) : an epidemiological approach.


  • Pas de résumé disponible.