Exposition hormonale et performances physiques chez les femmes en population générale

par Maryline Le noan (Laine)

Projet de thèse en Santé publique - épidémiologie

Sous la direction de Marianne Canonico.

Thèses en préparation à université Paris-Saclay , dans le cadre de École doctorale Santé Publique , en partenariat avec Centre de Recherche en épidémiologie et Santé des populations (laboratoire) , Exposome et hérédité (equipe de recherche) et de Faculté de médecine (référent) depuis le 01-11-2019 .


  • Résumé

    Au cours des dernières décennies, l'espérance de vie a considérablement augmenté. En 2010, l'Organisation Mondiale de la Santé estime que près de 15% de la population des pays industrialisés est âgée de plus de 65 ans et projette que cette proportion atteigne les 25% d'ici 2050 (1 , 2). Le vieillissement physiologique est caractérisé par un déclin progressif des fonctions motrices associés à un risque augmenté de dépendance, d'institutionnalisation et de décès (3, 4). Néanmoins, il existe une importante hétérogénéité inter-individuelle dans la fonction motrice et dans son déclin au cours du vieillissement (5 , 6) et l'identification des déterminants de ce déclin représente un enjeu majeur de santé publique pour la mise en place de stratégies de prévention ciblées et individuelles. Depuis plusieurs années, il a été mis en place des méthodes simples, efficaces et peu couteuses d'évaluation des performances motrices et la dépendance physique qui rendent ces indicateurs de santé facilement utilisables dans des études épidémiologiques à grandes échelles mais également par les cliniciens. Le caractère prédictif précoce de certaines de ces mesures, en particulier la vitesse de marche et la dépendance motrice, sur l'hospitalisation ou le décès, renforce l'intérêt de leur prise en compte dans l'évaluation globale de la santé d'un individu (4 , 7). De plus, l'étude des liens entre des caractéristiques individuelles et ces indicateurs pourraient permettre l'identification précoce et la prise en charge de groupes à haut risque de présenter une dégradation accélérée de leurs capacités fonctionnelles. Tout à au long de leur vie, les femmes sont exposées aux estrogènes d'origines endogènes et exogènes. De la puberté à la ménopause, elles sont soumises aux estrogènes endogènes d'origine ovarienne dont les niveaux varient au cours du cycle et en fonction d'états physiologiques spécifiques, tels que la grossesse ou l'allaitement. Après la ménopause, la majeure partie des estrogènes endogènes proviennent de la conversion périphérique de la testostérone surrénalienne au sein du tissu adipeux, phénomène fortement lié à l'adiposité et à l'indice de masse corporelle. En parallèle de cette production endogène, les femmes sont aussi exposées à des hormones exogènes utilisées à titre contraceptif ou pour contrebalancer les symptômes climatériques liés à la carence estrogénique après l'arrêt de la fonction ovarienne. Ces hormones exogènes, i.e. contraception hormonale et/ou traitement hormonal de la ménopause, sont constituées d'une large variété de molécules, bio identiques ou synthétiques, utilisées à différentes doses et via différentes voies d'administration, à l'origine d'un climat estrogénique variable (8 , 9 , 10). Des données antérieures ont montré que les femmes après la ménopause présentaient un déclin fonctionnel plus marqué que celui des hommes de même âge (11, 12), suggérant une potentielle influence de l'exposition aux estrogènes dans le maintien des performances physiques chez les femmes. D'autres données ont par ailleurs mis en évidence des fonctions physiques moins performantes chez les femmes ménopausées par rapport aux femmes non ménopausées, après prise en compte, même imparfaite, de l'âge (13-16). De plus, il a été suggéré qu'une ménopause chirurgicale conduisant à une chute des taux d'estradiol plus rapide et plus prononcée était associée à une moins bonne fonction physique (17-19). Néanmoins, ces données restent peu nombreuses et leurs résultats, souvent contradictoires, restent très débattus (20-23). Dans ce contexte, nous faisons l'hypothèse que les femmes ayant une exposition prolongée aux estrogènes pourraient présenter un meilleur fonctionnement physique, un déclin moins prononcé que les autres et une incidence diminuée de dépendance. Néanmoins, la complexité de l'effet des estrogènes sur la santé des femmes, bien établie dans d'autres pathologies, nécessite une analyse approfondie de leur influence sur le fonctionnement physique et la prise en compte d'interactions potentielles entre les sources d'expositions et les caractéristiques individuelles des sujets. L'objectif général de ce travail de thèse vise à étudier les déterminants hormonaux des performances physiques et de la dépendance chez des femmes françaises en population générale à partir des données de l'étude CONSTANCES. Cette thèse comportera trois objectifs spécifiques : 1. Étudier l'association entre l'exposition hormonale endogène et exogène, la vitesse de marche et les limitations physiques auto-rapportées mesurées à l'inclusion dans l'étude CONSTANCES. 2. Étudier l'association entre l'exposition hormonale endogène et exogène et la force de préhension et la station unipodale mesurées à l'inclusion dans l'étude CONSTANCES. 3. Étudier l'influence de l'exposition hormonale endogène et exogène sur le déclin de la vitesse de marche et l'incidence des limitations physiques auto-rapportées, après 5 ans de suivi, dans l'étude CONSTANCES Ce travail portera sur les données de l'étude CONSTANCES.

  • Titre traduit

    Hormonal exposure and physical performances in French women.


  • Résumé

    During the last century, life expectancy has intensely increased, especially in western countries. To date, ageing population, i.e. people over 65 years old, represents more than 15% of the overall population in developed countries and it is estimated that this proportion should excess 25% until 2050. Ageing has been consistently associated with a general and progressive decline in motor function which is related to different health outcomes including disability, institutionalization and death. Identifying specific determinants of motor decline has therefore become a major public health issue. Throughout their life, women are exposed to both endogenous an exogenous estrogens, from puberty to menopause but also after menopause with postmenopausal hormone therapy and residual estradiol levels due to aromatization in adipose tissu. Data on the role of estrogens on physical performances and disability are scarce and results were controversial. In this context, the objectives of this thesis were: 1. To investigate the transversal associations between hormonal exposure,walking speed and self-reported functional limitations among women from the CONSTANCES Study. 2. To investigate the transversal associations between hormonal exposure, grip strenght and standing balance among women from the CONSTANCES Study. 3. To investigate the longitudinal association of hormonal exposure with walking speed decline and the incidence of functional limitations among women from the CONSTANCES study.