Résistance des forêts mélangées aux insectes ravageurs exotiques envahissants.

par Alex Stemmelen

Projet de thèse en Écologie évolutive, fonctionnelle et des communautés

Sous la direction de Hervé Jactel et de Bastien Castagneyrol.

Thèses en préparation à Bordeaux , dans le cadre de École doctorale Sciences et Environnements , en partenariat avec BIOdiversité, Gènes & Communautés (laboratoire) et de BIODIV - Diversité des interactions biotiques et fonctionnement des écosystèmes forestiers (equipe de recherche) depuis le 31-10-2019 .


  • Résumé

    De nombreuses études suggèrent que les forêts mélangées sont plus résistantes aux attaques d'insectes ravageurs que les forêts pures (« résistance par association »). Si ces résultats sont bien établis pour les espèces d'herbivores indigènes, les preuves expérimentales font défaut en ce qui concernent les ravageurs exotiques envahissant. Or le nombre d'espèces invasives d'insectes forestiers montre une croissance exponentielle dans le monde, surtout en raison de l'accroissement continu des échanges internationaux des biens et des hommes. Il convient donc de chercher des méthodes de prévention du risque invasif. D'après des publications récentes, la diversité des essences forestières favoriserait l'installation d'espèces d'insectes exotiques à l'échelle régionale, en fournissant davantage d‘arbres hôtes potentiels. Par contre, ces espèces exotiques auraient plus de difficulté à développer des populations abondantes dans les peuplements forestiers mélangés, et à se propager au travers de paysages hétérogènes. Ces effets contradictoires à différentes échelles spatiales constituent le « paradoxe de l'invasion ». Parmi les mécanismes expliquant la résistance par association à l'échelle de la forêt figure le rôle des prédateurs et parasitoïdes qui, plus abondants ou diversifiés dans les forêts mélangées, seraient mieux à même de contrôler leurs proies (hypothèse des ennemis naturels). Pour que ce processus de contrôle biologique opère également pour les espèces d'insectes herbivores exotiques, il convient que les prédateurs favorisés par les forêts mixtes soient de type généraliste, c'est-à-dire capables de passer de proies indigènes à des proies exogènes. La thèse proposée s'articule donc autour de trois objectifs complémentaires, mobilisant des méthodes variées : 1. Le premier objectif est de vérifier que l'abondance ou la richesse spécifique des ennemis naturels des insectes ravageurs forestiers sont plus importantes en forêts mélangées qu'en forêts pures et que les prédateurs ou parasitoïdes favorisés par la diversité des essences forestières sont plutôt de type généraliste. Cette étude sera réalisée sous forme d'une méta-analyse de la littérature scientifique. 2. Le deuxième objectif est de comparer les patrons d'abondance ou de dégâts des insectes ravageurs exotiques dans les forêts pures ou mélangées. Cette étude reposera sur des observations réalisées dans des différentes forêts européennes et ciblant une dizaine d'espèces exotiques d'insectes forestiers. 3. Le troisième objectif est de tester de façon expérimentale la capacité des prédateurs généralistes (oiseaux, arthropodes) à repérer puis attaquer des proies nouvelles. Pour cela des phytomètres (plants en pot) seront équipés de fausses chenilles (sentinelles) et exposés dans des paires de forêts pures et mélangées pour quantifier les actes de prédation.

  • Titre traduit

    Associational resistance to non-native forest pests.


  • Résumé

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