Le problème du sujet dans les réceptions féministes contemporaines de la phénoménologie

par Clara Chaffardon

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Laurent Perreau.

Thèses en préparation à Bourgogne Franche-Comté , dans le cadre de SEPT - Sociétés, Espaces, Pratiques, Temps , en partenariat avec Logiques de l'Agir (laboratoire) depuis le 01-10-2019 .


  • Résumé

    Le recours au concept phénoménologique de « sujet », tant dans les théories que dans les pratique féministes, est au cœur d'une dissension entre, d'un côté, une phénoménologie féministe et, de l'autre, un féminisme post-structuraliste et/ou queer d'une part, postcolonial d'autre part. Un sujet de type phénoménologique est-il nécessaire pour la pratique et la théorie féministes ? Ou bien une telle notion doit-elle être abandonnée au profit d'une approche post-structuraliste, pour laquelle le sujet est toujours avant tout un effet ? Question d'autant plus complexe, que l'un comme l'autre des deux ensembles théoriques ainsi délimités mettent en jeu – quoique de manière très différente – des outils conceptuels, des thèses et des méthodes empruntés à la phénoménologie. Comment reformuler paradoxalement par un retour à la phénoménologie l'alternative ici exposée ? Depuis les années 2000, ce problème est réactualisé, avec l'introduction de la phénoménologie dans les études post-structuralistes et queer. Or, si une certaine phénoménologie féministe tend à perpétuer une forme de différentialisme et d'essentialisme, le croisement de la phénoménologie et du post-structuralisme donnerait-il lieu à une lecture non-différentialiste et inclusive du sujet « femme » ? Nous faisons l'hypothèse que la critique post-structuraliste, notamment telle que la développe Judith Butler, produit une conception renouvelée du sujet phénoménologique, plutôt qu'elle ne l'attaque seulement de front. De plus, ne pouvons-nous pas distinguer, dans les différentes branches de la phénoménologie féministe, entre plusieurs conceptions du sujet « femme », dont certaines entretiendraient des rapports féconds avec la critique post-structuraliste du sujet ? L'enjeu de cette thèse est de penser la phénoménologie féministe avec le post-structuralisme, et de se demander comment certaines autrices contemporaines opèrent, plutôt qu'une scission entre phénoménologie et post-structuralisme, une synthèse riche de propositions théoriques et pratiques, et remanient ainsi la cartographie des rapports entre phénoménologie et études foucaldiennes.

  • Titre traduit

    The problem of the subject in contemporary feminist receptions of phenomenology


  • Résumé

    The use of the phenomenological concept of the subject, both in feminist theories and practices, is a source of disagreement between feminist phenomenology on the one hand, and post-structuralism, queer theories and postcolonial theories on the other hand. Is a phenomenological subject necessary for feminist practices and theories ? Or, should such a notion be abandoned, in favour of a post-structuralist approach, for which the subject is first and foremost an effect ? This question is all the more complex, since the theories thus delimited involve – albeit in very different ways – conceptual tools, theses and methods borrowed from phenomenology. Could such an alternative be rephrased, paradoxically, by a return to phenomenology ? Since the 2000s, this problem has been updated, with the introduction of phenomenology in post-structuralist and queer studies. If a certain type of feminist phenomenology tends to perpetuate a form of differentialism and essentialism, could the intertwining of phenomenology and post-structuralism allow an inclusive reading of this notion ? We make the hypothesis that the post-structuralist critics, particularly as developed by Judith Butler, produce a new conception of the phenomenological subject, instead of only attacking it. Moreover, is it possible to distinguish between several conceptions of the phenomenological subject in feminist phenomenology, some of which would have fruitful relations to post-structuralist critics of the subject? This thesis tries to read feminist phenomenology and post-structuralism together, and to ask how certain contemporary feminists achieve, rather than a split between phenomenology and post-structuralism, a rich theoretical and practical synthesis, and thus reshape the relationships between phenomenology and Foucaldian studies.