Les Spiritains et la culture française en Haïti (1860-1934) : vers un nouveau débat du rôle missionnaire.

par Frandy Augustin

Projet de thèse en Histoire mention histoire religieuse, politique et culturelle

Sous la direction de Philippe Delisle.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de École doctorale Sciences sociales (Lyon) depuis le 01-10-2019 .


  • Résumé

    Le concordat signé en 1860 entre le Saint-Siège et le gouvernement haïtien en vue de fonder l’Église d’Haïti sur une base diplomatique légale donne naissance au clergé haïtien. La constitution de ce dernier exige toutefois le recrutement des congrégations religieuses étrangères vu qu’il n’y avait pas de ressources disponibles en Haïti. En effet, afin de mieux défendre l’image du pays auprès de l’Europe, du moins pour conserver ses liens du passé avec la France encore davantage sur le plan culturel, l’État haïtien optait pour des religieux français. Delà vient s’y installer la Congrégation des Pères du Saint-Esprit (Spiritains) en 1864. L’arrivée et l’implantation de cette congrégation qui se chargeait de la formation des futurs prêtres pour Haïti et de l’élite haïtienne via le Petit Séminaire Collège Saint-Martial ne fait que renforcer les relations franco-haïtiennes, grâce à ses nombreuses œuvres caritatives et innovations dans divers domaines : technique, agricole, éducatif, culturel. Ainsi, assiste-on à une première tentative de modernisation du pays entre 1860 à 1900. Œuvrant ainsi, les Spiritains ont réussi à étendre sans trop de difficultés l’influence française sur toute l’étendue du territoire haïtien avant de rencontrer des obstacles majeurs avec l’occupation d’Haïti par les États-Unis au cours des années 1915-1934 et qui voulaient tout américaniser. En effet, durant les années 1922 à 1930, l’occupant va même tenter de remplacer des écoles religieuses et presbytérales qui jouaient un rôle essentiel dans la propagation de la culture française par des écoles techniques jusqu’à menacer de substituer le français par l’anglais dans l’administration publique et ces écoles. C’est dans cette perspective que les Spiritains se mettaient aux côtés des autres congrégations religieuses françaises en vue de défendre les intérêts politiques de leur patrie. Ainsi, cette thèse – qui se situe aux confluents de l’histoire, de la religion et de la politique – consiste à examiner le rôle des Spiritains dans la politique extérieure française, plus précisément dans la transmission de la culture et des valeurs françaises en Haïti par le biais d’une éducation conforme au modèle français, mais aussi dans la résistance culturelle française au cours de l’occupation nord-américaine d’Haïti. Ce sera l’occasion de voir ce qu’est devenue l’élite haïtienne formée par les Spiritains et de voir du même coup si cette éducation que ces religieux ont donné à cette élite correspondait à la réalité haïtienne. Par ailleurs, selon le principe de la double identité missionnaire : le religieux est à la fois citoyen au patriotisme exemplaire, et homme de Dieu qui n’a plus de patrie terrestre. Pourtant, les Spiritains n’ont pas réussi à garder cette distance face à la menace américaine durant l’occupation d’Haïti. D’où l’ultime objectif de cette thèse qui vise à relancer les débats autour du rôle missionnaire. Elle cherche plus précisément à questionner et analyser le comportement, voire la résistance des Spiritains lors des tentatives américaines visant à réduire l’influence culturelle de la France en Haïti tout en faisant une étude comparative de ce que ces prêtres réalisaient particulièrement en Afrique durant la même époque.


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