Population vulnérable, pollution atmosphérique photo-oxydante et vagues de chaleur : une approche des vulnérabilités sanitaires et environnementales à l'échelle d'une communauté urbaine

par Marion Lamiral

Projet de thèse en Médecine, santé publique, environnement et société

Sous la direction de Nadine Bernard et de Frédéric Mauny.

Thèses en préparation à Bourgogne Franche-Comté , dans le cadre de Environnements Santé , en partenariat avec Chrono-Environnement (laboratoire) depuis le 26-09-2019 .


  • Résumé

    En zones urbaines et péri-urbaines, le trafic routier et le chauffage domestique sont des importants contributeurs à la pollution atmosphérique anthropique. L'impact sanitaire de cette pollution atmosphérique a été largement étudié et démontré (Brunekreef 2002), en particulier un excès de mortalité et de morbidité cardiovasculaire et respiratoire, un excès d'admissions hospitalières, ainsi que des conséquences néfastes sur le déroulement de la grossesse (Dockery 1993, Katsouyanni 2001, Samet 2000). Les polluants primaires, émis directement par le trafic routier et les combustions domestiques, participent à des réactions photochimiques et ainsi, à la production des polluants dits secondaires (ozone, nitrate de peroxyacétyle) qui sont formés sous l'action du rayonnement solaire. Cependant, la distribution spatiale des polluants secondaires tel que l'ozone, reste mal connue, en particulier leur répartition en zones urbaines et périurbaines, ainsi que leur fluctuation spatio-temporelle. Compte tenu du mode de production des oxydants photochimiques, il existe un lien étroit entre le niveau d'ozone et l'ensoleillement, et donc la température de l'air. Or, une des conséquences prévisibles du réchauffement climatique global est l'augmentation de la fréquence et de la longueur des vagues de chaleur. Selon les prévisions, une vague de chaleur aussi forte qu'en 2003 pourrait être observée tous les 8 ans au cours de la période 2021-2050 et, à la fin du XXIe siècle, plus de 10% des vagues de chaleur pourraient être nettement plus sévères que celle de 2003 (Vérène Wagner 2018). Les effets de ces modifications météorologiques futures sur la qualité de l'air et de sa teneur en composés photo-oxydants à l'échelle d'un territoire urbain et périurbain comme celui du Grand Besançon, sont inconnus. En résumé, l'exposition réelle, directe et indirecte, des populations à la pollution atmosphérique photochimique, sa modulation spatio-temporelle, ainsi que les conséquences environnementales et sanitaires spécifiques de cette pollution sont encore à déterminer. De plus, l'impact de l'augmentation des vagues de chaleur sur l'exposition humaine à ces polluants secondaires, est à définir.

  • Titre traduit

    Vulnerable population, photochemical air pollution and heat waves : an approach to health and environmental vulnerabilities of an urban and periurban agglomeration scale


  • Résumé

    In urban and peri-urban areas, road traffic and residential heating are important contributors to anthropogenic air pollution. The health impact of this air pollution has been widely studied and established (Brunekreef 2002), in particular an excess of cardiovascular and respiratory mortality and morbidity, an excess of hospital admissions, as well as harmful consequences on the progress of the pregnancy. (Dockery 1993, Katsouyanni 2001, Samet 2000). Primary pollutants, emitted directly by road traffic and domestic combustion, participate in photochemical reactions and thus, in the production of so-called secondary pollutants (ozone, peroxyacetyl nitrate) which are formed under the action of solar radiation. However, the spatial distribution of secondary pollutants such as ozone, remains poorly known, especially their distribution in urban and peri-urban areas, as well as their spatio-temporal fluctuation. Given the mode of production of photochemical oxidants, there is a close link between the level of ozone and sunlight, and therefore the air temperature. One of the foreseeable consequences of global warming is the increase in the frequency and length of heat waves. It is predicted that a heat wave as strong as the 2003 one could be observed every 8 years during the period 2021-2050, and by the end of the 21st century , over 10% of heat waves could be significantly more severe than the 2003 one (Vérène Wagner 2018). The effects of these future meteorological changes on air quality and its photo-oxidant content at the scale of an urban and peri-urban territory such as Grand Besançon, are unknown. In summary, the actual direct and indirect exposure of populations to photochemical air pollution, its spatio-temporal modulation, as well as the specific environnemental and health consequences of this pollution are still to be determined. In addition, the impact of increased heat waves on human exposure to these secondary pollutants is still to be defined.