Dynamiques d'Éros dans les platonismes antiques

par Zdenek Lenner

Projet de thèse en Philosophie, textes et savoirs

Sous la direction de Philippe Hoffmann et de Laurent Lavaud.

Thèses en préparation à l'Université Paris sciences et lettres , dans le cadre de École doctorale de l'École pratique des hautes études , en partenariat avec Laboratoire d'études sur les monothéismes (laboratoire) et de École pratique des hautes études (Paris) (établissement opérateur d'inscription) depuis le 01-09-2019 .


  • Résumé

    Alors que l'unité et la définition du platonisme antique demeure problématique, de nombreux et divers « platonismes » ont progressivement été identifiés et étudiés, que l'on peut regrouper sous la distinction entre un « platonisme doctrinal » (platonisme ancien, médioplatonisme, néoplatonisme) et un « platonisme diffus » (notamment dans les Rhapsodies orphiques, les Oracles chaldaïques, et le Gnosticisme…). Or de Platon au Pseudo-Denys l'Aréopagite, en passant par Plutarque, Plotin et Proclus, ce qui réunifie selon nous l'ensemble de ces platonismes, ce n'est pas tant un accord doctrinal les érigeant en système définitif qu'une dynamique dialectique propre faisant de toute réflexion philosophique une aspiration vers son principe: Éros. C'est que sa nature intermédiaire et synthétique lui octroie une remarquable flexibilité conceptuelle (éros psychique, éros cosmique, voire éros divin), laquelle se manifeste aussi dans sa grande polymorphie linguistique (erōs, epithumia, philia, hormē, agapē, orexis, ephesis…). Ainsi, notre hypothèse de recherche est double. D'un point de vue conceptuel, Éros, en tant que désir du Bien, est selon nous la puissance (dunamis) fondamentale de contemplation et production, conversion et procession, réunion et multiplication ; en ce sens il est l'âme de tous les platonismes. D'un point de vue historique, l'Éros daimon à puissance conversive depuis Platon, s'est progressivement métamorphosé en un Éros cosmique à puissance démiurgique sous l'influence orphique, chaldaïque, et gnostique, voire en un Éros divin à puissance providentielle dans un syncrétisme avec le christianisme. Au travers de l'étude de ces dynamiques platoniciennes d'Éros, nous aimerions parvenir à mieux comprendre le phénomène du platonisme antique dans son unité philosophique tout en reconnaissant ses diverses mutations historiques durant près d'un millénaire.

  • Titre traduit

    Dynamics of Eros in Ancient Platonisms


  • Résumé

    Whilst the unity and the definition of ancient Platonism remains problematic, a multiplicity and diversity of "Platonisms" were gradually identified and studied, which can be gathered under the distinction between a "doctrinal Platonism" (Platonic Academy, Middle Platonism, Neoplatonism) and a "diffused Platonism" (especially in the Orphic Rhapsodies, the Chaldean Oracles, and Gnosticism…). Now from Plato to Pseudo-Dionysius the Areopagite, through Plutarch, Plotinus and Proclus, that what reunifies according to us all of these Platonisms, is not so much a doctrinal agreement raising them in a definitive system than a specific dialectical dynamics which makes every philosophical reflection a yearning towards its principle: Eros. Because of its intermediary and synthetic nature, it has a noteworthy conceptual flexibility (psychic eros, cosmic eros, and indeed divine eros), which is also manifested in its great linguistic polymorphy (erōs, epithumia, philia, hormē, agapē, orexis, ephesis…). Thus, our research hypothesis is twofold. From a conceptual standpoint, Eros, as the desire for the Good, is according to us the fundamental dynamics (dunamis) of contemplation and production, conversion and procession, reunion and multiplication; in this sense it is the soul of all platonisms. From a historical standpoint, the Eros daimon with a conversive power since Plato, metamorphosed gradually into a cosmic Eros with demiurgic power under the Orphic, Chaldaen, and Gnostic influence, and indeed in a divine Eros with providential power in a syncretism with Christianity. Through the study of these Platonic dynamics of Eros, we would like to succeed in understanding better the phenomenon of ancient Platonism in its philosophical unity while acknowledging its diverse historical mutations during nearly a millennium.