Exposition alimentaire aux polluants organiques persistants et risque de cancer du sein chez les femmes et de mortalité dans la cohorte européenne EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition)

par Thibault Fiolet

Projet de thèse en Santé publique - épidémiologie

Sous la direction de Marina Kvaskoff.

Thèses en préparation à université Paris-Saclay , dans le cadre de École doctorale Santé Publique , en partenariat avec Centre de Recherche en épidémiologie et Santé des populations (laboratoire) , Exposome et hérédité (equipe de recherche) et de Faculté de médecine (référent) depuis le 01-10-2019 .


  • Résumé

    En France, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. Un cinquième des cancers du sein pourraient être évités par des modifications de notre mode de vie. Les polluants organiques persistants (POP) sont des substances toxiques, persistantes, bioaccumulables (en particulier dans la chaîne alimentaire) et mobiles. Quelques études cas-témoins ont suggéré que des niveaux plus élevés en POP dans le sang ou les tissus adipeux était associée au risque de cancer du sein à travers des effets cancérogènes et/ou de perturbateurs endocriniens. Les POP suscitent également des inquiétudes par rapport à la contamination chronique à faibles doses et aux effets « cocktail » méconnus. Cependant, Il n'existe pas de cohorte en population générale sur l'exposition alimentaire, principale voie d'exposition aux POP et le risque de ce cancer hormono-dépendant. Les précédentes études cas-témoins avaient de faibles effectifs et ne portaient pas sur l'incidence du cancer. Concernant la mortalité, les études sont peu nombreuses et contradictoires. Il est donc nécessaire de clarifier l'effet potentiel des POP sur le risque de cancer du sein et de mortalité dans une large cohorte. Ces associations seront évaluées avec des modèles de Cox multivariés dans la cohorte européenne multicentrique EPIC avec ses 520 000 participants avec les 1) retardateurs de flamme bromés 2) composés perfluorés 3) polychlorobiphényles 4) pesticides organochlorés et leur effet sous forme de mélange. L'exposition aux POP sera calculée à partir d'une base de contaminants validée par l'Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire. Des profils de co-exposition alimentaire seront identifiés avec des méthodes statistiques de classification afin d'estimer l'effet des mélanges des pesticides. Ce projet offre une opportunité unique d'identifier de nouveaux facteurs de risque de cancer du sein ainsi que des recommandations de santé publique.

  • Titre traduit

    Dietary exposure to persistent organic pollutants and risk of breast cancer in women and mortality in the European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition (EPIC) cohort


  • Résumé

    In France, breast cancer is the most common cancer in women. One fifth of breast cancers could be avoided by changes in our way of life. Despite advances in research, there are still many gray areas in the etiology of breast cancer that can not only be explained by the known risk factors of breast cancer. Persistant organic pollutants (POPs) are toxic, persistent, bioaccumulative (especially in the food chain) and mobile substances according to the Stockholm Convention. Some case-control studies suggested that higher levels of POPs in blood or adipose tissue were associated with an higher risk of breast cancer through carcinogenic or/and endocrine disrupting effects. These case-control studies suffer from low sample size and most of time retrospective design. Longitudinal studies are very limited in general population and dietary exposure to POPs. POPs also raise concerns about chronic and low dose exposure and unknown cocktail effects. Additionnally, in 2018, EFSA (European Food Safety Authority) warns that exposure of a considerable proportion of the population exceeds the proposed Tolerable Weekly Intake for these POPs perfluorooctane sulfonic acid (PFOS) and perfluorooctanoic acid (PFOA) and the polychlorinated biphenyls in food However there is no general population-based cohort on dietary exposure, (the main pathway exposure to POPs) and breast cancer and mortality risks in a large cohort. These associations will be evaluated with multivariate Cox models in the European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition (EPIC) multicenter cohort with 520,000 participants. Studied substances will be brominated flame retardants, perfluorinated compounds, polychlorinated biphenyls and orgnochlorine pesticides and their effect as a mixture. Exposure to POPs will be calculated from a combination between the european validated contaminant database from EFSA (European Food Safety Authority) and the food consumption data from EPIC. Food co-exposure profils will be identified. This project offers a unique opportunity to identify new risk factors for breast cancer as well as public health recommendations.