Fantasmes de verre - Usages et représentations cinématographiques d'un médium

par Adèle Yon-Araud (Yon)

Projet de thèse en SACRe, cinéma

Sous la direction de Antoine de Baecque et de Antonio Somaini.

Thèses en préparation à l'Université Paris sciences et lettres , dans le cadre de École doctorale École transdisciplinaire Lettres/Sciences , en partenariat avec Sciences, Arts, Création, Recherche (laboratoire) et de Ecole normale supérieure (établissement opérateur d'inscription) depuis le 01-09-2019 .


  • Résumé

    La transparence du verre, qui lui permet de se constituer en intermédiaire de la perception, ainsi que les imaginaires véhiculés à travers ses différents usages, nous invitent à considérer ce matériau comme un médium et à l'étudier dans le cadre d'une théorie perceptive et esthétique des médias. Ce projet de recherche se propose d'analyser les usages et les représentations du verre comme médium au sein du champ spécifique du cinéma et de l'image en mouvement : en interrogeant les fantasmes qu'il véhicule, nous tâcherons de comprendre ce qui préside à la rencontre de ces deux médias, et ce que cette rencontre engendre. Dans le cinéma, le verre est à la fois un élément indépassable du dispositif technique, comme lentille traversée par la lumière, et un objet de représentation fascinant pour ses propriétés physiques singulières (transparence, reflet, diffraction). Tantôt intermédiaire de la perception (fenêtres, instruments optiques), tantôt plateforme d'apparitions (boules de cristal, vitraux), il apparaît, à travers ses diverses représentations filmiques, comme lieu d'une mise en abyme du médium cinématographique. En tant que tel, il ouvre la voie à une réflexion du cinéma sur lui-même, sur sa nature, ses pouvoirs et ses transformations. Croisant histoire des techniques, histoire des représentations, et approche esthétique, nous souhaitons interroger la manière dont le cinéma met en scène ce matériau ainsi que la manière dont le cinéma se met lui-même en scène à travers ce matériau. Quatre contextes artistiques distincts semblent donner lieu en particulier à une interrogation conjointe du verre et du cinéma : les expérimentations formelles des avant-gardes de 1920 à 1940 en Europe ; le « gothique revival » à Hollywood dans les années 1940 ; les années 1950 à 1970, où le cinéma rencontre les gratte-ciels de verre et d'acier ; et la période contemporaine, à partir des années 1990, où la floraison des écrans de verre devient la condition d'une « dématérialisation » du cinéma.

  • Titre traduit

    Fantasy of glass - Cinematographic uses and representations of a medium


  • Résumé

    The transparency of glass, which allows it to act as an intermediary to perception, as well as the imaginary worlds that its different uses bring about, encourages us to consider this material as a medium and to study it through the framework of a perceptual and aesthetic theory of the media. This research project offers to analyse the uses and representations of glass as a medium within the specific field of cinema and the moving picture. By examining the fantasies it conveys, we'll try to understand what enables and characterises the meeting of those two media and what this meeting entails. In the cinema, glass is at once an essential part of the technology - as a lens light goes through - and a fascinating object of representation and perception thanks to its peculiar abilities such as transparency, reflection, or diffraction. Sometimes an intermediary of perception (windows, optical tools), sometimes a creator of apparitions (crystal balls, stained-galss windows), it reveals itself through its diverse film representations as the site of the perfect mise en abyme for the cinematographic medium. As such, it paves the way for a reflection around cinema itself, its nature, its powers and its transformations. At the intersection between history of technique, politics of representation, and aesthetic approach, we wish to question how cinema utilises this material as well as the manner in which cinema stages itself through its use of that material. Four distinct artistic contexts seem to give us particular ground for a conjunct observation of glass and cinema: the formal experimentations of the European avant-garde from the 1920's to the 1940's; Hollywood's Gothic revival of the 1940's; the 1950's through to the 1970's, when cinema discovers glass and steel skyscrapers; and contemporary times, from the 1990's onwards, when the flood of glass screens becomes the condition for a ‘dematerialisation' of cinema.