Fabriquer un ailleurs émancipateur avec une jeunesse multiculturelle. Educations populaires et rapports à la nature.

par Lea Sallenave

Projet de thèse en Geographie

Sous la direction de Anne Sgard et de Philippe Bourdeau.

Thèses en préparation à Grenoble Alpes en cotutelle avec l'Université de Genève , dans le cadre de École doctorale sciences de l'homme, du politique et du territoire (Grenoble) , en partenariat avec Pacte, Laboratoire des sciences sociales (laboratoire) depuis le 01-09-2018 .


  • Résumé

    Au croisement d'une géographie critique, politique et culturelle, cette thèse analyse les façons dont les espaces de nature sont mobilisés par l'éducation populaire auprès d'adolescent·e·s et de jeunes adultes. Si l'éducation populaire est plurielle, elle trouve une forme d'unité en visant une transformation sociale via l'émancipation individuelle et collective. Dans un contexte de mutation écologique, les enjeux territoriaux, ou terrestres, impulsent des envies d'agir notamment auprès des jeunes. Des associations d'éducation populaire sont ainsi à l'interface entre adolescent·e·s et environnements. Elles tentent de réduire la distance symbolique et physique entre jeunes et natures, en leur proposant des activités d'extérieur depuis leurs territoires de proximité jusqu'aux territoires dits « de pleine nature », tels que les espaces de montagne. Nous postulons que l'accès aux différentes formes de nature demeure un « champ de bataille » social, politique, culturel (Keucheyan, 2014). Cet accès est l'objet de luttes et résistances portées notamment par l'éducation populaire. Ainsi, les rapports entretenus avec les natures, manifestés par des discours, des pratiques ou traduits par des représentations chez les jeunes et leurs encadrant·e·s, peuvent révéler ces rapports de force. C'est ce qu'une analyse intersectionnelle peut souligner.

  • Titre traduit

    To create an emancipatory elsewhere with a multicultural youth. Popular educations and relationships to nature.


  • Résumé

    At the crossroads of critical, political and cultural geographies, this thesis analyses the ways in which nature spaces are mobilized by popular education for adolescents and young adults. While popular education is plural, it finds a form of unity by aiming at social transformation through individual and collective emancipation. In a context of climate change, territorial or terrestrial issues are driving a desire to act, particularly among young people. Popular education associations are thus at the interface between adolescents and environments. They try to reduce the symbolic and physical distance between young people and nature, by offering them outdoor activities from their local territories to the so-called "territories of full nature", such as mountain areas. We postulate that access to the different types of nature remains a social, political and cultural "battleground" (Keucheyan, 2014). This access is the subject of struggles and resistance, particularly through popular education. Thus, relationships with nature, manifested through speeches, practices or representations among young people and their supervisors, can reveal these power relations. This is what an intersectional analysis can highlight.