La Versification dans la poésie française et dans la poésie persane. Etude linguistique et comparée.

par Chahab Sarrafian

Projet de thèse en Linguistique

Sous la direction de Jean-Michel Gouvard.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités depuis le 28-11-2017 .


  • Résumé

    Dans ma thèse qui comblera une lacune, j’envisage d’étudier et de comparer le système de la versification dans les deux langues : le français et le persan. La langue persane s’écrit au moyen de l’alphabet arabo-persan. Cet alphabet est une variante de celui de la langue arabe. Le persan diffère de l’arabe sur le plan de la grammaire et de la phonologie et n’a donc aucune parenté avec cette langue. Après la conquête de l’Iran par les Arabes musulmans, toute activité scientifique et artistique est interdite : la musique, la peinture… Les Iraniens révèlent donc leur talent en poésie, ce sont surtout les images et les rythmes de la poésie qui remplacent celles et ceux de la musique et de la peinture. De ce fait les rythmes, la rime et les formes fixes deviennent inséparables de la poésie persane. Pourtant c’est de la poésie arabe que viennent les rythmes prosodiques de la poésie persane. Avant l’arrivée de la poésie arabe, la poésie persane n’avait que des rythmes prosodiques ; fondés sur le nombre égal de syllabes dans chaque vers. La poésie persane, après l’arrivée de la poésie arabe, adopte les rythmes prosodiques, dits en arabe Arûdi ou en persan Arouzi. Arouz ou Arûd (prononciation arabe) est un mot arabe qui signifie la science qui étudie les mesures métriques du vers, c’est-à-dire les séquences de syllabes brèves et longues adjointes à chaque vers. En versification persane, comme dans la science métrique arabe, sont utilisés des formules rythmiques nommé Bahr, il s’agit d’une convention. Bahr est constitué par un certain nombre de Rokn. Les rokn ou arkân sont appelés aussi Afâil ; ils sont des groupes formés par les syllabes longues et brèves. Le rythme de la poésie persane est ainsi fondé sur la succession des syllabes courtes et longues. Dans la première partie de ma thèse j’étudierai les mètres et les rythmes dans les poésies française et persane : le compte des syllabes, les voyelles numéraires et surnuméraires, les élisions métriques…. Je comparerai ensuite les licences poétiques ainsi que les tolérances poétiques. L’accent en métrique française et en métrique persane nous intéresse et je consacrerai un chapitre de ce travail aux accents métriques. La métrique dans la poésie persane était essentiellement isosyllabique avant l’arrivée du vers libre en Iran. J’étudierai dans cette première partie la métrique syllabique (qui existe dans la poésie persane avant l’arrivée de la poésie arabe en Iran) : isosyllabisme et anisosyllabisme et la métrique accentuelle. Les césures jouent un rôle très important dans les deux poésies, je les étudierai dans un autre chapitre de la même partie. Les vers, en français, sont de une à 12 syllabes et parfois plus que cela. En poésie persane, d’une façon générale, ils sont plus longs que l’alexandrin en français ; ce qui donne au poète plus de possibilités de choix sur le plan des rythmes. Dans la deuxième partie de ma thèse j’étudierai la rime en poésie française et en poésie persane. Si la poésie persane est assez riche dans le domaine du rythme et du mètre, elle l’est cependant moins par rapport à la poésie française. Dans les chapitres de cette partie je parlerai de la rime classique, des assonances ainsi que de l’homophonie et de l’homographie dans les rimes. A cette occasion, j’étudierai, avec le retour des assonances, la fin des conventions graphiques surtout dans la poésie moderne et le vers libres. Je consacrerai également quelques chapitres à la qualité de la rime, et à l’évolution de cette dernière. Je comparerai « la rime du même au même » à la technique du radif : mot identique qui se répète dans certains poèmes après chaque rime. A l’occasion de cette étude je tenterai de répondre à cette question : la rime française pourrait-elle apporter des nouveautés (des changements structurels) à la rime persane ? Par exemple : les rimes annexées, les rimes couronnées, les rimes enchaînées peuvent-elles être utilisées en poésie persane ? Dans la dernière partie j’étudierai tout d’abord les formes fixes puis ensuite le vers libre dans les poésies française et persane. Enfin nous essaierons de répondre à cette question : Chacune de ces poésies peut-elle emprunter une ou plusieurs formes à l’autre ? Comme Amr Taher Ahmad l’a montré dans sa thèse, la forme des quatrains continus vient de la poésie du 19ème siècle française surtout de celle de Victor Hugo. Dans ma thèse soutenue en littérature comparée, j’ai montré que le poète Eslâmi-e Nodouchane, tout en pratiquant les quatrains continus, a mélangé des quintils et des tercets, strophes sans précédent en poésie persane, à ses quatrains. Il a aussi créé des changements par rapport à la disposition des rimes que j’étudierai dans la partie consacrée à la rime. Ainsi nous allons voir si par exemple la poésie française, dans un sens inverse, pourrait adopter des formes fixes de la poésie persane, formes comme ghazal par exemple. Le vers libre, en poésie persane vient du vers libre français. Dans un chapitre de cette partie je comparerai ces deux vers libres et leurs caractéristiques.

  • Titre traduit

    Versification in French Poetry and Persian Poetry. Comparative and linguistic study


  • Résumé

    In my thesis that will fill a gap, I plan to study and compare the system of versification in both languages: French and Persian. The Persian language is written using the Arabic-Persian alphabet. This alphabet is a variant of that of the Arabic alphabet. Persian differs from Arabic in terms of grammar and phonology and therefore has no kinship with this language. After the conquest of Iran by Muslim Arabs, all scientific and artistic activity is prohibited: music, painting ... The Iranians reveal their talent in poetry; it is especially the images and rhythms of poetry that replace those of music and painting. As a result rhythms, rhyme and fixed forms become inseparable from Persian poetry. Yet it is from Arabic poetry that the prosodic rhythms of Persian poetry come. Before the arrival of Arabic poetry, Persian poetry had only the rhythms which were based on the equal number of syllables in each verse. Persian poetry, after the arrival of Arabic poetry, adopts the prosodic rhythms, said in Arabic Arûdi or Persian Arouzi. Arouz or Arûd (Arabic pronunciation) is an Arabic word that means the science that studies the metric measures of verse, that is to say the sequences of short and long syllables associated with each verse. In Persian versification, as in the Arabic metrical science, are used rhythmic formulas named Bahr, it is a convention. Bahr is made up of a number of Rokn. The rokn or arkân are also called Afâil; they are groups formed by long and short syllables. The rhythm of Persian poetry is thus based on the succession of short and long syllables. In the first part of my thesis I will study meters and rhythms in French and Persian poems: the count of syllables, the numerary and supernumerary vowels, the metric elisions .... I will then compare the poetic licenses as well as the poetic tolerances. The accent in French metrics and Persian metrics interests us and I will devote a chapter of this work to metric accents. The metric in Persian poetry was essentially isosyllabic before the arrival of free verse in Iran. I will study in this first part the syllabic metric (which exists in Persian poetry before the arrival of Arabic poetry in Iran): isosyllabism and anisosyllabism and accentuated metrics. The hyphenation plays a very important role in the two poetries, I will study them in another chapter of the same part. The verses, in French, are from one to 12 syllables and sometimes more than that. In Persian poetry, in general, they are longer than Alexandrine in French; which gives the poet more possibilities of choice in terms of rhythms. In the second part of my thesis I will study rhyme in French poetry and Persian poetry. If Persian poetry is rich enough in the field of rhythm and meter, it is however less so compared to French poetry. In the chapters of this section I will talk about classical rhyme, assonances and homophony and homography in rhymes. On this occasion, I will study, with the return of the assonances, the end of graphic conventions especially in modern poetry and free verse. I will also devote a few chapters to the quality of rhyme and the evolution of rhyme. I will compare "the rhyme of the same to the same" with the technique of radif: identical word which is repeated in certain poems after each rhyme. On the occasion of this study I will try to answer this question: could the French rhyme bring novelties (structural changes) to the Persian rhyme? For example: Can the annexed rhymes, the crowned rhymes or chained rhymes be used in Persian poetry? In the last part I will study first the fixed forms and then the free verse in the French and Persian poems. Finally we will try to answer this question : Can each of these poems borrow one or more forms from the other? As Amr Taher Ahmad has shown in his thesis, the form of continuous quatrains comes from the 19th century French poetry, especially that of Victor Hugo. In my thesis in comparative literature, I have shown that the poet Eslâmi-e Nodouchane, while practicing continuous quatrains, has mixed quintils and tercets, stanzas unprecedented in Persian poetry, to his quatrains. He has also created some changes to the rhyming arrangement that I will study in the rhyme section. Thus we will see if, for example, French poetry, in the opposite direction, could adopt fixed forms of Persian poetry, forms such as ghazal for example. Free verse, in Persian poetry comes from French free verse. In a chapter of this part, I will compare these two free forms and their characteristics