Le rôle de la migration dans la revitalisation de villes en décroissance

par Norma Schemschat

Projet de thèse en Géographie et urbanisme

Sous la direction de Emmanuèle Cunningham sabot.

Thèses en préparation à l'Université Paris sciences et lettres , dans le cadre de École doctorale École transdisciplinaire Lettres/Sciences , en partenariat avec Centre Jean PEPIN (laboratoire) et de Ecole normale supérieure (établissement opérateur d'inscription) depuis le 01-09-2018 .


  • Résumé

    Pendant ce que la chercheuse allemande Sabine Hess et ses collègues appellent le long été migratoire de 2015, les villes de Riace en Italie et d'Altena en Allemagne ont fait la une des journaux : comme de nombreuses autres villes, elles ont été touchées par la décroissance urbaine et les changements structurels. En accueillant des réfugiés, ils ont vu une opportunité de contrer la longue tendance au déclin démographique, économique et social. Comme de nombreuses autres villes, elles ont été touchées par la décroissance urbaine et les changements structurels. Les grandes legacy cities des États-Unis montrent également comment des quartiers entiers ont été revitalisés par l'accueil de migrants forcés : Akron (OH) et Buffalo (NY) ne sont que deux exemples. Cette approche est abordée sous le terme de "régénération centrée sur les migrants" (voir Pottie-Sherman 2020). Dans le cadre de cette approche, les villes touchées par un déclin démographique et ses effets tentent d'attirer les migrants forcés par une rhétorique inclusive, ou de loger les réfugiés là où les effets urbains du déclin démographique par les taux de vacances du parc immobilier sont les plus visibles (voir Shrider 2017). Si l'argument des taux de vacances semble convaincant en période de hausse dans le nombre de réfugiés, les projets de régénération urbaine à long terme doivent aller au-delà de leur hébergement (Meier 2018). Il reste pour l'instant à comprendre comment les réfugiés sont perçus par les planificateurs et les décideurs locaux, quels facteurs contextuels déterminent les processus de planification et d'inclusion, et surtout à quoi ressemble l'arrivée des réfugiés dans les "villes en décroissance" et comment la décroissance affecte leur inclusion et leur arrivée. La thèse cherche à comprendre comment les réfugiés et leurs lieux d'arrivée en décroissance interagissent et que nous apprennent ces interrelations sur les opportunités et les limites d'une régénération des villes en décroissance centrée sur les migrants forcés. Pour répondre à cette question et pour mieux comprendre le rôle que les migrants forcés peuvent jouer dans les processus de revitalisation des villes en décroissance, la thèse examinera l'arrivée et l'accueil des réfugiés dans les villes en décroissance en Allemagne, en France et aux États-Unis, et cherchera à comprendre comment ils agissent en tant qu'acteurs importants - mais jusqu'à présent négligés - dans la redynamisation de l'environnement urbain, ce qui permettra également d'aborder la question des villes en transition structurelle en tant que quartiers d'arrivée et les opportunités et défis que cela représente.

  • Titre traduit

    The Role of Migration in Reviving Shrinking Cities


  • Résumé

    During the "long summer of migration" (Hess et al. 20116) in 2015, the cities of Riace in Italy and Altena in Germany made headlines: like other cities, they were affected by urban shrinkage and structural change. In welcoming refugees, they saw an opportunity to counteract the long trend of demographic, economic and social decline. Large legacy cities in the United States also show how entire neighbourhoods have been revitalised by taking in forced migrants: Akron (OH) and Buffalo (NY) are just two examples. This approach is discussed under the term 'refugee-centred regeneration' (see Pottie-Sherman 2020). Under this approach, cities affected by demographic decline and its effects attempt to attract forced migrants through inclusive rhetoric, or to house refugees where the urban effects of demographic decline through vacancy rates in the housing stock are most visible (see Shrider 2017). While the argument of high vacancy rates seems convincing in times of rising refugee numbers, long-term urban regeneration projects including forced migrants need to go beyond housing them (Meier 2018). What remains to be understood is how refugees are perceived by local planners and decision-makers, what contextual factors determine planning and inclusion processes, and above all what the arrival of refugees in 'shrinking cities' looks like and how shrinkage affects their inclusion and arrival. The thesis seeks to understand how refugees and their shrinking places of arrival interact and what these interrelationships tell us about the opportunities and limitations of a forced migrant-centred regeneration of shrinking cities. To answer this question and to better understand the role forced migrants can play in the revitalization processes of shrinking cities, the thesis will examine the arrival and reception of refugees in shrinking cities in Germany, France and the United States, and how they act as important - but so far neglected - actors in the revitalization of the urban environment. The thesis furthermore addresses the issue of shrinking cities as arrival places and the opportunities and challenges this presents.