Art, esthetique et politique dans la philosophie de Hegel

par François Danze

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Mai Lequan.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de École doctorale de philosophie (Lyon) depuis le 01-10-2018 .


  • Résumé

    Alors que Hegel annonçe dans son Esthétique la thèse demeurée célèbre de la mort de l'art, celui-ci demeure pourtant placé par Hegel au premier rang de l'esprit absolu, cime du système de la philosophie spéculative, laissant derrière soi dans la finitude le domaine de la vie sociale, politique et historique. Comment dès lors comprendre cette subordination du politique à l'art? Et dans quelle mesure l'esthétique hégélienne, science du bel art, peut-elle affirmer une mort de l'art sans que ne se ferme pour autant l'accès à la vie infinie de l'esprit, au sein de laquelle seule la violence de l'histoire peut pourtant se résoudre? La présente étude fait l'hypothèse que ce moment charnière du passage du politique à l'art dans la philosophie hégélienne répond à une problématique ancienne formulée chez Kant, Schiller et Fichte, au sujet de savoir si l'éducation du genre humain doit se faire par la morale ou bien par l'esthétique. Contre une morale détachée de la vie éthique d'un peuple, et contre un romantisme héritié du projet schillerien, Hegel s'opposerait à toute idée d'un art nouveau producteur de moralité et de liberté politique, par conséquent en mesure de fonder une religion nouvelle qui prendrait sur soi la tâche d'éduquer l'humanité. L'esprit de la modernité qui s'ouvre avec la Révolution française aspirerait à un besoin proprement philosophique que Hegel entend alors résoudre. Ni l'éducation esthétique d'un art nouveau, ni une éducation morale s'achevant malheureusement dans la belle-âme romantique fermée à la vie éthique, ne pourront atteindre l'humanisme tant recherché en cette modernité. L'éducation esthétique serait d'ores et déjà, selon Hegel, philosophique : la mort de l'art annoncerait la naissance de l'esthétique philosophique depuis laquelle le devenir même de l'individu au sein du politique se révèlerait dans son historicité et son éternité être le point à partir duquel il serait possible de se connaître soi-même et se comporter sagement au sein du monde.


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