Les ouvriers en grève dans les crises des années 1930

par Théo Bernard

Projet de thèse en Histoire, histoire de l'art et archéologie

Sous la direction de Nicolas Hatzfeld et de Xavier Vigna.


  • Résumé

    La prise en compte de la décennie correspond un changement d'échelle interprétative essentiel à la compréhension des conflits sociaux de la période qui ne se limitent pas à juin 1936. En croisant les échelles locales et nationales, nous tentons de redéfinir les temporalités des mobilisations ouvrières et afin d'étudier les formes de révoltes sociales liées aux grèves, nous nous efforçons de redéfinir des répertoires d'action collective de grévistes en étudiant précisément leurs actions et leur vécu. Les faits relevés notamment par les rapports de police ou les témoignages militants, comme les occupations, les violences, les manifestations, ou les réunions, ne prennent sens que dans le cadre de l'organisation interne des mouvements sociaux et prolongent des pratiques politiques et culturelles dans l'espace de l'usine. La période amène, en outre, à questionner les modalités des résistances ouvrières à la crise à travers le phénomène gréviste, son autonomie et sa définition, notamment par la généralisation des conventions collectives, les significations diverses des occupations, des actes de sabotage, les poursuites de cadres à leur domicile, les recours aux contrats collectifs, voire des tentatives « d'exploitation directe ».

  • Titre traduit

    Workers on Strike During the 1930s Crises


  • Résumé

    Taking into account the full decade allows for a better understanding of the social conflicts of the period, which, in fact, extend well beyond June 1936. By examining both local and national levels, we aim to redefine the time frame during which worker mobilizations occurred. In order to study the different forms of revolt linked to strikes, we will analyze a wide variety of forms of collective action, studying workers' actions as well as their lived experiences. Facts referenced in police reports or in accounts by activists—occupations, incidents of violence, strikes and meetings—only take on meaning within the context of the internal organization of social movements and mark the extension of political and cultural practices rooted in workplaces. Moreover, we will examine different types of worker resistance to the crisis through the widespread development of strikes especially through the expansion of collective bargaining agreements, the varying meanings of worker occupations, acts of sabotage, the pursuit of managers at their homes, the use of collective contracts and even attempts at what was then called "direct operation of workplaces", a form of worker self-management.