Médiance, ambiantalité et “réadaptation” des espaces squattés à valeur patrimoniale

par Anwar Hamrouni

Projet de thèse en Architecture

Sous la direction de Marc Breviglieri, Jean Pierre Peneau et de Hind Karoui.

Thèses en préparation à Grenoble Alpes en cotutelle avec l'Université de Carthage , dans le cadre de École doctorale sciences de l'homme, du politique et du territoire (Grenoble) , en partenariat avec CRESSON (laboratoire) depuis le 01-01-2018 .


  • Résumé

    Les anciens bâtiments à valeur historique et patrimoniale peinent à s'intégrer dans les nouveaux usages et les modes de vie modernes. Leur mémoire intrinsèque d'usage et de représentations ne leur permet pas de s'adapter à un mode d'habiter plus souple et évolutif. Toutefois, ces formes spatiales et d'usages procurent aujourd'hui, une ambiantalité propre, autrement dit, une ambiantalité adaptable, à l'égard du contexte environnant et des données trajectives du milieu (climat, modes de vie, attentes, usages, besoins, ressources, risques, agréments…), pour un mieux-vivre dans la ville, qui soit à la conquête d'un “commun partagé” (M. Breviglieri, 2009). Partant du cas des espaces squattés à valeur patrimoniale, situés dans les quartiers anciens de la banlieue de Tunis, les friches industrielles ou noyaux anciens des villes européennes, la présente étude pose la question de la médiance et de ses enchevêtrements avec le sentiment de la situation vécue par les usagers. A la fois lieux de mixité, de précarité et d'illégalité, ces espaces donnent lieu à une nouvelle fabrique des modes d'occuper et de transformer la ville, assujettie à des temporalités multiples, des “chronotopies” (M. Bakhtine, 1978), dictées par la capacité des occupants à les réinvestir, à travers des manières de faire, des détournements, des (ré)ajustements et des (ré)appropriations. L'intérêt à analyser et à étudier les squats naît de ces conflits d'usages et de ces contradictions. Dans ce cadre, nous allons essayer de définir le rapport qu'entretient le mouvement squat face à la caractérisation des ambiances architecturales et urbaines : Comment évolue les ambiances du lieu au rythme des réappropriations et des requalifications ? Est ce que les ambiances créées sont aptes à révéler les mécanismes adaptatifs en cause ? Quelles sont les manifestations de ce “commun partagé” dans les squats et les bulles adjacentes ? Comment se dessinent les frontières et les trajectoires en dehors de ces habitations et dans l'espace public ? Partant de la carapace (substrat) jusqu'à l'espace public, en passant par la ville qui l'entoure, notre objectif est de : - Qualifier en termes d'ambiances, le cadre d'étude et d'expliciter les différentes adaptations et transformations opérées par les squatteurs pour exprimer leurs représentations ambiantales de la fonction habiter en synergie avec la mémoire du lieu. - Etudier la capacité à concilier les différentes contradictions issues du milieu, afin d'aboutir à une cohésion, à travers le mode d'appropriation spatiale des squatteurs conjugué à leurs rythmes de vie, trajectoires et perceptions. - Saisir le squat dans son contexte urbain pour expérimenter les différentes relations et interférences qu'il entreprend avec son environnement.

  • Titre traduit

    Mediation, ambience and "rehabilitation" of squatted spaces with heritage value


  • Résumé

    Buildings of historical and heritage value are struggling to integrate into new uses and modern lifestyles. Their intrinsic memory of use and representations does not allow them to adapt to a more flexible and evolving way of living. However, these forms of space and uses today provide a specific environment, in other words, an adaptable environment, with a certain regard to the surrounding context and its data (climate, lifestyles, expectations, uses, needs , resources, risks, amenities ...), for a better life in the city, which is to conquer a "common shared" (M. Breviglieri, 2009). Starting from the case of squatted spaces with heritage value, located in the old neighborhoods of the suburbs of Tunis and Lyon, the present study raises the question of the mediance and its entanglements with the feeling of the situation lived by the users. At the same time places of mixing, precariousness and illegality, these spaces give place to a new factory of the modes of occupying and transforming the city, subjected to multiple temporalities, "chronotopies" (M. Bakhtine, 1978) , dictated by the ability of the occupants to reinvest them, through ways of doing things, diversions, (re) adjustments and (re) appropriations. The interest in analyzing and studying squats arises from these conflicts of use and contradictions. In this context, we will try to define the relationship between the squat movement and the characterization of architectural and urban environments: How is the atmosphere of the place evolving to the rhythm of reappropriations and requalifications? Are the created atmospheres able to reveal the adaptive mechanisms involved? What are the manifestations of this "shared common" in squats and adjacent bubbles? How are borders and trajectories drawn outside these dwellings and in the public space?  From the carapace (substrate) to the public space, passing through the city that surrounds it, our goal is to : - Qualify in terms of ambiances, the framework of study and to explain the different adaptations and transformations made by the squatters to express their ambient representations of the function to live in synergy with the memory of the place. - Study the capacity to reconcile the different contradictions resulting from the medium, in order to achieve a cohesion, through the mode of spatial appropriation of the squatters conjugated to their rhythms of life, trajectories and perceptions. - Grasp the squat in its urban context to experience the different relationships and interferences that it undertakes with its environment.