Humanitaire et genre : l'image des femmes dans les ONG, le cas du Chocó, Colombie (2000-2020)

par Cristina GarcÍA MartÍNez

Projet de thèse en Études Hispaniques et Hispano-Américaines

Sous la direction de Sonia Kerfa.

Thèses en préparation à l'Université Grenoble Alpes en cotutelle avec l'Université Rovira i Virgili , dans le cadre de École doctorale langues, littératures et sciences humaines , en partenariat avec Institut des Langues et des Cultures d'Europe, d'Amérique, d'Afrique, d'Asie et d'Australie (laboratoire) depuis le 15-02-2019 .


  • Résumé

    Les différents organismes non gouvernementaux de caractère international sont nés pour assurer et, notamment, protéger le bien-être public dans les différents pays du monde, avec toute indépendance gouvernementale. Pourtant, les ONG sont en grand partie redevables vis-à-vis de leurs bailleurs de fonds, souvent les états financeurs ou les entreprises et particuliers, ce qui pourrait impliquer une ingérence sur le projet, l'activité et la communication mise en place par les organismes. Dans notre travail, nous nous intéresserons tout particulièrement à l'image que les organisations non gouvernementales de caractère international, installées dans le sud du continent américain, donnent des femmes dans le but de sensibiliser le grand public à leur cause. Dans l'intention d'assurer la continuité de leurs activités, ces organismes, grâce aux plateformes numériques actuelles, mènent des campagnes publicitaires à travers lesquelles elles expliquent, informent et dénoncent la situation des populations en situation d'urgence. Twitter, Instagram, Facebook ou leur site web permettent au grand public d'accéder non seulement à toute l'information de leur équipe de presse, mais aussi aux différents reportages photographiques et audiovisuels. Une connexion en temps réel s'installe permettant aux particuliers une participation active à travers des dons monétaires. Ainsi, il nous semble pertinent de s'attarder sur l'étude et l'usage qui sont faites des images qui nourrissent ces sites web, dans la mesure où les femmes sont souvent les protagonistes de ces photographies. Tout au long de l'histoire, les femmes ont été soumises au pouvoir des hommes car elles ont été considérées comme inférieures et écartées des sphères de pouvoirs. Lorsque ces femmes sont issues de populations colonisées, la discrimination est double. L'instrumentalisation du corps de la femme a permis, lors de la colonisation, un contrôle sur l'autre. Aujourd'hui, à travers certaines images des organismes d'action humanitaire, la question du service du corps de la femme revient, nous menant ainsi à la question suivante : dans quelle mesure les ONG internationales occidentales reproduisent-elles ou pas, un système issu d'une structuration néocoloniale au travers de l'image des femmes dans un contexte de prise de conscience étendue et d'une nouvelle sensibilité à la condition des femmes dans les sociétés au XXIème siècle, près d'une demi-siècle après ce que l'on a appelé la seconde vague du féminisme.

  • Titre traduit

    Humanitarian action and gender: women's image on international NGO, the case of Chocó, Colombia (2000-2020)


  • Résumé

    The different international non-governmental organizations (NGOs) have been created to assure and, mostly, to protect the public well-being in all countries in the world. Even if these organizations do not depend on any governmental instance, they usually own responsibilities towards donnors, mostly the funding States, private enterprises and private individuals, which could imply an interference into the projects, activities and communication that are implemented by the NGOs. This research will particularly focus on the image of woman that is given by international NGOs implanted in South America, in the aim of making the broader public aware of their own cause. With an intention of assuring the continuity of their activities, these organizations lead publicity campaigns, thanks to the latest digital platforms, through which they explain, inform and denounce the living conditions of the populations in urgent situations. Twitter, Instagram, Facebook or their official websites not only allow the general public to access all the information concerning their press team, but also a variety of photographic and audiovisual reports. A real time connection is set, allowing an active participation of particular individuals through donations. Thus, this project aims to focus on the analysis and use made of the images found in such websites, considering that women are often the protagonists of those pictures. Throughout history, women have been submitted to men's power, being considered inferior and taken out of any possibility to power. Moreover, when these women come from colonized populations, discrimination is double stronger. During colonization, the instrumentalization of women's body resulted in a total control of the colonizer over them. Nowadays, the question of the woman's body that is put to service is raised through certain images of humanitarian action organizations, which leads us to the following question : to what extent do international NGOs reproduce (or not), a system that is derived from a neocolonial structuration through the image of women, in a context of extended awareness raising and a novel sensibility towards the condition of women in the societies of the 21st century, almost half a century after the so called “the second wave of feminism”.