Représentations visuelles des maras : documenter le corps masculin et populaire pour des identités mouvantes.

par Safia Boufalaas

Projet de thèse en Études Hispaniques et Hispano-Américaines

Sous la direction de Sonia Kerfa.

Thèses en préparation à Grenoble Alpes , dans le cadre de École doctorale langues, littératures et sciences humaines (Grenoble) , en partenariat avec Institut des Langues et des Cultures d'Europe, d'Amérique, d'Afrique, d'Asie et d'Australie (laboratoire) depuis le 04-03-2019 .


  • Résumé

    Les questions sociales ont toujours été au cœur de nos préoccupations, plus particulièrement celles liées aux groupes marginalisés. Notre intérêt pour le monde états-unien et sa culture populaire ainsi que notre formation universitaire en études cinématographiques ont été des éléments déterminants dans la découverte des groupes des maras. Ces bandes criminelles ultra violentes d'origine latino-américaine ont eu pour caractéristique d'avoir vécu un processus de migration subie depuis les Etats-Unis, qui a consisté en un retour forcé vers leur pays d'origine. Ces maras ont développé une culture visuelle spécifique qui a fasciné nombre de jeunes mais aussi des artistes, photographes ou cinéastes. Ces groupes, qui sont depuis plusieurs années très présents sur le continent américain, commencent à s'implanter en Europe, plus précisément en Espagne. Le but de cette thèse sera d'analyser, à l'aide d'un corpus visuel constitué de photographies et de films documentaires, leur culture populaire et, plus spécifiquement, la représentation de leur corps régi par les codes de la virilité et de l'hyper masculinité. Ce corpus sera basé sur une sélection de films documentaires et web-documentaires : Alma la hija de la violencia de Miquel Dewever-Plana et Isabelle Fougere (2015), La vida Loca de Christian Póveda (2008), Hijos de la guerra de Alexandre Fuchs et Samantha Belmont (2007) et Nuestra Familia, Our Family, de Julia Reynolds et Oriana Zill de Granados (2006). Ces films sont souvent le fruit de co-productions entre les Etats-Unis, le Mexique et l'Europe et permettent de croiser les points de vue. Nous étudierons également un ensemble particulier de créations constitué de reportages photographiques, parfois en lien avec les films du corpus : El Salvador's Anti-Gang Campaign de Moises Saman (2016), El- Salvador : Gang Cages de Giles Clarke (2013), MS-13 et El Salvador de Adam Hinton (2012-2013), La vida Loca de Christian Póveda (2008), Maras de Isabel Muñoz (2007), Guatemala-Maras de Rodrigo Abd (2003-2005). L'image documentaire, qu'elle soit photographique ou cinématographique, agit comme médiation permettant d'entrer dans une réalité complexe, celle d'une population dangereuse, fermée et marginalisée dont les rituels exercent une fascination sur la jeunesse comme en témoigne la fréquentation des plateformes dont nous étudierons l'impact, dans une perspective d'analyse de la réception. Nous nous pencherons plus particulièrement sur deux maras, la Mara Salvatrucha ainsi que la 18th Street Gang dont l'organisation est paradigmatique de ce type de bandes, et ce, dans des productions visuelles et audiovisuelles, réalisées entre 2003 et 2015. Cette thèse se situe à la confluence de la culture visuelle, de l'histoire sociale et des Gender Studies ; elle vise à interroger les regards documentaires - photographiques et filmiques - portés sur cette marginalité mais aussi à questionner la fascination dont ces groupes font l'objet. 

  • Titre traduit

    Visual representations of the maras : documenting the masculine and popular body for moving identities.


  • Résumé

    Social issues have always been at the heart of our concerns, particularly those related to marginalized groups. Our interest in the US world and its popular culture, as well as our university education in film studies, were key factors in the discovery of the maras.  The characteristic of these ultra-violent criminal gangs of Latin American origins, was to have experienced a migration process from the United States which consisted in a forced return to their country of origin.  These maras have developed a specific visual culture that has fascinated many young people but also artists, photographers and filmmakers. These groups who have been for several years present on the american continent are slowly establishing themselves in Europe, more specifically in Spain. The purpose of this thesis will be to analyse, using a visual corpus consisting of photographs and documentaries, their popular culture and, more specifically, the representation of their bodies which is regulated by the codes of virility and hyper masculinity. This corpus will be based on a selection of documentaries and web-documentaries : Alma la hija de la violencia de Miquel Dewever-Plana et Isabelle Fougere (2015), La vida Loca de Christian Póveda (2008), Hijos de la guerra de Alexandre Fuchs et Samantha Belmont (2007) et Nuestra Familia, Our Family, de Julia Reynolds et Oriana Zill de Granados (2006) These films are often the result of co-productions between the United States, Mexico and Europe and allow us to cross viewpoints. We will also study a particular set of creations consisting of photo documentaries, sometimes related to our cinematic corpus : El Salvador's Anti-Gang Campaign de Moises Saman (2016), El- Salvador : Gang Cages de Giles Clarke (2013), MS-13 et El Salvador de Adam Hinton (2012-2013), La vida Loca de Christian Póveda (2008), Maras de Isabel Muñoz (2007), Guatemala-Maras de Rodrigo Abd (2003-2005). The documentary image, whether photographic or cinematographic, acts as a mediator that allows us to enter into a complex reality, that is of a dangerous, closed and marginalized population whose rituals fascinates the youth as we can see through their frequentation of the various platforms, platforms that we will study in a perspective of audience's reception analysis. We will work particularly on two maras, the Mara Salvatrucha and the 18th Street Gang, whose organization is paradigmatic of this type of groups, that we will analyse in visual and audiovisual productions which were produced between 2003 and 2015. This thesis is at the confluence of visual culture, of Social history and Gender Studies; it aims to query the documentaries's view  - photographic and filmic - on this marginality but also, question the fascination of these groups.