De la relance à la rigueur, de l’alternance à la cohabitation, bilan critique d’un rendez-vous raté entre François Mitterrand et le ₀ peuple de gauche εJuin 1982- Mars 1986

par Victor Lemoine

Projet de thèse en Histoire moderne et contemporaine

Sous la direction de Christophe Bouneau.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Centre d'études des mondes modernes et contemporains (equipe de recherche) depuis le 21-11-2018 .


  • Résumé

    Etudier cette première expérience de la gauche au pouvoir sous la Vème République c'est d'abord nous pencher sur un virage économique majeur de notre histoire contemporaine. C'est également faire un choix clair pour délimiter les bornes chronologiques de ce que l'on qualifie encore aujourd'hui de « tournant de la rigueur ». C'est pourquoi à l'instar de Michel Beaud, nous décidons de segmenter ce tournant en trois grands moments : le premier étant la pause dans les réformes annoncée par François Mitterrand en juin 1982. Le second fut le véritable choc psychologique provoqué par le plan de rigueur de mars 1983 dont Jacques Delors alors ministre de l'Economie et Pierre Mauroy alors premier ministre semblent être les grands artisans. Enfin, le premier semestre 1984 avec son cortège de restructurations industrielles apparaît comme la dernière pièce à l'édifice de ce tournant. De plus pour analyser au mieux les conséquences économiques, sociales et psychologiques de ce tournant, il nous semble judicieux de prendre en compte les deux ans qui séparent le départ de Pierre Mauroy du poste de premier ministre en juillet 1984 des élections législatives de mars 1986 qui résonnent comme la sanction électorale d'une rigueur longtemps dissimulée. Nous choisissons également de nous intéresser à l'aggiornamento intellectuel qui marque cette période charnière de l'histoire politique et économique de la France. En effet, de multiples auteurs, intellectuels, experts et hommes politiques prennent la plume pour pointer les carences de la gauche et proposer leurs solutions. L'aboutissement de ce renouvellement paraît être l'émission Vive la crise en février 1984. Enfin, il nous paraît essentiel de pointer le décalage entre les promesses et les discours d’avant 1981 et les réalisations une fois le pouvoir conquis afin de répondre à la question qui divise encore l’opinion, peut-on parler d’une trahison du président de la République ? Les résultats économiques, électoraux et sociaux de ce tournant sont bien évidemment au cœur de notre réflexion.

  • Titre traduit

    From stimulus policies to austerity, from alternance to cohabitation, a critical assessment of a failed rendezvous between François Mitterrand and the “people of the left” June 1982 – March 1986


  • Résumé

    To study this first experience of the left in power during the Fifth Republic is primarily to lean on a major economic turn of contemporary history. It is also a clear chronological delimitation of what is still called the “tournant de la rigueur” (austerity turn). Thus, like Michel Beaud, we chose to divide this turn in three main moments: the first being the pause in the reforms announced by François Mitterrand in June 1982. The second being the psychological shock engendered by the austerity plan of March 1983, elaborated, or so it seems, by Jacques Delors, then Minister for Economic Affairs, and Pierre Mauroy, then Prime Minister. Finally, the last being the first semester of 1984 with its many industrial restructurings. Furthermore, in order to better analyze the economic, social and psychological consequences of this turn, it seemed judicious in our view to take into account the two years that separated Pierre Mauroy’s departure from its Prime Minister’s office in July 1984, from March 1986’s legislative elections which look like an electoral punishment for a long hidden austerity. We also chose to look at the intellectual aggiornamento that marked this crucial time of France’s political and economic history. In effect, many authors, intellectuals, experts and politicians took up the pen to point out the deficiencies of the left and offer solutions. The result of this renewal seems to be February 1984’s television program “Vive la crise” (Long live the crisis!) Finally, it seems crucial to us to highlight the gap between the promises and discourses from before 1981 and the realization that came after power was gained, in order to answer the following question that still divides public opinion: can we speak of a treason on the part of the Republic’s President? The economic, electoral and social results of this turn are, of course, at the heart of our reflection.