Emile Zola, la tentation du romanesque

par Nicolas Bourciquot

Projet de thèse en Litterature francaise, francophones et comparee

Sous la direction de Beatrice Laville.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec cultures, Littératures, Arts, Représentations, Esthétiques (equipe de recherche) depuis le 19-11-2018 .


  • Résumé

    Faire du romanesque, catégorie esthétique labile aux contours variables souvent honnie des créateurs, le point de départ d’une étude sur l’œuvre d’Émile Zola, peut sembler une gageure. En effet, le naturalisme le condamne, semble-t-il, plus que jamais. Toutefois les romans de son chef de file dépassent à l’évidence le cadre censé les circonscrire, et la question de sa présence dans l’œuvre n’est pas épuisée par les charges du théoricien. Au contraire, au fil des écrits, sa position fluctuante et bien souvent ambiguë vis-à-vis de cette catégorie « maudite », invite à s’interroger sur ses rapports avec elle comme lecteur et comme écrivain. Zola ne condamne en effet que la forme débridée d’une imagination romanesque devenant affabulation et, à travers les concepts de « tempérament » et de « sens du réel », affirme en réalité les pleins droits du romancier. Toutefois, dans un âge marqué par le triomphe de la bourgeoisie, dans lequel la science et la physiologie invitent à renouveler le regard sur l’homme, les valeurs attachées au romanesque se voient mises à mal et nous postulons donc que, dans une œuvre qui entend s’adosser au réel, il ne subsiste qu’à la faveur d’une véritable réinvention. Ainsi, sans nier l’existence d’une rigueur et d’une méthode inspirées de la science, sans occulter les prétentions mathésiques du naturalisme, nous entendons montrer comment ce romanesque original enrichit le projet zolien et innerve la création. Nous souhaitons établir un juste partage entre stratégie d’un créateur en quête de succès et goût réel, entre réminiscence et intégration consciente et nous émettons l’hypothèse qu’en dépit d’un apparent paradoxe, loin d’être l’opposé du naturalisme, le romanesque en devient l’un des instruments, participe de la spécificité de l’écriture zolienne et permet une lecture nouvelle de l’œuvre dont il fait apparaître une cohérence inédite.

  • Titre traduit

    Émile Zola, the temptation of romance


  • Résumé

    Using romance, a labile aesthetic category with changing outlines and often despised by creators, as the starting point of a study on the work of Zola, may seem a challenge. Indeed, naturalism seems to condemn it more than ever. However, the novels of its leader clearly expand beyond the framework supposed to circumscribe them, and the question of the presence of romance in the work has not been exhausted by the violent criticism of the theorist. On the contrary, over the course of his writings, his fluctuating and often ambiguous position regarding this "cursed" category invites us to question his connection to it as a reader and as a writer. Indeed, Zola only condemns the unrestrained form of a romantic imagination becoming fantasy and as a matter of fact, through the concepts of "tempérament" and of "sens du réel" asserts the novelist’s full rights. However, in an age marked by the triumph of the bourgeoisie, in which science invite to shed new light on the representation of mankind, the values attached to romance are undermined and we postulate that, in a work that intends to be rooted in reality, romance only lives on owing to a genuine reinvention. Thus, without denying the existence a method inspired by science, nor concealing the naturalistic ambition of promoting knowledge, we intend to show how this new type of romance enriches the Zolian project and innervates creation. We want to establish a fair division between the strategy of a creator in search of success and genuine taste, between reminiscence and conscious integration. And we hypothesize that, despite an apparent paradox, far from being the opposite of naturalism, romance becomes one of its instruments, participates in the specificity of Zolian writing and allows a new reading of the work, thus revealing a new consistency.