Frédéric Lenoir, héritier témoin et acteur de l'émergence d'un néo-christianisme (de 1875 à nos jours)

par Adrien Bouhours

Projet de thèse en Histoire moderne et contemporaine

Sous la direction de Jean-Pierre Moisset.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Centre d'études des mondes modernes et contemporains (equipe de recherche) depuis le 25-10-2018 .


  • Résumé

    Prenant pour point de départ l’itinéraire, les textes et les diverses activités de Frédéric Lenoir, cette thèse se propose d’aborder sous un angle inédit le dossier de la rupture religieuse des années 60 en France. L’hypothèse de travail est la suivante : cette rupture religieuse n’a pas consisté en un abandon massif de la religion. Elle a plus certainement correspondu au passage d’une forme religieuse à une autre, de la part d’un nombre important de personnes, notamment la génération des adolescents et jeunes adultes de ce temps. Les points de départ de cette transition ont été les religions instituées, notamment le catholicisme, qui était alors très largement majoritaire. Quant à la direction, que l’on ne peut pas réellement considérer comme un point d’arrivée car les contours en étaient et en sont encore trop flous, elle correspond à une forme religieuse plus flottante et plus insaisissable, un néo-christianisme dont nous voyons en Frédéric Lenoir un représentant des plus caractéristiques. Historiquement inédit, ce néo-christianisme ne correspond à aucune des formes prises par la religion chrétienne par le passé. Notamment, il n’est pas une nouvelle forme de protestantisme, même s’il trouve dans la Réforme l’une de ses racines profondes. Il opère une jonction, elle aussi inédite, entre héritage judéo-chrétien, orientalisme savant et ésotérisme. C’est une nouvelle forme religieuse, ou, a minima, un nouveau courant du christianisme, qui n’a pas encore reçu de nom. Il est pourtant en lien étroit avec ce que l’on qualifie de « New Age ». Bien que contemporain et somme toute récent, ce courant a des racines historiques que l’on peut analyser pour éclairer sa naissance, et dont les plus importantes se trouvent dans le XIXᵉ siècle.

  • Titre traduit

    Frédéric Lenoir, heir, witness and actor of the emergence of a neo-Christianity (from 1875 to nowadays


  • Résumé

    Taking as a starting point the itinerary, the texts and the various activities of Frédéric Lenoir, this thesis proposes to study from an unprecedented angle the religious rupture of the 1960s in France. The working hypothesis is as follows : this religious rupture did not consist in a massive abandonment of religion. It most certainly corresponded to the transition from one religious form to another by a large number of people, especially the generation of adolescents and young adults of that period. The starting points of this transition were the established religions, notably Catholicism, which was then largely in the majority. As for the direction, which one cannot really consider as a point of arrival because the contours were and are still too vague, it corresponds to a more flowing and more elusive religious form, a neo-Christianity of which we let us see in Frédéric Lenoir a representative of the most characteristic. Historically unpublished, this neo-Christianity does not correspond to any of the forms taken by the Christian religion in the past. In particular, it is not a new form of Protestantism, even if it finds in the Reformation one of its deep roots. It operates a junction, also unpublished, between Judeo-Christian heritage, scholarly orientalism and esotericism. It is a new religious form, or at least a new stream of Christianity, which has not yet received a name. Yet it is closely related to what we call "New Age". Although contemporary and quite recent, this current has historical roots that can be analyzed to enlighten its birth, and the most important of which are in the nineteenth century.