Présence numérique de l'afroféminisme en France

par Jaércio Bento Da Silva

Projet de thèse en Sciences de l'information et communication

Sous la direction de Cécile Méadel.


  • Résumé

    Avec le développement des TIC et l’arrivé des réseaux socio-numériques, nous sommes confrontés à de nouvelles modalités de participation au débat public. De nos jours, une génération des femmes est active sur Internet avec des approches sur les questions de race, classe, genre. Elles se servent de leurs récits intimes, en mettant en avant des problèmes individuels, des expériences personnelles qui deviennent partagées. On parle en quelque sorte d'une réappropriation de l’espace médiatique par des « voix faibles », à « bas bruit ». Sur le terrain des médias alternatifs créés par le mouvement afroféministe en France, mon enquête porte sur les nouveaux formats d'expression créés pour parler des questions qui ont été qualifiées « d’intersectionnalité ». Privées du droit de contrôler leur image dans les moyens de communication, des femmes noires ont décidé d’utiliser des plateformes numériques pour faire émerger une voix auto-définie et se construire comme objet de récit. Cette démarche n’est pas nouvelle, historiquement parlant, mais le comportement « technophile » de cette nouvelle génération apporte une nouveauté à l’exercice de contre-pouvoir et de communication de résistance qu’elles pratiquent depuis des années. En étudiant ces pratiques du web participatif, je cherche à comprendre la fabrication et la légitimation de ce récit : Sous quelles conditions un discours intersectionnel et militant peut-il se faire entendre ? Quelle est la genèse et l’organisation de ce nouveau type de contenu ? Quelles sont les contraintes techniques auxquelles ces femmes sont confrontées ? Quelle visibilité atteignent-elles ? Comment constituent-elles leurs réseaux ? Comment cette individualisation du discours, au travers de la valorisation du récit intime, influence-t-elle l’expérience collective-militante ?

  • Titre traduit

    Digital presence of Black Feminism in France


  • Résumé

    With the development of ICT sector and the advent of social medias, we are faced with new ways of participating in public debate. Today, a generation of women is active on the Internet with approaches on race, class and gender. They use their intimate stories, highlighting individual problems, personal experiences that become shared. In some ways we are talking about a reappropriation of media space by “low-voice”, “low noise”. On the ground in the alternative media created by the Black Feminism in France, my survey focuses on the new formats of expression created to talk about issues that have been described as ‘intersectionality’. As a private right to control their image in the means of communication, black women have decided to use digital platforms to create a “self-defined voice” and be built as an subject matter. This approach is not recent, historically speaking, but the “technophile” behaviour of this generation is new to the exercise of countervailing power and resistance that they have been conducting for years. By studying these participatory web practices, I am looking for an understanding of the production and legitimisation of this narrative: Under which conditions can an intersectional speech and activist be heard? What is the genesis and organisation of this new type of content? What technical constraints do women face? What visibility do they reach? How do they form their networks? How does this individualisation of speech, through the valorisation of the intimate narrative, influence the joint militant commitment?