Optimiser l'acquisition, le traitement et le partage des données de fouilles archéologiques par la définition de méthodes et de protocoles numériques : l'exemple de la domus PC2 à Bibracte.

par Quentin Verriez

Projet de thèse en Archéologie

Sous la direction de Pierre Nouvel.

Thèses en préparation à Bourgogne Franche-Comté , dans le cadre de École doctorale Sociétés, Espaces, Pratiques, Temps (Dijon ; Besançon ; 2017-....) , en partenariat avec ARTEHIS - ARchéologie, TErre, HIstoire, Sociétés (laboratoire) depuis le 01-12-2018 .


  • Résumé

    L'archéologie, dont l'identité même est l'analyse de faits matériels, est paradoxalement un champ d'application privilégié pour les technologies numériques : par la nature de ses opérations, qui détruisent son terrain de recherche, elle décentre son champ d'étude vers des objets dérivés, virtuels, longtemps « analogiques » (notes, dessins) et aujourd'hui majoritairement numériques (base de données, SIG, acquisitions 3D, etc.). Cette introduction massive du numérique révolutionne véritablement la discipline, mais se traduit aussi par des difficultés nouvelles qui atteignent aujourd'hui un seuil critique, par la croissance exponentielle du volume des données et leur complexité croissante. Le développement rapide des technologies numériques sans cadre normatif se solde aussi par un foisonnement des protocoles de gestion. Pour tenter de répondre à ces difficultés, de nombreuses initiatives ont été engagées ces dernières années. On citera ici à titre d'exemple les outils développés en France par la TGIR Huma-Num, visant à faciliter le tournant numérique de la recherche en SHS. L'avance prise par la communauté archéologique britannique avec l'Archaeological Data Service se focalise encore, quant à elle, sur l'archivage des données. A l'échelle européenne, le projet Ariadne qui vient de se conclure est lui aussi révélateur de préoccupations qui restent centrées sur l'archivage des données. L'ambition du projet de recherche doctorale est d'appréhender le processus archéologique de façon globale et intégrée. Il se développera sous la forme d'un projet-pilote mené sur le site de Bibracte (Bourgogne). Site d'une agglomération du Ier s. av. n.è. qui fut la première capitale du peuple éduen avant son transfert à Autun, Bibracte est un témoin privilégié des mutations que connaît la société gauloise au moment de son intégration dans l'empire romain. Le centre de recherche dispose de tous les atouts souhaités pour mener l'expérimentation : des chantiers de fouille actifs sur la longue durée, des données d'un volume et d'une diversité considérables, en relation avec une recherche séculaire, des usagers diversifiés (chercheurs, étudiants, grand public, public scolaire), un intérêt soutenu de la part de l'établissement aux questions de gestion et de valorisation des données scientifiques dans un environnement propice (où l'ensemble de la chaîne opératoire est disponible sur place), enfin des moyens humains et financiers qui procureront un cadre de travail optimal. La recherche s'articulera avec un programme de développement numérique intégré, BIBNUM, financé par ailleurs. Elle s'inscrit plus précisément dans le projet 2 de BIBRACTE NUMERIQUE « Développer l'équipement numérique des chantiers de fouille au bénéfice des archéologues et des visiteurs ». Le terrain d'application est le chantier pilote de la domus PC2, maison de 1500 m² dont le modèle architectural illustre de façon saisissante le processus de romanisation, d'autant plus qu'il s'agit ici d'un des exemples les plus anciens des Trois Gaules. Cet ensemble disposant d'une chrono-stratigraphie complexe est le contexte idéal pour tester de nouveaux protocoles d'acquisition, d'analyse et de présentation au public. La recherche consistera à identifier, évaluer, adapter et assembler des solutions matérielles et logicielles qui équiperont le chantier en vue de l'amélioration tant du travail des archéologues que de l'expérience de visite des publics accueillis sur le chantier. Le projet s'inscrit parfaitement dans les champs habituels de l'UMR ARTEHIS et plus particulièrement au cœur du thème de recherche Corpus : penser et construire les outils numériques.

  • Titre traduit

    Optimize the acquisition, processing and sharing of archaeological excavation data by defining digital methods and protocols: the example of the domus PC2 in Bibracte.


  • Résumé

    Archaeology, whose very identity is the analysis of material facts, is paradoxically a privileged application field for digital technologies: by the nature of its operations, which destroy its field of research, it shifts its field of study towards derived objects, long "analogical" (notes, drawings) and today mainly digital (database, GIS, 3D acquisitions, etc.). This massive introduction of digital technology is truly revolutionizing the discipline, but it is also resulting in new challenges that are now reaching a critical level, in the exponential growth in the volume and increasing complexity of data. The rapid development of digital technologies without a normative framework is also resulting in a proliferation of management protocols. In an attempt to address these challenges, many initiatives have been undertaken in recent years. An example of this is the tools developed in France by the TGIR Huma-Num, which aim to facilitate the digital shift in Social Sciences and Humanities research. The advance made by the British archaeological community with the Archaeological Data Service is still focused on data archiving. At the European level, the Ariadne project that has just been completed also reveals concerns that remain focused on data archiving. The aim of the doctoral research project is to understand the archaeological process in a global and integrated way. It will be developed as a pilot project at the Bibracte site (Burgundy). Site of an agglomeration of the 1st century BC, which was the first capital of the Aeduan people before its transfer to Autun, Bibracte is a privileged witness to the changes that Gallic society underwent at the time of its integration into the Roman Empire. The research centre has all the assets required to carry out the experiment: active excavation sites over a long period of time, data of considerable volume and diversity, in relation to centuries-old research, diversified users (researchers, students, the general public, schoolchildren), sustained interest on the part of the institution in questions of management and enhancement of scientific data in an enabling environment (where the entire workflow is available on site), and finally human and financial resources that will provide an optimal working environment. The research will be linked to an integrated digital development programme, BIBNUM, which is also funded. More specifically, it is part of BIBRACTE NUMERIQUE project 2 "Developing digital equipment for archaeologists and visitors on excavation sites". The field of application is the pilot site of the domus PC2, a 1500 m² house whose architectural model illustrates the Romanization process in a striking way, especially since this is one of the oldest examples of the Three Gauls. This complex chrono-stratigraphy set is the ideal context to test new acquisition, analysis and public presentation protocols. The research will consist in identifying, evaluating, adapting and assembling hardware and software solutions that will equip the site in order to improve both the work of archaeologists and the visiting experience of the public hosted on the site. The project fits perfectly into the usual fields of the UMR ARTEHIS and more particularly at the heart of the Corpus research theme: thinking and building digital tools.