La justice dans le royaume chrétien d'Ethiopie entre le XVIe et la première moitié du XVIIIe siècle
| Auteur / Autrice : | Charles Robert Dieme |
| Direction : | Bertrand Hirsch |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Histoire |
| Date : | Soutenance le 12/02/2025 |
| Etablissement(s) : | Paris 1 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale d'Histoire de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (Paris ; 1992-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Orient et Méditerranée (Ivry-sur-Seine, Val de Marne ; 2006-....) |
| Jury : | Président / Présidente : François-Xavier Fauvelle |
| Examinateurs / Examinatrices : Bertrand Hirsch, Olivia Adankpo-Labadie, Alix Toublanc, Anaïs Wion | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Idrissa Bâ |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Mon travail doctoral porte sur les relations entre justice et société dans le royaume chrétien d’Éthiopie entre le XVIe et la première moitié du XVIIIe siècle. Il s’agit d’une réflexion sur la société éthiopienne à partir de l’axe juridique. Cette approche nouvelle dans l’historiographie éthiopienne est pertinente car la société du royaume d’Éthiopie reste attachée à la justice, qui structure et organise ses différents rapports sociaux. Cet aspect apparait à la fois dans les textes normatifs de cette période et les récits endogènes et exogènes. Ces textes en permettant de procéder à des analyses lexicales, à l’établissement de biographies et à des croisements d’informations, donnent à comprendre les enjeux autour de la structure, de l’action et du rapport de la justice à la société. La structure judiciaire est liée à l’administration dirigée par des personnes disposant de prérogatives judiciaires. L’Église bénéficie d’une organisation similaire dans laquelle les chefs d’établissement religieux sont des juges à la fois pour les clercs et des laïcs se trouvant sur leur fief. La cour royale avec ses trois chambres, deux ordinaires et une extraordinaire dispose d’une juridiction suprême. Ce maillage judiciaire est renforcé par l’existence de justices en dehors de l’administration parmi lesquelles on retrouve l’arbitrage et les négociations directes entre partie, accessibles à tous les sujets du roi. Le recours à la justice dans le cadre de la qualification des crimes permet d’observer une justice au cœur des enjeux car elle est convoquée pour criminaliser des actes et opinions sauf le meurtre, l’adultère et les coups et blessures volontaires reconnus unanimement comme crime. Cette criminalisation résulte d’un dialogue social entre le souverain et l’opinion publique, victime de pillages et vols. Alors que dans le domaine religieux et politique, la définition comme crime d’un acte ou d’une opinion relève d’une lutte entre les factions opposées. La faction gagnante impose ses opinions en qualifiant d’hérésie ou de rébellion les positions adverses, réprimées lors des procès. Le déroulement de ces procès présente deux approches différentes à savoir l’accusation et l’inquisition. Ces deux méthodes ont permis à la justice royale d’arbitrer les litiges entre les parties et d’engager dans les affaires graves une enquête pour les élucider. La fin des procès ouvre la période de l’application des peines décidées par les juges. Trois catégories de peines ont dominé l’espace judiciaire : la perte de liberté, les peines corporelles et les peines économiques. Leur application est toutefois sujette à des contingences d’ordre social, politique et économique.