Approche archéozoologique de la cité d'Alexandrie de sa fondation à la fin du Moyen Âge (IV siècle av.J-C - XVe siècle ap. JC)

par Nicolas Morand

Thèse de doctorat en Archéozoologie

Sous la direction de Sébastien Lepetz.


  • Résumé

    L’objectif de cette thèse est d’analyser les relations qu’entretiennent les Hommes et les animaux à Alexandrie de l’Antiquité au Moyen Âge à partir de 32 700 restes fauniques (os, dents, coquilles) mis au jour dans les niveaux archéologiques de sites fouillés par le Centre d’Études Alexandrines. Les vestiges proviennent de sept sites localisés dans le quartier antique du Bruchéion. Le Cricket Ground, l’Ancien Consulat Britannique et la rue Fouad ont documenté la période hellénistique (IVe – Ier s. av. J.-C.). Les interventions archéologiques du Garage Lux, du Billiardo Palace et du Théâtre Diana ont mis au jour des vestiges de l’époque romaine (Ier – VIIe s. ap. J.-C). Enfin, la fouille de la citerne el-Nabih a livré des ossements animaux de la fin du Moyen Âge (XIIIe – XVe s. ap. J.-C.). Ces données ont permis de décrire et comprendre les pratiques des populations de cultures grecque, romaine et musulmane. Nous avons analysé les choix de consommation et les stratégies d’approvisionnement où les mammifères d’élevage (bœuf, porc et caprinés) ont constitué un socle alimentaire. Les produits de la pêche (mollusques et poissons) et de la chasse attestent une exploitation locale des ressources de la mer Méditerranée et de la campagne à l’interface entre le delta du Nil et le désert occidental. L’étude des objets fabriqués en os, en coquille de mollusque et en corail a permis de s’interroger sur l’exploitation des matières dures d’origine animale et leurs usages dans l’espace urbain antique et médiéval. L’étude d’espèces originaires du continent européen et de la région Indo-Pacifique a contribué à un apport de connaissances sur les réseaux d’échanges commerciaux au cours des siècles.

  • Titre traduit

    Archaeozoological approach to the city of Alexandria from its foundation to the end of the Middle Ages (4th century BC - 15th century AD)


  • Résumé

    The aim of this thesis is to analyze the relationships between humans and animals in Alexandria since Antiquity to the Middle Ages, based on 32,700 faunal remains (bones, teeth, shells) unearthed in the archaeological levels of sites excavated by the Centre d'Études Alexandrines. The remains come from seven sites located in the ancient district of Bruchéion. The Cricket Ground, the former British Consulate and Fouad Street have documented the Hellenistic period (4th - 1st c. BC). Archaeological interventions at the Garage Lux, the Billiardo Palace and the Diana Theatre have uncovered remains from the Roman period (1st - 7th c. AD). Finally, the excavation of the el-Nabih cistern yielded animal bones from the late Middle Ages (13th-15th c. AD). These data made it possible to describe and understand the feeding practices of the populations of Greek, Roman and Muslim cultures. We analysed consumption choices and sourcing strategies where farmed mammals (cattle, pig and sheep/goats) provided a food base. The products of fishing (molluscs and fish) and hunting attest to local exploitation of the resources from the Mediterranean Sea and the countryside at the interface between the Nile Delta and the western desert. The study of objects made of bone, mollusc shells and coral has raised questions about the exploitation of hard materials of animal origin and their uses in ancient and medieval urban areas. The study of species originating from the European continent and the Indo-Pacific region has contributed to knowledge about trade over the centuries.