Essays on taxation and international worker mobility in Europe

par Mathilde Munoz

Projet de thèse en Analyse et politiques économiques

Sous la direction de Thomas Piketty.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale d'Économie (Paris) depuis le 25-09-2018 .

  • Titre traduit

    Essais sur la taxation et mobilité internationale des travailleurs en Europe


  • Résumé

    Cette thèse est une collection de quatre essais qui analysent les implications de la mobilité internationale des travailleurs pour la redistribution et le bien-être, en utilisant l'Union européenne comme laboratoire. Le premier chapitre analyse les effets redistributifs des politiques de détachement, introduites pour la première fois dans l'Union européenne. Je combine de nouvelles données administratives sur les missions de détachement en Europe, des variations quasi-expérimentales de la politique et un modèle de commerce de services, pour évaluer les implications redistributives de l'exposition de nouveaux emplois à la concurrence internationale. Je montre que la libéralisation progressive du détachement dans les pays à bas salaires a augmenté de manière permanente le commerce des services en Europe. Dans les pays d'accueil, l'emploi domestique dans les secteurs et départements exposés a diminué après la libéralisation du détachement, alors que l'ouverture du détachement a déclenché d'importants gains économiques dans les pays d'origine à bas salaires. En calibrant un modèle d'échange de services, je quantifie finalement que la libéralisation a augmenté le bien-être des consommateurs européens de 0,3 % en moyenne. Dans le deuxième chapitre, j'étudie un nouveau canal par lequel les différentiels fiscaux affectent la mobilité internationale des travailleurs dans un monde globalisé. En utilisant l'Europe comme laboratoire, je montre que les règles de fiscalité du travail fixées dans les traités commerciaux affectent la mobilité internationale des travailleurs par le biais des échanges de services. Un modèle de fiscalité et de services transfrontaliers commence par éclairer le rôle de la politique fiscale dans l'allocation spatiale des travailleurs et des services. Je valide ces prédictions théoriques en utilisant la mise en œuvre de régimes fiscaux préférentiels pour les travailleurs étrangers dans les pays d'accueil et d'origine, et un modèle de gravité. L'élasticité des flux de détachement aux différentiels de taxes est proche de l'unité. À l'aide de ces estimations, je quantifie qu'appliquer la coopération fiscale dans les traités commerciaux européens actuels réduirait les flux de migration commerciale au sein de l'UE d'environ 30 % et affecterait principalement les exportations de services des pays à faible coût. Le troisième chapitre étudie les effets des taux d'imposition supérieurs sur la migration des hauts revenus, en utilisant un nouvel ensemble de données individuelles sur la mobilité représentative de l'ensemble de la population de 21 pays européens. Je trouve que les choix de localisation des plus riches sont significativement affectés par les taux d'imposition supérieurs. L'élasticité du nombre de contribuables aisés par rapport au taux net d'imposition est comprise entre 0,1 et 0,3 ; c'est autour de un pour les étrangers. Les élasticités migratoires varient considérablement d'un État membre à l'autre, entraînant des incitations différentes à mettre en œuvre des politiques du moins disant fiscal au sein de l'Europe. Le quatrième chapitre quantifie les effets sur le bien-être de la concurrence fiscale dans une union où les individus peuvent répondre à la fiscalité par la migration. Je dérive les barèmes optimaux d'impôts et de transferts dans une union de libre mobilité composée de pays symétriques. Je montre comment, dans l'union de la concurrence, les réponses de mobilité à la fiscalité affectent la capacité de redistribution des gouvernements. La calibration de ces formules montre que même lorsque les élasticités migratoires sont faibles et bien inférieures à 1, les 50% les plus pauvres sont toujours perdants face à la concurrence fiscale. Mes résultats montrent qu'être dans une union de la concurrence plutôt que dans une union fédérale avec un taux d'imposition uniforme pourrait diminuer le bien-être des individus les plus pauvres jusqu'à -20 %.


  • Résumé

    This thesis is a collection of four essays that analyze the implications of international mobility of workers for redistribution and welfare, using the European context as a laboratory. The first chapter shows that the international mobility of workers leads non-tradable jobs to be offshored “on-site” and carries large redistributive implications for workers and governments. Posting policies, that were first introduced in the European Union, allow firms in one country to send (“post”) their workers to perform such services in another country. I combine novel administrative data on posting missions in Europe, quasi-experimental variations in the policy, and a model of trade in services, to evaluate the redistributive implications of exposing novel jobs to international competition. I show that the staggered liberalization of posting to low wage countries permanently increased trade in services in Europe. In receiving countries, domestic employment in exposed sectors and local labor markets differentially decreased following the liberalization. I then demonstrate that posting openness triggered large economic gains in low-wage sending countries. Calibrating a model of trade in services with estimates of the posting elasticity, I finally quantify that the liberalization increased European consumers' welfare by 0.3% on average. In the second chapter, I study a novel channel through which tax differentials affect the international mobility of workers in a globalized world: trade-in-services. When countries trade, firms can send their employees abroad to supply services locally. Using Europe as a laboratory, I show that labor tax rules set in trade treaties affect the international mobility of workers through trade-in-services. This novel trade-migration response to taxes carries two central implications for tax and trade policy: (i) tax-induced international mobility of workers is larger than previously thought and (ii) tax competition matters for comparative advantages in trade-in-services. I first set out a theoretical model of taxation and cross-border supply of services that illuminates the role of tax policy for the spatial allocation of workers and services. I use the implementation of preferential tax schemes for posted workers within receiving and sending countries and a gravity model to show that the trade-migration elasticity is around one. Using those estimates, I quantify that enforcing tax cooperation in current European trade treaties, as recently propose by the European parliament, would decrease trade-migration flows within the EU by roughly 30%. The third chapter studies the effects of top income tax rates on top earners' migration, using a novel individual dataset on mobility representative of the entire population of 21 European countries. I find that top earners' location choices are significantly affected by top income tax rates. The elasticity of the number of top earners with respect to the net-of-tax rate is between 0.1 and 0.3; it is around 1 for foreigners. Migration elasticities differ widely across member states, leading to different incentives to implement beggar-thy-neighbour tax policies within Europe. The fourth chapter quantifies the welfare effects of tax competition in an union where individuals can respond to taxation through migration. I derive the optimal tax and transfer schedules in a free mobility union composed by symmetric countries that can either compete or set a federal tax rate. I show how in the competition union, the mobility-responses to taxation affect the redistributive capacity of governments through several mechanisms. I use my formulas to show that even when migration elasticities are small, and far below unity, the bottom fifty percent always loses from tax competition. My results show that being in a competition union rather than in a federal union with a uniform tax rate could decrease poorer individuals welfare up to -20 percent.