"Les experts des petites puissances dans les organisations internationales genevoises durant l’entre-deux-guerres (1919-1949) : une étude comparée et connectée entre la Colombie et la Tchécoslovaquie"

par Christian CASAS GARCIA

Projet de thèse en Histoire et civilisations

Sous la direction de Thibaud Clément.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 30-10-2018 .


  • Résumé

    Cette recherche a pour objectif d’analyser la construction d’un corps d’experts des petites puissances dans les organisations internationales de Genève durant la période de l’entre-deux-guerres, afin de contrebalancer leur faible marge de manœuvre vis-à-vis du pouvoir des grandes puissances, à travers une étude comparée et connectée entre la Colombie et la Tchécoslovaquie. En effet, les petits États dans les instances genevoises remarquèrent à plusieurs reprises que leur voix n’était pas prise en compte dans les débats internationaux, et regardèrent d’un mauvais œil les prétentions impérialistes des grands États. Cette situation menaça les principes fondateurs de la Paix de Versailles à savoir : l’égalité entre les États et le respect de la souveraineté. Nous allons étudier le développement de cette expertise technique non pas comme un élément « anational », mais comme un corps engagé intellectuellement qui souhaitait placer les pays faibles en tant que référents de modernité et d’exemplarité morale, en opposition avec les intérêts égoïstes des vainqueurs de 1918. Ces pays ont compris rapidement que le domaine de l’expertise était le meilleur moyen pour s’affirmer dans le nouveau système international issu du Traité de Versailles, dans un contexte marqué depuis le milieu du XIXe siècle par l’importance attribuée aux informations de caractère scientifique. Il me semble important de réaliser une étude sur l’organisation de la coopération internationale dont a bénéficié la Colombie et la Tchécoslovaquie à travers la mobilisation d’une expertise « des petits » dans le domaine sociaux et économiques, ce qui peut apporter des éclairages utiles concernant la relation entre l’Amérique du Sud et l’Europe centrale avec la Société des Nations et l’Organisation internationale du travail. D’une part nous montrer une première approche du concept de « pays en retard » qui devint par la suite « pays sous-développées » ; la construction du concept de « politique publique » qui passait par un renforcement des institutions étatiques et finalement aborder ces experts comme un « groupe d’influence » et voir comment se sont noués les dynamiques de leurs échanges et la constitution des réseaux en Europe et en Amérique à travers une étude connectée et comparée entre la Tchécoslovaquie et la Colombie.


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