Variabilité inter-sexuelle de la réponse au stress environnemental : réponse à la restriction calorique chez Microcebus murinus

par Aude Noiret

Thèse de doctorat en Ecophysiologie

Sous la direction de Fabienne Aujard et de Jérémy Terrier.


  • Résumé

    Face aux contraintes environnementales, mâles et femelles pourraient ne pas être égaux dans leur réponse physiologique. Chez les reproducteurs saisonniers, la naissance des petits coïncide avec la période de l'année la plus favorable sur le plan énergétique. Par conséquent,ayant des contraintes physiologiques différentes,les mâles et les femelles présentent un décalage temporel dans leur allocation d'énergie à la reproduction,qui pourrait déséquilibrer les chances de survie des deux sexes face à un challenge environnemental. En raison du coût des réponses au stress et des différences intersexuelles dans l'allocation d'énergie à la reproduction, l'hypothèse de la "femelleéconome" a été émise, selon laquelle elles pourraient présenter de meilleurs mécanismes d'économie d'énergie. Dans ce travail, nous nous sommes attachés à caractériser les réponses spécifiques des sexes à la restriction calorique et leur résultat en terme de compromis énergétique chez Microcebus murinus, un petit primate saisonnierhétérotherme. Nous avons appliqué des restrictions caloriques dˇintensité variable à différents stades du cycle annuel. Les mâles et les femelles ont présentédes modulations métaboliques spécifiques constantes,ce qui confirme l'importance de la prise en compte de l'effet du sexe lors de l'étude des effets environnementaux sur les organismes. Si les mâles montrent un bilan énergétique moins bon avant l'accouplement, cela pourrait entrainer un biais de sexe ratio des populations naturelles, avec un risque d'extinction accru, en particulier dans un contexte de changement climatique.

  • Titre traduit

    Intersexual variability of the stress response : the case of Microcebus murinus under caloric restriction


  • Résumé

    Faced with environmental constraints, males and females may not be equal in their physiological response. In seasonal breeders, the birth of offspring times the most energetically favourable period. Hence, due to their respective physiological constraints, males and females present a timeshift in their energy allocation to reproduction that could imbalance sexes chances of Survival when facing environmental challenge. Because of the costs of stress responses and sex-differences in energy allocation to reproduction, the ˝thrifty female hypothesis˛ has been pronounced, suggesting that females were selected for better energy saving mechanisms. In this work, we focused on characterizing sex-specific responses to caloric restriction and its outcome on fitness markersin Microcebus murinus, a small seasonally breeding primate, that is well described to use torpor. We applied caloric restrictions at different seasonal time pointswith various intensity. Males and females always displayed specific metabolic modulations,confirming the importance of taking into account the effect of sex when studying environmental effects on organisms. As males showedpoorer energy balance before mating, especially in a context of climate change, they could face bigger loss than females, leading to sex-biased populationwith an increased extinction risk.