Sortir de la position de victime : quel pouvoir d'agir pour les demandeurs.es d'asile en France ? Expérience autour de la prise de parole dans des ateliers radiophoniques

par Serena Naudin

Projet de thèse en Sociologie, anthropologie, géographie

Sous la direction de Jane Freedman et de Critina Del biaggio.

Thèses en préparation à Paris 8 , dans le cadre de 401 "Sciences sociales" , en partenariat avec Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris-GTM (equipe de recherche) et de PACTE - Justice sociale (Université de Grenoble Alpes) (equipe de recherche) depuis le 26-11-2018 .


  • Résumé

    Cette action de recherche interroge le pouvoir d'agir des demandeurs d'asile en partant du constat que, d'une part, la procédure de demande d'asile contraint la parole ; d'autre part, les médias et les politiques produisent des discours et des dispositions qui privent de parole les premiers concernés ; alors que la parole est une action qui permet d'être reconnu comme un sujet pensant et agissant. Ainsi, se pose la question suivante : comment les demandeurs d'asile peuvent-ils acquérir le pouvoir de parler ? Comment cette parole se construit-elle en dehors de la procédure et face aux assignations véhiculées par les discours dominants ? Afin d'accéder à une parole en dehors de la position victimaire, qui est au cœur de la procédure, la méthodologie de recherche est proposée sous la forme d'ateliers radiophoniques. Il s'agit dans ce cadre de redéfinir les relations d'enquête, d'interroger les positionnalités via l’engagement et la réflexivité, et de construire un espace de parole protégé. Cette thèse de sociologie sera menée sous la forme d'une action-recherche, avec comme objectif d'agir à transformer la société et repenser le rapport au savoir. L'analyse de la prise de parole sera dans ce contexte mise en perspective avec l'injonction vécue par les personnes en exil à justifier leur présence en France. Un travail autour des mots utilisés pour désigner les personnes en mobilités au sein des ateliers radiophoniques sera l'occasion d'interroger avec les premiers concernés la production et l'usage des catégories. Enfin, pour comprendre l'interprétation, l'appropriation et les résistances des demandeurs d'asile vis-à-vis des discours dominants, nous mobiliserons le concept de violence épistémique.


  • Pas de résumé disponible.