Le roman noir irlandais féminin, entre marchandisation et contestation, 2005-2020

par Pierre-olivier Lombarteix

Projet de thèse en Langues et litteratures etrangeres

Sous la direction de Anne Goarzin et de Dominique Jeannerod.

Thèses en préparation à Rennes 2 , dans le cadre de École doctorale Arts, Lettres, Langues (Rennes) , en partenariat avec Centre de recherche bretonne et celtique (equipe de recherche) depuis le 16-11-2018 .


  • Résumé

    L’objectif de ce travail de recherche est d’analyser un phénomène littéraire ayant pris une ampleur majeure dans le paysage littéraire irlandais au cours des vingt dernières années. Ce phénomène, que Jean-Patrick Manchette nommait « l’art industriel » en France dans les années 80 et qui souligne tout le paradoxe du genre, est connu en Irlande sous l’appellation Emerald Noir. Il s’agira d’étudier, tout en les articulant, non seulement les conditions sociales et économiques de l’émergence du roman noir irlandais féminin mais aussi les tropes propres à ce genre et à ses déclinaisons (thrillers psychologiques, Domestic noir,) qui sont autant de façon d’interroger la société sur ses tabous, ses inégalités et ses peurs. A travers les romans du corpus et leurs héroïnes ou anti-héroïnes, c’est tout l’héritage de la femme Angel in the House décrite par Coventry Patmore ou de la Little woman bien connue dans l’imaginaire collectif irlandais et dont parle Liz Nugent qui est remis en question. Pour autant, s’agit-il d’une véritable conquête de liberté, ou ces personnages féminins n’incarnent-ils pas le mythe renouvelé de Sylvia Plath et de sa Mad Girl ? L’étude s’attachera donc aussi à proposer une radiographie de ces personnages féminins (cold girls, dead girls, gone girls, mad girls) qui peuplent désormais la fiction noire contemporaine sous la plume de leurs auteures en Irlande notamment mais aussi en écho aux œuvres du monde anglophone dans son ensemble. Dans une économie mondialisée qui voit une concentration croissante des professionnels de l’édition, la réflexion doit intégrer cette question, celle des choix éditoriaux mais aussi analyser la récurrence dans des littératures nationales distinctes des mêmes archétypes de personnages féminins. C’est un point qui peut être traiter au regard du transnationalisme de mouvements sociaux type #metoo qui ont alimenté le débat public récemment. Pour infirmer ou confirmer ces hypothèses, les outils d’analyse narratologique seront de prime importance. Les questions de focalisation, de narration, de loci et de personnages seront donc centrales dans cette réflexion afin d’éclairer d’une part, les spécificités et tropes du roman noir irlandais au féminin tout en décodant, d’autre part, les messages politiques que ces textes pourraient contenir.


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