L'employabilité des femmes dans et par la société du numérique

par Julie Freire marques

Projet de thèse en Sciences du langage - linguistique

Sous la direction de Gudrun Ledegen et de Nadia Ouabdelmoumen.

Thèses en préparation à Rennes 2 , dans le cadre de Sociétés, Temps, Territoires , en partenariat avec Plurilinguismes, Représentations, Expressions Francophone-Information, Communication, Sociolinguisti (equipe de recherche) depuis le 14-11-2018 .


  • Résumé

    L’Intelligence Artificielle (IA) et les algorithmes sont des outils qui se sont fortement développés au cours des dernières années. L’IA est déjà amplement diffusée dans la société. Elle nous propose le film du soir, le livre du mois, influence la consommation, dans certains pays, elle prévoit les peines d’emprisonnement, etc. Elle se saisit des êtres, de par sa « capacité de capturer, d’orienter, de déterminer, d’intercepter, de modeler, de contrôler et d’assurer les gestes, les conduites, les opinions et les discours des êtres vivants. » (Agamben, 2014). Cette recherche interroge la co-construction entre société et Technique, et plus spécifiquement entre la société et l’IA ou les algorithmes, au prisme d’une approche intersectionnelle (Bilge, 2009). Ainsi, on constate aujourd’hui une sous-représentation des femmes dans les métiers techniques et numériques (Collet, 2018, 2019 ; Chang, 2018), mais aussi une captation des savoirs et des dires sur la Technique par les pays du Nord (Mohamed et al, 2020), ce qui constitue un fort enjeu de pouvoir à une époque où celle-ci impose des hiérarchies, structures et normes (O’Neil, 2018 ; Rouvroy, 2018). Par ailleurs, on observe que l’IA et les algorithmes peuvent reproduire, voire automatiser, les rapports de pouvoir, formes d’oppressions et de marginalisions (Bernheim et al, 2019 ; Bertail et al, 2019). Face à ces risques « d’oppressions algorithmiques » (Noble, 2018), nombre d’organisations se dotent de chartes, principes ou lignes directrices pour une gouvernance éthique de l’IA, voire le développement et le déploiement d’une IA dite inclusive, non-sexiste ou égalitaire. Ce corpus de soft law (Sénac, 2012) laisse entrevoir un espace de négociation entre les différentes instances et constitue un jeu de définition des normes de l’éthique de l’IA dont découleront « […] des décisions politiques sur des modes de vie du futur » (Berleur et Poullet, 2002). La recherche appréhende de fait la gouvernance de l’Intelligence Artificielle au prisme d’une approche intersectionnelle : les discours, instruments de (auto-)régulation et leur déploiement dans les équipes techniques et numériques. En nous appuyant sur les sciences de l’information-communication, les sciences du langage et les études de genre, nous interrogeons la portée des instruments de gouvernance éthique et inclusive de l’IA à la fois sur la construction de la Technique elle-même, mais aussi au sein des équipes qui la construisent, de même que dans la société.

  • Titre traduit

    Women's employability in and through the digital society


  • Résumé

    Artificial Intelligence (AI) and algorithms are tools that have developed strongly in recent years. AI is already widely used in society. It offers us the movie of the evening, the book of the month, influences consumption, in some countries, it predicts prison sentences, etc. It seizes beings, through its "capacity to capture, orient, determine, intercept, model, control and ensure the gestures, behaviors, opinions and discourses of living beings. " (Agamben, 2014).This research questions the co-construction between society and Technique, especially between society and AI or algorithms, through the lens of an intersectional approach (Bilge, 2009). We observe today an under-representation of women in technical and digital professions (Collet, 2018, 2019; Chang, 2018), but also a capture of knowledge and sayings about Technique by the countries of the North (Mohamed et al, 2020), which constitutes a strong power issue at a time when it imposes hierarchies, structures and norms (O'Neil, 2018; Rouvroy, 2018).This research questions the co-construction between society and Technique, and more specifically between society and AI or algorithms, through the lens of an intersectional approach (Bilge, 2009). We observe today an under-representation of women in technical and digital professions (Collet, 2018, 2019; Chang, 2018), but also a capture of knowledge and sayings about Technique by the countries of the North (Mohamed et al, 2020), which constitutes a strong power issue at a time when it imposes hierarchies, structures and norms (O'Neil, 2018; Rouvroy, 2018).Moreover, it is observed that AI and algorithms can reproduce, or even automate, power relations, forms of oppression and marginalization (Bernheim et al, 2019; Bertail et al, 2019). Faced with these risks of "algorithmic oppressions" (Noble, 2018), many organizations are adopting charters, principles or guidelines for the ethical governance of AI, or even the development and deployment of inclusive, non-sexist or egalitarian AI. This corpus of soft law (Sénac, 2012) suggests a space for negotiation between the various bodies and constitutes a game of defining the norms of AI ethics from which "[...] political decisions on the lifestyles of the future" (Berleur and Poullet, 2002) will depend on. The research apprehends the governance of Artificial Intelligence through the prism of an intersectional approach: discourses, instruments of (self-)regulation and their deployment in technical and digital teams. Drawing on information and communication sciences, language sciences and gender studies, we question the scope of the instruments of ethical and inclusive governance of AI both in the construction of the Technique itself, but also within the teams that build it, as well as in society.