Analyse économique des traitements de l'infertilité à partir des données de l'échantillon généraliste de bénéficiaires

par Bastien Bourrion

Projet de thèse en Santé publique - sciences économiques

Sous la direction de Nathalie Pelletier-fleury.

Thèses en préparation à université Paris-Saclay , dans le cadre de École doctorale Santé Publique , en partenariat avec Centre de Recherche en épidémiologie et Santé des populations (laboratoire) , Soins primaires et prévention (equipe de recherche) et de Faculté de médecine (référent) depuis le 31-10-2018 .


  • Résumé

    Problématique scientifique générale L' infécondité involontaire correspond à l'absence de grossesse chez un couple ayant des rapports en l'absence de contraception pour une durée donnée d'au moins 12 mois (1). Il existe trois types de traitement des problèmes de fertilité : le traitement médical (induction hormonale), le traitement chirurgical et l'assistance médicale à la procréation (AMP). L'AMP comprend l'insémination intra-utérine et la fécondation in vitro (FIV). La première ligne de traitement consiste en une induction hormonale de l'ovulation et concerne neuf couples sur dix alors que seulement un couple sur trois est pris en charge par une FIV (2). De nombreux médicaments sont disponibles pour l'induction de l'ovulation : par exemple, il existe sept noms de médicaments différents avec un total de 18 présentations pour la même indication. Les techniques de procréation médicalement assistée (PMA) constituent le traitement de deuxième intention disponible dans la prise en charge de l'infertilité. A l'heure actuelle, l'induction hormonale ne relève pas des mêmes enjeux bioéthiques et ne bénéficie pas d'un contrôle aussi important que les techniques de PMA. Le recours aux techniques de PMA n'a cessé d'augmenter au cours des dernières décennies. Actuellement, on compte près de 140 000 PMA par an et 25 000 naissances y sont associées, ce qui représente 3% des enfants nés en France (3–5). Après 12 mois de rapports sexuels non protégés, un couple sur quatre n'obtient pas de grossesse et 31,7% des grossesses surviennent au bout d'un délai supérieur à 6 mois (6). La proportion de traitement médical de l'infertilité de femmes ayant accouché en France métropolitaine est évaluée à 6,5% (IC95% 6,1 – 7,0%) (7). Dans notre société, devenir parent est considéré comme un objectif de vie important et le nombre de recours à une assistance médicale pour l'obtention d'un enfant devrait continuer d'augmenter. En effet, plusieurs facteurs socio¬démographiques sont à prendre en compte : Premièrement, l'allongement du temps d'études, les difficultés à obtenir un emploi stable, les enfants d'une deuxième union, etc. font que l'âge de la maternité recule parallèlement à une augmentation du risque d'infecondité (8,9). Deuxièmement, le risque d'infertilité dans notre société augmente chez l'homme et chez la femme parce qu'ils sont exposés à de nouveaux environnements parallèlement à des changements de comportements qui menacent la fertilité. On peut citer l'exposition au tabac, l'obésité, l'alcool, le port de jeans serrés pour l'homme, etc (1). Troisièmement, la communication et la banalisation autour des techniques d'aide à la procréation et l'évolution des mentalités font que la notion de « donner du temps au temps » n'est plus envisageable pour les patients (10). Le manque de sources de données pour explorer les traitements de l'infertilité a été jusqu'à présent le principal obstacle au développement de la recherche épidémiologique et économique dans ce domaine en France mais également au niveau international. Ainsi, on méconnait les parcours de soins des femmes ayant recours aux traitements de l'infertilité, leurs déterminants et le poids économique qu'ils représentent. On peut faire l'hypothèse que les parcours de soins sont hétérogènes du fait d'une demande de prise en charge variée en fonction des caractéristiques des femmes et de leurs parcours antérieurs, de la variabilité des pratiques professionnelles, et d'une offre de services disparate en fonction des territoires. On peut aussi faire l'hypothèse que des écarts aux parcours de soins « idéaux » sont source de dépenses évitables. Enfin, que ces dépenses évitables sont probablement majorées par des changements dans les conditionnements des médicaments de l'infécondité qui n'ont fait que s'amplifier ces dernières années. Par exemple, le Gonal-F® existe sous la forme de 5 boites avec des dosages différents et des prix allant de 30,70€ à 388,98€. Objectifs scientifiques de la thèse Cette thèse a 3 objectifs : • Le 1er objectif sera de repérer les principaux parcours de soins des patientes ayant recours aux traitements de l'infecondité et de les valoriser (c'est-à-dire les transformer en unités monétaires). • Le 2è objectif sera d'analyser les déterminants de ces parcours en prenant en compte à la fois des variables d'offre (densité médicale de généralistes, de gynécologues, d'hôpitaux, de centres de PMA, etc) et de demande de soins (caractéristiques socio-démographiques des patientes, co-morbidités, types de professionnels qui les prennent en charge, etc.). • Le 3è objectif sera d'étudier l'impact économique de l'écart aux parcours de soins « idéaux ». Travaux projetés - méthodes & moyens Ce projet de thèse s'inscrit dans le volet économique d'un projet plus large piloté par Elise de le Rochebrochard (DR, INED) intitulé StimHo: Health big data to track hidden treatments of infertility ayant reçu un financement ANR pour la période 2018-2022.

  • Titre traduit

    Economic analysis of infertility treatments using data from the generalist sample of beneficiaries


  • Résumé

    Involuntary infertility is the absence of pregnancy in a couple having intercourse in the absence of contraception for a given period of at least 12 months. There are three types of treatment for fertility problems: medical treatment (hormone induction), surgical treatment and assisted reproductive technology (ART). ART includes intrauterine insemination and in vitro fertilization (IVF). The first line of treatment consists of hormonal induction of ovulation and concerns nine out of ten couples, while only one out of three couples is treated with IVF. There are many drugs available for ovulation induction: for example, there are seven different drug names with a total of 18 presentations for the same indication. Assisted reproductive technologies are the second-line treatment available in the management of infertility. At present, hormone induction does not fall under the same bioethical issues and does not benefit from the same level of control as MAP techniques. The use of PMA techniques has increased steadily over the last decades. Currently, there are nearly 140,000 PMA per year and 25,000 births are associated with them, representing 3% of the children born in France. After 12 months of unprotected sexual intercourse, one couple out of four does not become pregnant and 31.7% of pregnancies occur after more than 6 months. The proportion of medical treatment for infertility of women who have given birth in metropolitan France is estimated at 6.5% (95% CI 6.1 - 7.0%). In our society, becoming a parent is considered an important life goal and the number of recourse to medical assistance to obtain a child is expected to continue to increase. Indeed, several socio-demographic factors must be taken into account: Firstly, the lengthening of study time, difficulties in obtaining stable employment, children from a second union, etc., mean that the age of motherhood is declining in parallel with an increase in the risk of infectivity. Secondly, the risk of infertility in our society increases for both men and women because they are exposed to new environments in parallel with changes in behavior that threaten fertility. These include exposure to tobacco, obesity, alcohol, wearing tight jeans for men, etc. Thirdly, the communication and trivialization of assisted reproduction techniques and changes in mentalities mean that the notion of "giving time to time" is no longer feasible for patients. The lack of data sources to explore infertility treatments has so far been the main obstacle to the development of epidemiological and economic research in this field in France but also at the international level. For example, the care pathways of women using infertility treatments, their determinants and the economic weight they represent are not well known. It can be hypothesized that care pathways are heterogeneous due to a demand for care that varies according to the characteristics of women and their previous care pathways, the variability of professional practices, and a disparate supply of services depending on the region. It can also be hypothesized that differences in "ideal" care pathways are a source of avoidable expenditure. Finally, that these avoidable expenditures are probably increased by changes in the packaging of infertility drugs, which have only increased in recent years. For example, Gonal-F® exists in 5 boxes with different dosages and prices ranging from €30.70 to €388.98. This work has 3 objectives: - The first objective will be to identify the main care pathways of patients using infectivity treatments and to value them (i.e. transform them into monetary units). - The 2nd objective will be to analyze the determinants of these care pathways by taking into account both supply variables (medical density of general practitioners, gynecologists, hospitals, MAP centers, etc.) and care demand variables (socio-demographic characteristics of patients, co-morbidities, types of professionals who care for them, etc.). - The 3rd objective will be to study the economic impact of the gap in "ideal" care pathways. Projected work - methods & means This work project is part of the economic component of a larger project led by Elise de le Rochebrochard (DR, INED) entitled StimHo: Health big data to track hidden treatments of infertility that has received ANR funding for the period 2018-2022. Translated with www.DeepL.com/Translator (free version)