Collégiales et territoires dans les diocèses de Reims et Châlons (IXe-XVe siècles)

par Nicolas Philippe

Projet de thèse en Histoire et civilisation

Sous la direction de Véronique Beaulande et de Anne Massoni.

Thèses en préparation à Reims , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'homme et de la société (Reims, Marne) , en partenariat avec (CERHIC) Centre d'Etude et de Recherche en HIstoire Culturelle (laboratoire) depuis le 19-12-2018 .


  • Résumé

    Le sujet de ce doctorat porte sur les « Collégiales et territoires dans les diocèses de Reims et Châlons (IXe-XVe siècles) » Cette étude s'inscrit dans la continuité des travaux actuels sur les collégiales séculières, notamment dans la droite ligne des recherches menées par Anne Massoni et son groupe de recherches. Il s'agit d'explorer de nouveaux axes de travail n'étudiant plus les collégiales séculières dans une perspective monographique mais en les plaçant davantage dans / comme un réseau de relations pour un espace donné. Cette recherche s'inscrit dans les études actuelles portant sur la territorialisation des espaces, des pouvoirs, comme ceux de Fl. Mazel, soumis à débâts (MAZEL (Fl.), L'évêque et le territoire. L'invention médiévale de l'espace (Ve-XIIIe siècle), Paris, 2016). Elle s'insère également dans les nouvelles perspectives d'études de la réforme de l'Eglise du Moyen Age central. Enfin, elle s'inscrit dans la continuité des travaux en autres menés par M. Sot (SOT (M.), Un historien et son église, Flodoard de Reims, Paris, 1993), P. Demouy (DEMOUY (P.), Genèse d'une cathédrale, Langres, 2005) et P. Desportes (DESPORTES (P.), Reims et les Rémois aux XIIIe et XIVe siècles, Paris, 1979) sur le diocèse de Reims. Cette recherche peut également apporter de nouvelles connaissances sur un diocèse de Châlons encore peu exploré, dans la continuité des études de S. Guilbert et J.P. Ravaux. I. Bornes spatiales et chronologiques 1. Espace dans lequel s'inscrit la recherche Cette recherche est réalisée à l'échelle des diocèses de Châlons et de Reims. Ces deux diocèses permettent d'étudier des institutions pouvant s'avérer bien différentes entre celles qui dépendent des comtes de Champagne, des châtelains, de l'archevêque, et des évêques. Les pistes de recherches s'inscrivent donc également dans une logique comparative. Outre ces différents pouvoirs, ces diocèses en position de frontière font des collégiales une institution relayant l'influence politique au sein de ces marches. Ces limites spatiales offrent également un corpus de sources permettant de répondre à nos problématiques. 2. Bornes chronologiques L'étude débute en 816, le concile d'Aix étant fondateur dans la définition de l'ordre canonial. La fin de l'étude doit être encore définie plus précisément. Les pistes envisagées sont l'annexion du comté de Champagne au domaine royal, après le mariage entre Jeanne de Navarre et Philippe IV en 1184 ; intégration effective sous Louis X (1314-1316). En effet, les puissances politiques ayant eu un rôle sur les collégiales ont été modifiées. Elle pourrait également correspondre à la fin de la guerre de Cent Ans. En effet, ce conflit a pu avoir un réel impact sur le temporel, sur l'emprise territoriale et sur la composition des chapitres des collégiales séculières. Une étude approfondie des sources permettra de déterminer la pertinence de ces limites dès la première année de doctorat. II. Thématiques envisagées 1. Les collégiales séculières : un acteur de la morphogenèse des diocèses et du renforcement du pouvoir épiscopal A partir du XIe s. la fonction épiscopale s'émancipe de la tutelle des grands laïcs. La « restauration » de l'autorité de l'évêque et de son prestige sur les clercs et les lieux de culte au sein de son diocèse est une des données importantes de ce processus qui s'intègre dans la Réforme grégorienne. Même si le monde monastique est le grand bénéficiaire du phénomène, le volume de transfert des lieux de culte des mains des laïcs vers le patrimoine épiscopal ou des chapitres cathédraux n'en demeure pas moins inédit. Outre ces résignations entre les mains de l'Eglise, la croissance démographique du Moyen Age central fait que l'institution ecclésiale doit s'adapter pour gérer cette augmentation du nombre de fidèle, ce qui a pu se matérialiser par la création de nouvelles paroisses au sein des diocèses. L'étude des collégiales séculières des diocèses de Reims et de Châlons-sur-Marne montre que les grands ecclésiastiques (évêque, archevêque, chapitres cathédraux) ont choisi cette institution séculière pour gérer cette forte augmentation d'autels, de dîmes et des autres revenus à la charge des pouvoirs épiscopaux et des chapitres cathédraux. Il est remarquable que les dotations originelles mentionnées dans les chartes des fondations des XIe et XIIe siècles soient souvent constituées exclusivement de cures et de dîmes. Ce rôle des collégiales séculières dans la territorialisation du diocèse peut également être mis en avant dans l'établissement de la frontière septentrionale du diocèse de Reims. En effet, dans cette zone de confins du massif ardennais, aux limites du diocèse de Liège, le sanctuaire de Braux aux origines épiscopales est devenu une collégiale contrôlant une série de cures marquant cette limite diocésaine dans l'espace, faisant un effet miroir avec une collégiale du diocèse de Liège. Ensuite, la cité de l'évêque est le lieu central de sa parrochia autour duquel "s'organise l'espace rural de manière hiérarchisée en cercles successifs au fur et à mesure que l'on en s'éloigne " (Fl. Mazel L'évêque et le territoire. L'invention médiévale de l'espace (Ve-XIIIe siècle), Paris, 2016, p. 91). Néanmoins, l'étude des deux diocèses et particulièrement celui de Reims, pourrait montrer que les collégiales sont les relais de cette influence ou de ce contrôle de l'espace diocésain. Elles seraient des "lieux épiscopaux" polarisant des régions éloignées de la cité et notamment aux espaces de confins. En outre, dans la gestion au quotidien, le nombre de chanoines au sein de ces chapitres séculiers offre la possibilité de gérer les paroisses, les conflits entre paroissiens etc. Il faudrait également travailler sur les interventions des évêques et des archevêques au profit de collégiales seigneuriales afin d'identifier les évolutions juridictionnelles perceptibles entre les XIe et les XIIIe s et leur implication dans l'encadrement spirituel des chapitres. Les collégiales séculières ayant comme fondateur un Grand ecclésiastique pourraient donc avoir été perçues comme « outils administratifs et de gestion » au service des évêques de la réforme grégorienne, notamment dans une région où les prélats sont peu enclins à laisser se propager les grands ordres monastiques pour défendre leurs privilèges. 2. Les collégiales séculières : un acteur dans la gestion des principautés Les fondations de collégiales par les comtes au sein des deux diocèses peuvent révéler ou confirmer l'importance de ces institutions dans l'établissement de leur pouvoir sur une région. Les comtes de Champagne ont fondé des collégiales séculières prestigieuses, offrant un personnel qualifié, notamment de notaires. Comme l'a montré P. Corbet, Henri Ier le Libéral (1152-1181) a renoué avec la vague des fondations de collégiales séculières en créant des chapitres exceptionnels par le nombre de prébendes (P. Corbet, « Les collégiales comtales de Champagne (vers 1150-vers 1230) », dans Annales de l'Est, 1977-3, p. 195-241). L'étude du diocèse de Châlons montre que Blanche de Navarre, régente du comté de Champagne, reprend cette politique, en créant l'exceptionnel chapitre de Vitry-en-Perthois en y prévoyant l'installation de cent chanoines. Il faut essayer de comprendre quelles sont les motivations des comtes et comtesses, le nombre de prébendes fondées en trois siècles étant considérable, bien plus que nécessaire pour mettre à disposition un personnel qualifié. Ces institutions, sous la mainmise du comte qui possède les droits de collation, ont dans leur dotation de vastes censives et semblent avoir un réel rôle économique et de gestion à l'échelle du comté. Il est également probable que ces fondations doivent être mises en lien avec la situation de concurrence entre les comtes et le pouvoir royal sur des territoires stratégiques. Enfin, les dignitaires ou chanoines ont pu être choisis parmi des alliés ou des grandes familles du comté. Une étude prosopographique permettra de corroborer cette théorie. Dans les régions où le pouvoir comtal est moins présent, des châtelains ont également fondé leurs propres institutions. Dans la mesure où les sources le permettent, il faut étudier les finalités et l'impact territorial de ces fondations, notamment dans l'établissement de nouveaux pouvoirs politiques sur leur région. Un nombre important de ces fondations seigneuriales sont régularisées au XIIe s. L'étude de ce phénomène devra permettre de comprendre si la réforme de l'Eglise esr la seule explication de ces régularisations ; il faudra également étudier l'impact de ces régularisations en terme territorial. De même, la réduction à trente du nombre de prébendes de la collégiale de Vitry quelques années après sa fondation doit être analysée, et notamment sous l'angle du temporel donné par la comtesse pour doter le chapitre. 3. Les collégiales séculières : un acteur de la morphogenèse urbaine L'étude des collégiales séculières des deux diocèses pourrait montrer que les seigneurs laïques ou ecclésiastiques leur ont dévolu la tâche de développer les espaces urbains. En effet, des collégiales des cités de Reims et de Châlons possédaient des censives situées à l'extérieur des remparts, et cela vraisemblablement dès leur fondation. L'évêque, soucieux de développer sa cité et d'en tirer profits, a pu donner aux collégiales qu'il venait de fonder cette mission de gestion et de développement des faubourgs urbains, tant au niveau spirituel que temporel. Il semblerait que les collégiales comtales et châtelaines des diocèses eurent également cette fonction d'administrer les vastes possessions et droits seigneuriaux détenus par leurs fondateurs. Ces chapitres séculiers, de fondation ecclésiastique ou laïque, ont acquis ensuite de nouveaux biens et droits. Outre des politiques d'achat, ces acquisitions sont intimement liées aux pratiques spirituelles qui restent au cœur même du rôle des chanoines dans la société médiévale grâce aux donations obituaires. Il est intéressant d'étudier l'emprise foncière et des droits perçus sur un territoire ainsi que son évolution. L'accroissement de ces propriétés a eu vraisemblablement des conséquences sur les liens entre les chapitres et les différents pouvoirs, mais également des liens avec les fidèles, paroissiens ou non des cures contrôlées par les chapitres. 4. Les chanoines et chapelains des collégiales : un réseau de relations « territoriales » ? Etudier le rôle de chapitres séculiers au sein d'un territoire nécessite d'étudier les individus et les liens qu'ils ont pu nouer au sein de cet espace. Une étude prosopographique sera donc réalisée à l'échelle des deux diocèses. Elle doit permettre d'étudier les réseaux relationnels des chanoines et des chapelains des collégiales. Ces liens avec les fondateurs, avec les pouvoirs temporels et spirituels, pourraient mettre en évidence un recrutement local ou au contraire mettre en avant des liens dépassant le territoire diocésain. Au XIIe siècle, les locaux semblent très présents mais l'étude de la composition des chapitres aux XIIIe et XIVe siècles, au moment où les papes et le roi interviennent de plus en plus dans les collations, permettrait de déterminer si les chanoines sont toujours issus de l'espace proche. Il s'agira également d'étudier les carrières des chanoines à l'échelle du diocèse afin de mettre en évidence des stratégies dans leur « parcours canonial ». Les relations entre les autorités et les chapitres en tant que corps constitué doivent être étudiées dans un travail portant sur la territorialisation de ces institutions. Il faudra donc comprendre comment ces autorités gardent une influence juridictionnelle, morale, politique, économique sur les communautés de chanoines, au travers de visites épiscopales, comtales, de processions et autres moments d'unités ou lors de procédures civiles ou spirituelles.

  • Titre traduit

    Collegiates churches and territories in the dioceses of Reims and Chalons (9th-15th centuries)


  • Résumé

    The subject of this doctorate is "Collegiales and territories in the dioceses of Reims and Chalons (9th-15th centuries)" This study is a continuation of current work on secular colleges, especially in line with the research conducted by Anne Massoni and his research group. It is about exploring new lines of work no longer studying secular colleges in a monographic perspective but placing them more in / as a network of relations for a given space. This research is part of current studies on the territorialization of spaces, powers, such as those of Fl. Mazel, subject to debates (MAZEL (Fl.), L'évêque et le territoire. L'invention médiévale de l'espace (Ve-XIIIe siècle), Paris, 2016). It is also part of the new perspectives of studies of the reform of the Church of the Middle Middle Ages. Finally, it is a continuation of the work in others led by M. Sot (SOT (M.), Un historien et son église, Flodoard de Reims, Paris, 1993), P. Demouy (DEMOUY (P.), Genèse d'une cathédrale, Langres, 2005) and P. Desportes (DESPORTES (P.), Reims et les Rémois aux XIIIe et XIVe siècles, Paris, 1979) for the diocese of Reims. This research can also bring new knowledge on a diocese of Chalons still little explored, in the continuity of the studies of S. Guilbert and J. P. Ravaux. I. Spatial and chronological boundaries 1. Space in which the research falls This research is carried out at the scale of the dioceses of Chalons and Reims. These two dioceses make it possible to study institutions that may be very different between those who depend on the counts of Champagne, the castellans, the archbishop, and the bishops. The research tracks are also part of a comparative logic. In addition to these different powers, these dioceses in a position of border make the collegiate an institution relaying the political influence within these marches. These spatial limits also offer a body of sources to answer our problems. 2. Chronological boundaries The study begins in 816, the council of Aix being founder in the definition of the canonical order. The end of the study needs to be further defined. The tracks considered are the annexation of the county of Champagne to the royal domain, after the marriage between Jeanne de Navarre and Philippe IV in 1184; effective integration under Louis X (1314-1316). Indeed, the political powers that had a role on the collegiate have been modified. It could also be the end of the Hundred Years War. Indeed, this conflict could have a real impact on the temporal, on the territorial hold and on the composition of chapters of secular colleges. An in-depth study of the sources will make it possible to determine the relevance of these limits from the first year of the doctorate. II. Proposed topics 1. Secular Collegiales: An Actor in the Morphogenesis of Dioceses and the Strengthening of Episcopal Power From the 11th century. the episcopal function is emancipated from the guardianship of the great laity. The "restoration" of the bishop's authority and prestige over the clergy and places of worship within his diocese is one of the important data of this process, which is part of the Gregorian Reformation. Even if the monastic world is the great beneficiary of the phenomenon, the volume of transfer of the places of worship from the hands of the laity to the episcopal heritage or chapters cathedrals remains none the less original. In addition to these resignations in the hands of the Church, the population growth of the Middle Middle Ages means that the ecclesial institution must adapt to manage this increase in the number of faithful, which could be materialized by the creation of new parishes in within the dioceses. The study of the secular colleges of the dioceses of Reims and Châlons-sur-Marne shows that the great ecclesiastics (bishop, archbishop, cathedral chapters) have chosen this secular institution to manage this strong increase of altars, tithes and other incomes at the expense of episcopal powers and cathedral chapters. It is remarkable that the original endowments mentioned in the charters of the foundations of the eleventh and twelfth centuries are often composed exclusively of cures and tithes. This role of secular colleges in the territorialization of the diocese can also be highlighted in the establishment of the northern boundary of the diocese of Reims. Indeed, in this area of the Ardennes, on the borders of the diocese of Liège, the Braux sanctuary with its episcopal origins became a collegiate controlling a series of cures marking this diocesan limit in space, making a mirror effect with a collegiate of the diocese of Liège. Then, the city of the bishop is the central place of its parrochia around which "the rural space is organized in a hierarchical manner in successive circles as one moves away from it" (Fl. Mazel, L'évêque et le territoire. L'invention médiévale de l'espace (Ve-XIIIe siècle), Paris, 2016, 91). Nevertheless, the study of the two dioceses and particularly that of Reims, could show that the collegiate ones are the relays of this influence or this control of the diocesan space. They would be "episcopal places" polarizing distant regions of the city and in particular the spaces of confines. Moreover, in the day-to-day management, the number of canons within these secular chapters offers the possibility of managing parishes, conflicts between parishioners etc. It would also be necessary to work on the interventions of bishops and archbishops in favor of seigneurial collegiate ones in order to identify the perceptible jurisdictional evolutions between the 11th and the 13th centuries and their implication in the spiritual supervision of the chapters. Secular colleges having as their founder a Grand Ecclesiastic could therefore have been perceived as "administrative and management tools" in the service of the bishops of the Gregorian reform, particularly in a region where prelates are reluctant to let the great monastic orders spread for defend their privileges. 2. The secular colleges: an actor in the management of principalities Collegial foundations by the counts in both dioceses can reveal or confirm the importance of these institutions in establishing their power over a region. The Counts of Champagne founded prestigious secular colleges, offering qualified staff, including notaries. As P. Corbet has shown, Henry I the Liberal (1152-1181) has returned to the wave of secular college foundations by creating exceptional chapters by the number of prebends (P. Corbet, "Les collegiales comtales de Champagne" ( vers 1150 à 1230), dans Annales de l'Est, 1977-3, pp. 195-241). The study of the diocese of Chalons shows that Blanche de Navarre, regent of the county of Champagne, takes this policy, creating the exceptional chapter of Vitry-en-Perthois by providing for the installation of one hundred canons. We must try to understand what are the motivations of counts and countesses, the number of prebends founded in three centuries being considerable, much more than necessary to provide qualified personnel. These institutions, under the control of the earl who owns the rights of collation, have in their endowment vast censives and seem to have a real economic and management role at the county level. It is also likely that these foundations should be linked to the competitive situation between the counts and the royal power over strategic territories. Finally, the dignitaries or canons could be chosen from allies or large families of the county. A prosopographic study will corroborate this theory. In areas where county power is less present, castellans also founded their own institutions. To the extent that the sources permit, it is necessary to study the aims and the territorial impact of these foundations, particularly in the establishment of new political powers in their region. A large number of these seigneurial foundations were regularized in the 12th century. The study of this phenomenon should make it possible to understand whether the reform of the Church is the only explanation for these regularizations; it will also be necessary to study the impact of these regularizations in territorial terms. Similarly, the reduction to thirty of the number of prebends of the Collegiate of Vitry a few years after its foundation must be analyzed, and in particular in terms of time given by the countess to endow the chapter. 3. Secular colleges: an actor of urban morphogenesis The study of the secular colleges of the two dioceses could show that secular or ecclesiastical lords have devolved the task of developing urban spaces. Indeed, colleges of the cities of Reims and Châlons had censives located outside the walls, and this probably from their foundation. The bishop, anxious to develop his city and benefit from it, was able to give the collegiate that he had just founded this mission of management and development of the urban suburbs, both spiritually and temporally. It would seem that the county and county chieftains of the dioceses also had the function of administering the vast possessions and seigniorial rights held by their founders. These secular chapters, of ecclesiastical or secular foundation, then acquired new property and rights. In addition to purchasing policies, these acquisitions are intimately linked to spiritual practices that remain at the very heart of the role of canons in medieval society through obituary donations. It is interesting to study the land holdings and the rights collected on a territory as well as its evolution. The increase of these properties has probably had consequences for the links between the chapters and the different powers, but also for links with the parishioners, parishioners or not, of the cures controlled by the chapters. 4. The canons and chaplains of the collegiate: a network of "territorial" relations? Studying the role of secular chapters within a territory requires studying the individuals and the links they have been able to establish within this space. A prosopographic study will therefore be carried out at the level of the two dioceses. It must make it possible to study the relational networks of canons and college chaplains. These links with the founders, with the temporal and spiritual powers, could highlight a local recruitment or on the contrary put forward links beyond the diocesan territory. In the twelfth century, the locals seem very present but the study of the composition of the chapters in the thirteenth and fourteenth centuries, when the popes and the king intervenes more and more in snacks, would determine if the canons are always from from near space. It will also study the careers of canons throughout the diocese to highlight strategies in their "canonical journey". The relations between the authorities and the chapters as constituted bodies must be studied in a work on the territorialization of these institutions. It will be necessary to understand how these authorities maintain a jurisdictional, moral, political, economic influence on the communities of canons, through episcopal visits, counts, processions and other moments of units or during civil or spiritual procedures.