Le marché de l'art parisien autour de 1700

par Alexandra Ermakoff

Projet de thèse en Histoire de l'art

Sous la direction de Emmanuelle Brugerolles et de Audrey Nassieu maupas.

Thèses en préparation à Paris Sciences et Lettres , dans le cadre de École doctorale de l'École pratique des hautes études (Paris) , en partenariat avec Savoirs et Pratiques du Moyen Âge au XIXe siècle (Paris) (laboratoire) et de École pratique des hautes études (Paris) (établissement de préparation de la thèse) depuis le 31-08-2018 .


  • Résumé

    Le XVIIe siècle permit aux artistes et aux marchands de tableaux parisiens de gravir l'échelle sociale et de s'enrichir, aussi bien financièrement que culturellement. Au cours du siècle, l'augmentation du prix des œuvres, de leur qualité et de la fortune personnelle des peintres et des marchands est indiscutable. Au début du XVIIe siècle, le commerce parisien de tableaux était essentiellement dominé par des peintres relativement peu lettrés et cultivés. À partir de la moitié du siècle, ils furent remplacés par de véritables connaisseurs. C'est ainsi que certains marchands, qui ne pouvaient faire prévaloir une carrière d'artiste, réussirent à s'imposer au sein du marché parisien. Tel fut le cas du banquier allemand Everhard Jabach qui s'immisça au sein du commerce parisien grâce à ses talents d'expert en matière de tableaux. Il ne faut sans doute pas omettre l'influence de l'Académie royale sur cette évolution des pratiques commerciales et du mode de vie des peintres qui se trouvaient, pour certains d'entre eux, logés aux galeries du Louvre. Si l'Académie défendait à ses membres de tenir boutique pour mieux se différencier des maîtres peintres de la corporation, plusieurs d'entre eux ne renoncèrent pas à leur carrière de marchand. Pensons notamment aux Coypel, à Charles Hérault, Jean Forest ou encore Nicolas de Largillière. Nul doute que les conférences qui se tinrent en son sein aiguisèrent les qualités d'historiens de ses membres et les poussèrent à prendre conscience du caractère universel et intemporel de l'art. Chacun d'entre eux avait la possibilité de se spécialiser dans un genre et d'étudier sans relâche les travaux des grands maîtres du passé ainsi que ceux de leurs homologues flamands, néerlandais, espagnols ou italiens. L'apprentissage du peintre n'avait plus de fin et l'Académie joua un rôle incontestable dans la formation d'artistes érudits. L'augmentation de la valeur des œuvres alla évidemment de pair avec l'évolution du statut de l'artiste. Au début du XVIIIe siècle, les prix des œuvres avaient considérablement augmenté et le marché des dessins commençait à prendre son essor. Les débats de l'Académie secouaient le milieu artistique parisien et les premières théories françaises sur l'art vinrent poindre. La collection d'art se répandait au sein des plus hautes sphères de la société. Les grands de la cour, qui avaient pourtant longtemps regardé avec hauteur les « curieux » qui s'attachaient à amasser en nombre des objets rares et singuliers, se mirent à suivre le modèle de Mazarin et s'intéressèrent à leur tour aux tableaux, aux sculptures et autres objets d'art, souvent à des fins de promotion sociale. 

  • Titre traduit

    The art market in Paris around 1700


  • Résumé

    The 17th Century is a period when artists and art dealers managed to climb the social ladder and get richer, financially as well as culturally. During the century, the rise of artworks prices, quality and of the painters and merchants' personal fortune is undeniable. At the beginning of the century, the painting market in Paris was mainly dominated by painters with low education and general knowledge. From the middle of the century on, they found themselves replaced by real experts. This is how certain dealers, who could not bring to the front any artistic career, managed to impose themselves among the Parisian art market. This was the case of German banker Everhard Jabach who worked his way through the Parisian market thanks to his skills in painting expertise. The influence of the Royal Academy on the evolution of commercial practices and artists' daily lives – for certain of its members were housed in the Galeries du Louvre - shall not be forgotten. If the Academy forbade its members to hold a shop in order to differentiate themselves from the masters of the corporation, several of them did not give up on their business careers – such as the Coypel, Charles Hérault, Jean Forest or Nicolas de Largillière. No doubt the conferences given there sharpened the skills of its members in art history and pushed them to acknowledge the global and timeless nature of art. Every one of them had the possibility to get specialised in a genre and study over and over the works of the great masters of the past and those of their Flemish, Dutch, Spanish or Italian counterparts. The painter's learning had no more ending and the Academy played an undeniable part in the turning of artists into scholars. The rise of artworks value went of course together with the evolution of artists' social status. At the beginning of the 18th Century, artworks prices had significantly risen and the drawings market was starting to grow. The debates organised by the Academy were agitating the Parisien artistic scene and the first French theories on art had just been published. Art collections were flourishing among the highest social spheres. The aristocrats of the Court, who had long looked with paternalism at « curieux » who liked to gather many singular and rare objects, started to follow the model given by Mazarin and got interested in paintings, sculptures and other art pieces, often for social promotion purposes.