Rome et les peuples de Gaule du Centre-Est (IIe s. av. J.-C. - Ier s. ap. J.-C.) : clientélisme, amitié et traités. Approche numismatique et archéologique.

par Alexis Bonnefoy

Projet de thèse en Langues histoire Civilisations des Mondes anciens

Sous la direction de Matthieu Poux et de Arnaud Suspène.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de École doctorale Sciences sociales (Lyon) depuis le 19-11-2018 .


  • Résumé

    Le travail de thèse se propose d’étudier les liens structurés par le clientélisme, l’amitié et les traités dans les cités du Centre-Est de la Gaule du IIe s. av. J.-C. au Ier s. ap. J.-C. S’ils occupent une place prépondérante dans la réflexion, les textes ne constituent pas la seule source à notre disposition : il apparait, au vu de plusieurs travaux récents menés en Bretagne insulaire et en Gaule du Nord, que la numismatique et l’archéologie peuvent aussi nous renseigner sur le sujet. En effet, l’iconographie et l’épigraphie monétaires portent la marque des relations politiques entre les chefs gaulois et Rome, mais aussi entre les cités gauloises elles-mêmes. Quant à l’archéologie, il semble que certains mobiliers assimilés à des insignes de pouvoir et de prestige jouent un rôle particulier dans le cadre de relations diplomatiques. Le clientélisme, l’amitié et plus généralement les traités procèdent de la pratique diplomatique entretenue entre Rome et ses voisins, bien que chacune de ces notions possède, dans les sources latines, une définition particulière. Le clientélisme désigne initialement une relation individuelle selon laquelle un client, une personne libre et indépendante, se met dans une relation d’allégeance envers un patron. Avec l’expansion de l’empire romain, la clientela a été étendue à des peuples et à des membres de l’élite extérieurs à l’Italie, notamment hispaniques et gaulois. Toutefois le recours au clientélisme pour désigner la relation entre Rome et les chefs étrangers demeure rare, l’amitié (amicitia) étant le plus souvent évoquée. Les rapports entre Rome et ses « rois-clients », selon l’expression consacrée, relèverait de l’amitié et non du clientélisme ; ce qui n’empêche pas que des membres de l’élite aient été les clients de généraux romains. Ces relations sont le plus souvent garanties par un traité (foedus). De plus, elles mettent en jeu des pratiques bien décrites par les textes comme l’échange d’otages (obsides). Les otages, qu’ils soient échangés, pris ou remis, constituent les garanties d’un accord politique, permettant de s’assurer la fidélité de la partie adverse. Généralement, ils sont choisis parmi les proches et la descendance de l’élite dirigeante. Enfin, il faut indiquer que ces types de relations ne concernent pas uniquement Rome : les Gaulois ont pu y avoir recours entre eux, certaines cités établissant ainsi des alliances ou imposant leur domination à d’autres. Ce travail se propose de rompre avec le point de vue romano-centré des études antérieures qui ont montré que les clientèles étrangères et les relations d’amitié constituent l’outil privilégié de la politique étrangère menée par Rome. De la même façon, les otages apparaissent comme un rouage important de l’impérialisme romain. Il ne s’agit évidemment pas de nier cette réalité, mais de la dépasser en étudiant la manière dont ces relations ont été mises à profit par les peuples gaulois. L’autre différence réside dans les sources mobilisées. En effet, si les textes demeurent incontournables, ils présentent le défaut d’être tous d’origine gréco-romaine et bien souvent postérieurs. Ce biais, déjà souligné dans les études antérieures, oblige à se tourner vers d’autres sources. Des travaux récents ont montré que les liens de clientélisme ou d’amitié, les prises d’otage et plus généralement les traités peuvent être appréhendés par l’iconographie monétaire. Certaines images portent la marque des relations privilégiées entre certaines familles gauloises et romaines ou encore le statut d’ancien otage des aristocrates qui frappent monnaie. Elles peuvent aussi révéler des alliances constituées entre cités gauloises. De la même façon, l’archéologie a porté à notre connaissance certains objets qui constituent des insignes de pouvoir et qui s’inscrivent dans le cadre de ces relations (pièces de parure, d’harnachement, d’armement, de vaisselle).


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