Merveilleux et mise en roman : les romans d’antiquité

par Natsuki Muto

Projet de thèse en Etudes médiévales

Sous la direction de Jean-René Valette.

Thèses en préparation à Sorbonne université , dans le cadre de École doctorale Mondes anciens et médiévaux (Paris) depuis le 05-12-2018 .


  • Résumé

    Notre thèse consiste à présenter une étude synthétique sur le merveilleux dans les romans d’antiquité du XIIe siècle. S’il existe des travaux abondants sur le merveilleux au Moyen Âge, les perspectives synthétiques sur le merveilleux dans les romans d’antiquité sont moins nombreuses. Jusqu’à présent, les recherches traitent, soit l’ensemble d’une œuvre comprenant du merveilleux, soit un seul motif merveilleux figurant également dans la matière antique. Concernant le choix du corpus, nous aborderons, en principe, les romans en vers qualifiés d’« antiquité », écrits au XIIe siècle. La trilogie constituée par le Roman de Thèbes, le Roman d’Énéas et le Roman de Troie de Benoît de Sainte-Maure sera au centre de l’analyse textuelle. Nous prendrons en considération le Roman d’Alexandre, Roman de toute chevalerie, c’est-à-dire la version anglo-normande composée par Thomas de Kent, et ses variations datant de la période considérée. Quant à Athis et Prophilias d’Alexandre de Paris, ce roman est inspiré par Disciplina clericalis de Pierre Alphonse et raconte une amitié exemplaire entre deux héros, l’Athénien Athis et le Romain Prophilias. Il s’inscrit dans la continuité des romans d’inspiration antique, pour un projet d’écriture historique. Philomena, Narcisse et Pyrame et Thisbé, adaptations en langue vernaculaire de sources latines d’Ovide seront également traités. Dans la première partie de notre thèse, nous étudierons les mots et les concepts relatifs au merveilleux et à la merveille. La deuxième partie présentera le répertoire des « motifs merveilleux » ainsi que l’analyse de leur intertextualité dans notre corpus. Seront examinés les tensions entre le christianisme et le paganisme ainsi que les éléments de poétique dans la réécriture des textes antiques dans la dernière partie. Les romans d'antiquité ne sont plus de simples traductions, ce sont des oeuvres aptes à constituer un véritable laboratoire de l'écriture romanesque au cours de la dernière moitié du XIIe siècle. Étudier les pensées et les formes d'écriture dans ces romans permettra de dégager les particularités du texte, qui se trouve à la croisée de la traduction et de l'écriture, de la fiction et de l'histoire ainsi que du savoir et de la croyance.


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