Fondement phénoménologique du Bayésianisme Quantique

par Laura Gallery De La Tremblaye

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Michel Bitbol et de Jan Lacki.

Thèses en préparation à Paris Sciences et Lettres en cotutelle avec l'Université de Genève , dans le cadre de Ecole transdisciplinaire Lettres - Sciences , en partenariat avec PAYS GERMANIQUES (laboratoire) et de Ecole normale supérieure (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-09-2018 .


  • Résumé

    Christopher Fuchs et Rüdiger Schack, fondateurs du Bayésianisme Quantique, ou QBism, ont développé avec ce mouvement de pensée une vision bayésienne, ou subjectiviste, des distributions de probabilités des états quantiques. Le nouveau statut des probabilités les a mené à repenser le statut des théories physiques elles-mêmes et de leur relation aux microsystèmes que l'on suppose exister. Du point de vue QBiste, tout l'appareil mathématique de la mécanique quantique est un «single-user manual» (un manuel d'utilisation réservé à un utilisateur unique) permettant aux expérimentateurs d'être guidés dans leurs anticipations de mesure. L'état quantique qui d'après la règle de Born, génère des probabilités, ne concerne alors plus l'état du microsystème lui-même, mais plutôt les résultats possibles d'une expérimentation, faite par un utilisateur particulier. Pour caractériser la position QBiste nous avons confronté le QBism à une autre approche de la connaissance, à savoir : la phénoménologie de Edmund Husserl. Notre recherche consiste en un parallèle très approfondi de ces deux mouvements. Ce parallèle, pour en dépasser les limites, nous paraît alors être l'occasion d'appliquer la démarche des contraintes génératives mutuelles empruntée à Francisco Varela et à la neuro-phénoménologie. Par la confrontation de ces deux approches de la connaissance, notre objectif est d'améliorer la compréhension de la mécanique quantique, à travers le QBism, grâce à la phénoménologie husserlienne, et d'améliorer l'élucidation de la phénoménologie par la contrainte de son applicabilité à un domaine de la physique, grâce au QBism.

  • Titre traduit

    Phenomenological foundation of QBism


  • Résumé

    The introduction of quantum mechanics within the field of physics has tremendously challenged our classical metaphysical background, and even may be any dream of a metaphysical view of the world. Many interpretations have then emerged over the past century. In most cases they were attempts to reconcile a realist position with the equations of quantum mechanics, while solving some of its enigmas and paradoxes. Nevertheless, one recent interpretation stands out as an exception : QBism (which originally stood for Quantum Bayesianism). Christopher Fuchs and Rüdiger Schack developed the QBist position as a Bayesian interpretation of the probability distributions of quantum states. This new status of probabilities led them to reconsider the status of physical theories, and their relation to putative microsystems. From the Qbist point of view, all of the mathematical apparatus of quantum mechanics is a “single-user manual” to guide experimenters in their anticipation of measurement outcomes. The quantum state, that generates probabilities by way of the Born rule, is not referring to the microsystem anymore, but rather to the possible results of an observation originating from a certain user. Yet, if the user does not have directly access to the object, how can one be said to acquire knowledge? In order to characterize the QBist position and to explore these issues, I will confront QBism with another approach to knowledge stemming from philosophy, namely: Edmund Husserl's phenomenology.