Vénus malade : représentations de la vérole et des vérolés dans les discours littéraires et médicaux en France (1495-1630)

par Jerôme Laubner

Projet de thèse en Littérature et civilisation française

Sous la direction de Jean-charles Monferran.

Thèses en préparation à Sorbonne université en cotutelle avec l'Universität Basel , dans le cadre de Littératures françaises et comparée , en partenariat avec Centre d'étude de la langue et de la littérature française des XVIe au XXIe s (equipe de recherche) depuis le 20-11-2018 .


  • Résumé

    Alors que le XVe siècle touche à sa fin et que Christophe Colomb découvre le Nouveau Monde, l’Europe fait l’expérience douloureuse d’une maladie apparemment nouvelle : la vérole. La violence inédite d’une telle épidémie met le monde médical en crise tant les autorités antiques habituelles (Hippocrate et Galien, essentiellement) semblent inopérantes pour expliquer ce fléau insolite, dont l’étiologie ne cesse d’être récrite et repensée par les médecins. Ce nouveau défi médical n’est pas exempt de conséquences dans le champ littéraire, où les textes présentant des vérolés ou abordant la virulence de cette maladie honteuse se multiplient. La vérole apparaît dès lors comme un objet d'étude complexe : fait biologique, elle se change également en objet symbolique ou métaphorique sous la plume des écrivains. Aussi l’objectif de cette thèse, fondée sur une confrontation entre les textes littéraires et les traités médicaux, est-il de montrer à quel point la contagion réelle de la maladie se double d’une contagion livresque. La porosité entre littérature et médecine est grande lorsque les hommes de lettres et les hommes de science représentent une maladie qui fait naître un imaginaire particulièrement fécond où Éros et Thanatos sont étroitement liés. Centré sur la figure de Vénus, dont l’ambiguïté occupe les réflexions de plusieurs humanistes redécouvrant et commentant les œuvres antiques comme celles de Platon, ce travail étudie également les représentations de la vérole selon le genre et le type de textes à l’intérieur desquels elles s’inscrivent. La violence et la pluralité des symptômes d’une maladie aux contours instables semblent, de fait, offrir aux auteurs du XVIe siècle et du début du XVIIe siècle tels que Marot, Rabelais, Paré ou Théophile de Viau, la possibilité d’une grande variété dans les représentations de cette épidémie, selon les contextes d’écriture et les publics visés : outil polémique, instrument idéologique, ressort comique ou supplice pathétique, la vérole est tout cela à la fois.


  • Pas de résumé disponible.