La Gestion du patrimoine mondial: Le cas de la Ville Historique de Grand-Bassam (Abidjan - Côte d'Ivoire)

par Attobra stanislas Kanga

Projet de thèse en Droit public - SHS

Sous la direction de Marc Leroy.

Thèses en préparation à Reims , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'homme et de la société (Reims, Marne) , en partenariat avec (CRDT) Centre de Recherche sur la Décentralisation Territoriale (laboratoire) depuis le 10-12-2018 .


  • Résumé

    L'Organisation des Nations Unies pour l'Education la Science et la Culture (UNESCO) conçoit le patrimoine comme « l'héritage du passé dont nous profitons aujourd'hui et que nous transmettons aux générations à venir. Nos patrimoines culturels (…) sont des sources irremplaçables de vies et d'inspiration ». Ainsi, demeure-t-il un élément essentiel dans la culture de tout peuple et de toute nation. C'est pourquoi, protéger le patrimoine de diverses nations, revient à protéger le patrimoine mondial donc à sauvegarder toutes cultures. Car, même si l'usage d'un bien patrimonial appartient au propriétaire comme le note Victor HUGO, sa beauté, elle, est à tout le monde. Protéger et perpétuer les civilisations de chaque peuple afin d'éviter à ces dernières de disparaître ou de tomber dans l'oubli, tel est le but que s'est fixée l'UNESCO sur le plan culturel. A cet effet, la Convention du patrimoine mondial de 1972 ratifiée à Paris par plusieurs Etats, demeure l'instrument adéquat pour préserver, conserver et sauvegarder tout bien du patrimoine mondial notamment le patrimoine africain dont celui de la Ville Historique de Grand Bassam en Côte d'Ivoire fera l'objet de notre étude. Située à l'Ouest de l'Afrique dans le golfe de Guinée, la Côte d'Ivoire, limitée au Nord par le Burkina Faso et le Mali, à l'Ouest par le Liberia et la Guinée, à l'Est par le Ghana et au Sud par l'Océan atlantique, est un pays riche de sa diversité culturelle. A ce titre, après son indépendance le 7 août 1960, la Côte d'Ivoire fait de la culture un des leviers importants de son développement économique. C'est pourquoi, conscient du rôle essentiel de l'UNESCO et de son apport pour la valorisation de sa culture, la Côte d'Ivoire va, en plus de son adhésion à cette institution le 27 octobre 1960, ratifier plusieurs Conventions culturelles dont celle de 1972 portant sur le patrimoine mondial le 09 janvier 1981. Conformément à la Convention de 1972, une liste regroupant tous les biens constituant le patrimoine culturel et naturel de l'humanité sera créée. Au vu de l'intérêt que porte la Côte d'Ivoire au patrimoine, plusieurs biens ivoiriens vont être inscrits sur la liste du patrimoine mondial notamment la Ville Historique de Grand Bassam (VHGB), inscrite le 29 juin 2012, lors de la 36ème session du Comité du Patrimoine Mondial à Saint-Pétersbourg, Fédération de la Russie. Grand Bassam notons-le, est une ville côtière en zone humide. Elle est localisée au Sud-Est de la Côte d'Ivoire dans la sous-préfecture et le département de Grand-Bassam, région administrative du Sud-Comoé située à 43 Kilomètres au Sud-Est d'Abidjan, la capitale économique. Cette ville représente un outil permettant à la Côte d'Ivoire de se positionner sur la scène internationale, voire mondiale. Malheureusement, six ans après l'obtention de ce label chèrement et laborieusement acquis, on constate que la Ville Historique de Grand Bassam est plongée dans une certaine léthargie. L'on note la dégradation de certains bâtiments accusant le poids de l'usure du temps, ou souffrant du défaut d'entretien. Les autres composantes du site présentent des pathologies ou sont soumis à des menaces d'origine climatique, environnementale, ou humaines, qui portent préjudice à l'intégrité du site et à la qualité de vie des populations, tel que le souligne Sylvain TIEGBRE, expert ivoirien en culture et développement. De plus l'activité touristique souffre d'un manque de sensibilisation et d'une bonne organisation quant aux guides touristiques. On note également un manque de signalétiques etc. Cette situation est préoccupante autant pour les gestionnaires de patrimoine que pour l'ensemble des populations qui commencent à s'interroger sur le bien-fondé du nouveau statut du bien. Comment a-t-on pu aboutir à une telle situation ? Comment comprendre que malgré l'existence d'un plan de gestion depuis 2012, la Ville Historique de Grand Bassam présente toujours un visage d'avant-labellisation ? De plus, les 10 et 11 octobre 2018 ont vu se tenir à Grand-Bassam une réunion visant à établir un nouveau plan de gestion. Ce plan est-il nécessaire ? Le volet financier ne serait-il pas le problème ? Quel montant est assigné à la gestion de la VHGB ? En clair, l'état d'immobilisme constaté ne serait-il pas l'œuvre d'une défaillance globale de la gouvernance ou du système de gestion du bien ? La politique de financement est-elle à la base de cette lenteur ? Si tel est le cas, comment une réforme de l'ensemble du système de gestion pourrait-elle contribuer à une meilleure gestion du bien ? L'intérêt pour nous est d'aider à une solution idoine par l'entremise d'un système de gestion fiable qui puisse être profitable à l'Etat de Côte d'Ivoire et à la valorisation de la Ville Historique de Grand Bassam afin d'éviter à celle-ci de perdre son titre de patrimoine mondial.

  • Titre traduit

    The Management of world heritage: The case of the Historic City of Grand-Bassam ( Abidjan - Ivory Coast)


  • Résumé

    The United Nations Organization for the Education the Science and the Culture (UNESCO) conceives the heritage as "the inheritance of the past of which we take advantage today and which we pass on in the generations to come. Our cultural heritages (…) Irreplaceable sources of lives and inspiration are". So, it remains an essential element in the culture of every people and any nation. That is why, to protect the heritage of diverse nations, thus means protecting the world heritage to protect any cultures. Because, even if the use of the patrimonial good belongs to the owner as notes it Victor Hugo, its beauty, her, belongs to everybody. To protect and to immortalize the civilizations of every people to avoid in the latter to disappear or to fall into oblivion, such is the purpose that settled the UNESCO culturally. For that purpose, the Convention of the world heritage of 1972 ratified in Paris by several States, lives the adequate instrument to protect, keep and protect any good of the world heritage in particular the African heritage among which that of the Historic City from Grand-Bassam to Ivory Coast will be the object of our study. Situated on the West by Africa in the Gulf of Guinea, Ivory Coast, limited to the North by Burkina Faso and Mali, on the West by Liberia and Guinea, in the East by Ghana and in the South by Atlantic Ocean, is a country rich in its cultural diversity. As such, after his independence on August 7th, 1960, Ivory Coast made of the culture one of the important levers of his economic development. That is why, aware of the essential role of the UNESCO and of its contribution for the valuation of its culture, Ivory Coast is going, besides its membership to this institution on October 27th, 1960, to ratify several cultural Conventions of which that of the 1972 concerning the world heritage on January 09th, 1981. According to the Convention of 1972, a list grouping all the properties establishing the cultural and natural heritage of the humanity will be created. In view of the interest which carries Ivory Coast in the heritage, several Ivory Coast properties are going to be registered on the list of the world heritage in particular the Historic City of Grand-Bassam (VHGB), registered on June 29th, 2012, during the 36th session of the World Heritage Committee in Saint-Petersburg, Federation of Russia. Grand-Bassam let us note it, is a coastal city in wet zone. She is located in the Southeast of Ivory Coast in the sub-prefecture and the department of Grand-Bassam, administrative region of Sud-Comoé situated in 43 kilometers in the Southeast of Abidjan, the economic capital. This city represents a tool allowing Ivory Coast to position on the international, even world scene. Unfortunately, six years after the obtaining of this label dearly and laboriously acquired, we notice that the Historic City of Grand-Bassam is plunged into a certain lethargy. We note the degradation of certain buildings accusing the weight of the wear time, or suffering from the defective maintenance. Other components of the site present pathologies or are subjected to threats of climatic, environmental origin, or human, which harm the integrity of the site and the quality of life of the populations, such as underlines it Sylvain TIEGBRE, Ivory Coast expert in culture and development. Of more tourist activity suffer from a lack of raising awareness and from a good organization as for the tourist guides. We also note a lack of signalling systems etc. This situation is worrisome as much for the administrators of heritage as for the set of the populations which begin to wonder about the legitimacy of the new status of the good. How were we able to end in such a situation? How to understand that in spite of the existence of a management plan since 2012, the Historic City of Grand-Bassam always presents a face of front-labelling? Furthermore, October 10th and 11th, 2018 saw being held in Grand-Bassam a meeting to establish a new management plan. Is this plan necessary? Would not the financial aspect be the problem? What amount is assigned to the management of the VHGB? Plainly the state of noticed opposition to progress would not be the work of a global failure of the governance or the management system of the good? Is the financing strategy at the base of this slowness? If that is the case, how a reform of the whole management system could contribute to a better management of the good? The interest in us is to help in an appropriate solution by the intervention of a reliable management system which can be profitable in the State of Ivory Coast and in the valuation of the Historic City of Grand-Bassam to avoid in this one to lose the title of world heritage.