Effets macroéconomiques et de redistribution intergénérationnelle de la neutralité carbone en France d'ici 2050

par Laura Atarody

Projet de thèse en Sciences Economiques

Sous la direction de Frederic Gonand.

Thèses en préparation à Paris Sciences et Lettres , dans le cadre de Ecole Doctorale de Dauphine , en partenariat avec Laboratoire d'Économie de Dauphine (laboratoire) et de UNIVERSITE PARIS-DAUPHINE (établissement de préparation de la thèse) depuis le 03-12-2018 .


  • Résumé

    L'accord de Paris de 2015 a permis d'établir un consensus entre les pays sur l'objectif de contenir l'élévation de la température moyenne de la planète en dessous de 2°C et de poursuivre l'action menée pour limiter l'élévation de la température à 1,5 °C. Selon le GIEC, cet objectif nécessite d'atteindre une neutralité des émissions durant la seconde moitié du siècle. Dans l'optique de s'aligner sur l'accord de Paris, le ministère de la transition écologique et solidaire a établi un Plan Climat qui fixe un objectif de neutralité carbone à l'horizon 2050. Suite à cette nouvelle orientation de la politique climatique française, plusieurs évaluations ont été réalisées afin d'estimer les coûts et les effets des scénarios aux potentiels de biogaz plus ou moins élevés avec des hypothèses plus ou moins restrictives sur le renouvellement du parc de production électrique, le développement des réseaux et des usages de l'électricité. Dans la plupart des scénarios disponibles, l'accent est mis sur la nécessité de maintenir l'offre de production d'électricité décarbonée. Toutefois, ces évaluations négligent la faisabilité et la cohérence des mix énergétiques, les bouclages macroéconomiques et les effets de redistribution intergénérationnelle. En effet, les évaluations existantes reposent sur des hypothèses discutables quant aux coûts des technologies et la vitesse de leurs déploiements. Les effets macroéconomiques de la hausse du coût de l'énergie et du financement des plans d'investissement ne sont pas pris en compte. Enfin, la question de la répartition des coûts et des bénéfices de la neutralité carbone entre les générations est négligée. Le travail de thèse aura pour tâche d'évaluer quels seront les mix énergétiques les plus efficaces qui préserveront au mieux l'équité intergénérationnelle. La thèse simulera les impacts macroéconomiques de différents scénarios d'investissement et de financement applicables au système énergétique français à l'horizon 2050 et analysera en détail les effets redistributifs intergénérationnels sur les prochaines décennies. Elle s'appuiera sur un modèle d'équilibre général à générations imbriquées (MEGGI) empirique, qui détaille notamment les secteurs de l'énergie et de l'électricité permettant une modélisation détaillée des effets prix-volumes à long terme avec bouclage macroéconomique de la demande. L'apport à la littérature de la thèse portera notamment sur les aspects suivants : a) un bouclage macroéconomique à long terme des politiques de transition bas carbone en France, à l'horizon 2050 avec modélisation de l'évolution des usages dans un cadre homogène (et non hybride), b) une modélisation des effets de retour macroéconomique de ces politiques sur la demande d'énergie dans ce cadre homogène, c) une analyse des équilibres financiers internes du secteur de l'énergie en France, avec l'étude associée des conditions de soutenabilité du financement de la transition bas carbone, d) une étude, toujours dans le même cadre homogène, des effets de redistribution entre les générations de ces scénarios, e) une modélisation dans ce contexte du choix public sous forme du calcul d'une fonctionnelle de choix social, qui permettra de définir les choix du planificateur social quand aucun scénario d'investissement n'est Pareto-optimal, en fonction de son aversion à l'inégalité intergénérationnelle (cf. Gonand, 2018).Cette thèse est rédigée dans le cadre d'un dispositif CIFRE au sein du Département Recherche & Développement d'Electricité De France.

  • Titre traduit

    Macroeconomic effects and intergenerational redistribution of carbon neutrality in France by 2050


  • Résumé

    The 2015 Paris Agreement has established a consensus among countries on the goal to limit global average temperature rise below 2 °C and to continue efforts to limit it to 1.5 °C. According to the IPCC, this goal requires achieving carbon neutrality in the second half of the century. In order to align with the Paris agreement, the Ministry for an Ecological and Solidary Transition has drawn up a Climate Plan that sets a goal of carbon neutrality by 2050. Following this new orientation of climate policy in France, several assessments have been carried out to estimate the costs and effects of scenarios with higher or lower biogas potential, with more or less restrictive assumptions about the renewal of the electricity generation, the development of networks and the uses of electricity. In most available scenarios, the focus is on the need to maintain the supply of low-carbon electricity generation. However, these assessments neglect the feasibility and coherence of energy mixes, macroeconomic closures and intergenerational redistributive effects. Indeed, existing assessments are based on questionable assumptions about the costs of technologies and the speed of their deployments. The macroeconomic effects of rising energy costs and financing of investment plans are not taken into account. Finally, the issue of the distribution of the costs and benefits of carbon neutrality between generations is neglected. The objective of the thesis will be to evaluate which energy mix will be the most effective and will best preserve intergenerational equity. The thesis will simulate the macroeconomic impacts of various investment and financing scenarios applicable to the French energy system by 2050 and will analyze in detail the intergenerational redistributive effects over the next decades. It will be based on an empirical general equilibrium model with overlapping generations, which notably details the energy and electricity sectors, allowing a detailed modeling of the long-term price-volume effects with macroeconomic closure of demand. The contribution of the thesis to the literature will include the following aspects: a) a long-term macroeconomic closure of low carbon transition policies in France, by 2050 with modeling of the evolution of uses in a homogeneous framework (and not hybrid), b) a modeling of the macroeconomic return effects of these policies on the energy demand in this homogeneous framework, c) an analysis of the internal financial balances of the energy sector in France, with the study of the conditions of sustainability of low-carbon transition financing, d) a study, still in the same homogeneous framework, of the redistributive effects between generations in these scenarios, e) a modeling of the public choice in the form of the calculation of a social choice functional, which will define the choices of the social planner when no investment scenario is Pareto-optimal, depending on his aversion to intergenerational inequality (cf. Gonand, 2018). This thesis is written within the CIFRE agreements in the Research & Development Department of Electricity De France.