Agrobiodiversité du territoire de Mouweis (Soudan central), cité méroïtique du 4e s. av. J.-C. au 4e s. ap. J.-C. et l'essor de la culture coton - Innovations agricoles en Afrique et Arabie.

par Juliette Milon

Projet de thèse en Archéologie, Ethnologie, Préhistoire

Sous la direction de Marie-Pierre Ruas.


  • Résumé

    À partir de la fin du 1er millénaire av. n. ère, les systèmes agraires antiques du nord-est africain et d’Arabie sont marqués par l’acclimatation de nouvelles plantes annuelles et pérennes, communément appelées « cultures d’été », comme le coton (Gossypium sp.) de chaque côté de la mer Rouge, ou le sorgho (Sorghum bicolor) et le mil à chandelle (Pennisetum glaucum) au Soudan et en Egypte. Ces cultures sont originaires des régions sub-tropicales et tropicales africaines ou indiennes, dont la croissance, généralement rapide, demande des températures et un taux d’ensoleillement élevées et un apport substantiel en eau. Ce projet de thèse vise à étudier les dynamiques d’acclimatation de ces nouvelles plantes et les composantes socio-techniques et environnementales qui leur sont associées à l’aide d’une approche archéobotanique qui comprend deux directions. Le premier volet est l’étude carpologique du site archéologique de Mouweis, cité méroïtique située sur la rive est du Nil au Soudan central et occupée entre le 4e siècle av. J.-C. et le 4e s. ap. J.-C. Il a pour but d’examiner les milieux exploités, l’évolution du cortège des plantes cultivées et l’intégration des « cultures d’été » sur la longue durée au sein de systèmes agricoles dépendant du Nil et des pluies de mousson. Le second volet vise à identifier à l’espèce les graines de coton archéologiques trouvées à Mouweis et Madâ’in Sâlih (Arabie Saoudite) et jusqu’alors identifiées uniquement au rang du genre (Gossypium sp.), en développant une analyse de morphométrie géométrique appliquée à des graines de coton modernes et archéologiques. Une telle identification permettra de documenter les lignées de coton privilégiées par les systèmes agraires antique ainsi que par les routes de commerce et d’échanges.

  • Titre traduit

    Agricultural innovation in Africa and Arabia : agrobiodiversity of the Mouweis territory (central Sudan), a Meroitic city from the 4th century BC to the 4th century AD and the development of cotton cultivation


  • Résumé

    From the end of the 1st millennium BC, the ancient agrarian systems of northeastern Africa and Arabia were characterized by the acclimatization of new annual and perennial plants, commonly known as "summer crops", such as cotton (Gossypium sp.) on either side of the Red Sea, or sorghum (Sorghum bicolor) and pearl millet (Pennisetum glaucum) in Sudan and Egypt. These crops originated in sub-tropical and tropical African or Indian regions, whose generally rapid growth requires high temperatures and a high rate of sunshine and a substantial supply of water. This thesis project will study the acclimatization dynamics of these new plants and the socio-technical and environmental components associated with them using an archaeobotanical approach that includes two approaches. The first part is the carpological study of the archaeological site of Mouweis, a Meroitic city located on the eastern bank of the Nile in central Sudan and occupied between the 4th century BC and the 4th century AD. Its purpose is to examine the exploited environments, the evolution of the crop-vegetation cortège and the integration of long-term "summer crops" within farming systems dependent on the Nile and the monsoon rains. The second aspect aims to identify the archaeological cotton seeds found in Mouweis and Madâ'in Sâlih (Saudi Arabia) as well as other archaeological sites and until now only identified as genus (Gossypium sp.), by developing a geometric morphometric analysis applied to modern (domesticated and wild) and archaeological cotton seeds. Such identification will make it possible to document the cotton lines privileged by the ancient agrarian systems as well as by trade and exchange routes.