Missions géographiques dans la Chine et ses bordures frontalières. Histoire d'une conquête photographique, de 1860 à 1910.

par Florence Adrover

Projet de thèse en Histoire et civilisations

Sous la direction de Catherine Jami.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 06-11-2018 .


  • Résumé

    Le but de cette recherche est d’interroger les usages et les spécificités de la photographie française au cours des missions géographiques en Chine et ses bordures de 1860 à 1910. La Chine se trouve en marge des grandes ambitions territoriales françaises, l’Indochine faisant l’objet d’une attention particulière. Les concessions internationales, installées principalement sur le littoral chinois, sont des lieux privilégiés pour l’implantation de studios photographiques. D’autres photographes, amateurs ou professionnels, privilégient au contraire l’itinérance. Ces photographes décident de partir de leur propre fait, ou dans le cadre d’une mission officielle ou officieuse, et pénètrent à l’intérieur du continent, optant pour le voyage et l’exploration jusque dans les confins septentrionaux de la Chine, la Mongolie, la Mandchourie et le Tibet, avec un accent pour les régions occidentales de la Chine (Yunnan, Sichuan), ainsi que la Corée, voire le Japon, la Chine faisant parfois figure de simple escale. Les profils de ces explorateurs s’avèrent divers et leurs apports scientifiques dans le domaine spécifique de la géographie peuvent emprunter quelques biais, pour être reconnus comme tels. Érudits, géographes, géologues, naturalistes, diplomates et militaires, missionnaires portent chacun un regard singulier sur l’espace qu’ils parcourent eu égard à leurs missions respectives. Tous nourrissent d’une certaine façon un savoir géographique commun. Dans ce XIXe siècle positiviste, l’invention de la photographie est progressivement intégrée dans les explorations scientifiques et littéraires, comme moyen de conserver une trace des découvertes effectuées in situ et un souvenir des expériences vécues. Support visuel utile et immersif, la photographie, perçue en sa qualité scientifique et technique, confère, semble-t-il, cette valeur probatoire et testimoniale d’un réel à découvrir ou redécouvrir. Ce sont les missions officielles qui vont faire l’objet principal de nos investigations. Nous nous interrogerons ainsi sur les divergences d’intention de ces photographes, sur le rôle de la photographie dans la construction de ces représentations de la Chine, et sur le fait d’une pratique socialisée et scientifique de la photographie française en Chine.


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