Évaluation des compétences collocationnelles dans les écrits scientifiques en langue seconde

par Azadeh Pirooz

Projet de thèse en Sciences du langage Spécialité Français langue étrangère

Sous la direction de Agnès Tutin et de Tatiana Aleksandrova.

Thèses en préparation à Grenoble Alpes , dans le cadre de École doctorale langues, littératures et sciences humaines (Grenoble) , en partenariat avec Laboratoire de Linguistique et Didactique des Langues Etrangères et Maternelles (laboratoire) depuis le 01-09-2018 .


  • Résumé

    Notre étude s'inscrit dans une démarche de Français sur Objectifs Universitaires (FOU). Cette discipline a été créée pour répondre aux besoins linguistiques des étudiants allophones arrivant de systèmes d'enseignement différents avec des compétences linguistiques souvent peu stabilisées. Dans le cadre de cette discipline, le français enseigné est un français spécialisé en vue d'aider les étudiants à perfectionner des savoir-faire langagiers et intellectuels solides adaptés aux exigences du milieu universitaire (Mangiante & Parpette, 2004). Parmi les compétences indispensables pour rédiger un écrit scientifique, le lexique spécifique à ce genre de texte tient une place importante. Ces unités lexicales, typiquement utilisées par la communauté scientifique décrivent et présentent les activités rédactionnelles scientifiques. Il s'agit du lexique intermédiaire entre la langue générale et la terminologie. Ces unités lexicales n'appartiennent pas à une discipline précise, mais elles peuvent être utilisées dans l'écrit de recherche scientifique (Tutin, 2007). Ce type de lexique pose problème chez les étudiants surtout les non natifs, ce qui explique notre choix de l'évaluation des compétences lexicales en écrit scientifique dans cette étude. Il existe différentes études sur l'évaluation des compétences collocationnelles en anglais et en français. Certaines portent sur les compétences collocationnelles en production comme les travaux d'Howarth (1996) alors que d'autres travaillent sur la compréhension des compétences collocationnelles (Granger, 1998 et Bonk, 2001). Ces études se concentrent souvent sur les collocations en langue générale (Nesselhauf, 2005 ; Calaque, 2007 ; Bolly, 2008) et rarement sur les collocations spécialisées (Gledhill, 1997). Parmi ces études, nous en avons trouvé qui font intervenir uniquement des participants natifs (Calaque, 2007) alors que d'autres comparent des compétences collocationnelles entre les non natifs et natifs (Nesselhauf, 2005 et Bolly, 2008). Notons que les études mentionnées ne sont pas exhaustives. En revanche, les recherches portées sur l'évaluation des compétences collocationnelles en français langue seconde sont relativement moins développées donc, il y un intérêt, tant sur le plan linguistique que sur le plan didactique. Nous croyons que les études linguistiques et didactiques portées sur l'évaluation des compétences collocationnelles complètent les études concernant la phraséologie transdisciplinaire. Cette recherche porte sur la phraséologie transdisciplinaire scientifique et plus précisément sur les unités polylexicales. Nous ne nous intéressons pas aux mots isolés, mais aux collocations construites autour d'un nom et d'un adjectif. Nous nous concentrons particulièrement sur des combinaisons typiques qui relèvent de ce genre de discours, plus précisément des collocations de type N+adj comme "analyse statistique", "étude empirique", "plan théorique", afin d'observer et d'évaluer des compétences collocationnelles en écrit scientifique chez les non natifs en français. Nos objectifs de recherche sont à la fois linguistiques et didactiques et notre étude se situe au croisement de plusieurs domaines : la phraséologie, la didactique du lexique spécialisé et la linguistique de corpus. Nous souhaitons que l'observation et l'analyse des collocations retenues de notre enquête, nous permettent, tout d'abord, de déterminer les traits phraséologiques qui caractérisent les productions des natifs et l'interlangue avancée du français académique chez les non natifs ; ensuite, de diagnostiquer les difficultés majeures de la production des collocations et de mettre en évidence les compétences collocationnelles des natifs et des non natifs. Nous étudierons l'influence de variables externes comme la langue première, comme Nesselhauf (2003) note plus d'une moitié des collocations utilisées par les apprenants sont erronées. D'après elle, l'origine de ces erreurs vient de l'influence de la langue maternelle. Nous examinerons également le niveau d'études et des facteurs internes comme la nature de l'écart des choix de collocations chez les non natifs. Nous rejoignons l'hypothèse émise par Bolly (2008) : selon elle, cet écart se traduit en termes de suremploi/sous-emploi et mésusage mais aussi en termes de précision et de complexité. Nous pensons que suremploi/sous-emploi et mésusage des certaines collocations dans les productions les non natifs sont à cause de leur complexité. Pour traiter cette problématique, nous allons effectuer un test de connaissances linguistiques afin d'évaluer les compétences collocationnelles des participants. Le test sera destiné à un public étudiant, enseignant/chercheur non natif. Ce public a été choisi pour deux raisons : premièrement, les combinaisons lexicales se révèlent être l'une des principales sources d'erreurs chez les apprenants de français langue étrangère (Yan, 2017). Deuxièmement, nous voulons examiner l'effet l'acculturation aux normes des écrits scientifiques et l'apprentissage guidé chez les étudiants et les enseignant/chercheur non natif. Ce travail s'inscrit dans le cadre de la linguistique de corpus. La caractéristique essentielle de la linguistique de corpus est le contexte qui joue un rôle important pour étudier le sens des mots. À cet égard, la linguistique de corpus nous permet d'accéder à une grande quantité de données authentiques pour observer et décrire l'utilisation des unités phraséologiques et mettre en évidence les fréquences et les régularités de ces données. Dans le domaine de la linguistique de corpus, il existe deux types d'approches : l'approche corpus-based (basée sur le corpus) et l'approche corpus-driven (guidée par le corpus) (Tognini-Bonelli, 2001). Dans cette étude, nous choisissons les deux approches qui nous semblent compatibles et complémentaires. L'approche corpus-based nous permet de vérifier nos hypothèses de départ, alors que l'approche corpus-driven fait émerger des phénomènes particuliers que nous n'avons pas considérés dès le début. La linguistique de corpus constitue une méthode pour étudier des collocations issues de notre enquête. Cette méthode met à notre disposition deux types d'analyses : l'analyse quantitative et l'analyse qualitative. Dans cette étude, nous utilisons l'analyse qualitative qui permet d'analyser le sens des noms et des adjectifs utilisés et leur combinaison. Afin de déterminer les réponses pertinentes.

  • Titre traduit

    Evaluation of Collocational Skills in Second-Language Writing Scientific


  • Résumé

    Our study is part of a French approach to University Objectives (FOU). This discipline was created to meet the linguistic needs of allophone students coming from different educational systems with language skills that are often unstable. As part of this discipline, the French taught is a French specialized in helping students to develop strong language and intellectual skills adapted to the requirements of the academic community (Mangiante & Parpette, 2004). Among the essential skills for writing a scientific writing, the lexicon specific to this kind of text holds an important place. These lexical units, typically used by the scientific community, describe and present scientific writing activities. This is the intermediate lexicon between general language and terminology. These lexical units do not belong to a specific discipline, but they can be used in scientific research writing (Tutin, 2007). This type of lexicon is problematic for students, especially non-native students, which explains our choice of the evaluation of lexical skills in scientific writing in this study. There are several studies on the assessment of collocational skills in English and French. Some focus on collaborative skills in production such as Howarth (1996) while others work on understanding collocational skills (Granger, 1998 and Bonk, 2001). These studies often focus on collocations in the general language (Nesselhauf 2005, Calaque 2007, Bolly 2008) and rarely on specialized collocations (Gledhill 1997). Among these studies, we found some that involve only native participants (Calaque, 2007), while others compare collocational skills between non-native and native speakers (Nesselhauf, 2005 and Bolly, 2008). Note that the studies mentioned are not exhaustive. On the other hand, the research on the assessment of collocational skills in French as a second language is relatively less developed, so there is interest both linguistically and didactically. We believe that the linguistic and didactical studies of the assessment of collocational skills complement the studies concerning transdisciplinary phraseology. This research focuses on transdisciplinary scientific phraseology and more specifically on polylexical units. We are not interested in isolated words, but collocations built around a noun and an adjective. We focus particularly on typical combinations of this type of discourse, more specifically N + adj type collocations such as statistical analysis, empirical study, theoretical plan, in order to observe and evaluate collocational skills in scientific writing at home. non-native speakers in French. Our research objectives are both linguistic and didactic and our study is at the crossroads of several fields: phraseology, didactics of the specialized lexicon and corpus linguistics. We hope that the observation and analysis of the collocations selected from our survey allow us, first of all, to determine the phraseological traits that characterize the productions of the natives and the advanced interlanguage of academic French among non-native speakers; secondly, to diagnose the major difficulties in the production of collocations and to highlight the collocational skills of native and non-native speakers. We will study the influence of external variables like the first language, as Nesselhauf (2003) notes more than half of the collocations used by learners are wrong. According to her, the origin of these errors comes from the influence of the mother tongue. We will also examine the level of education and internal factors such as the nature of the gap in collocation choices among non-native people. We agree with the hypothesis put forward by Bolly (2008): according to her, this gap is reflected in terms of overemployment / underemployment and misuse, but also in terms of precision and complexity. We think that over-employment / underemployment and misuse of some collocations in non-native productions are because of their complexity. To address this issue, we will conduct a language test to assess the participants' collocational skills. The test will be intended for a student audience, teacher / non-native researcher. This audience was chosen for two reasons: first, lexical combinations are proving to be one of the main sources of error among learners of French as a foreign language (Yan, 2017). Second, we want to examine the effect of acculturation to scientific writing standards and guided learning among students and non-native teachers / researchers. This work is part of the corpus linguistics. The essential feature of corpus linguistics is the context that plays an important role in studying the meaning of words. In this respect, corpus linguistics allows us to access a large amount of authentic data to observe and describe the use of phraseological units and to highlight the frequencies and regularities of these data. In the field of corpus linguistics, there are two types of approaches: the corpus-based approach and the corpus-driven approach (Tognini-Bonelli, 2001). In this study, we choose the two approaches that seem compatible and complementary. The corpus-based approach allows us to verify our initial assumptions, while the corpus-driven approach brings out particular phenomena that we did not consider from the beginning. The corpus linguistics is a method to study collocations from our investigation. This method provides two types of analysis: quantitative analysis and qualitative analysis. In this study, we use qualitative analysis to analyze the meaning of nouns and adjectives used and their combination. To determine the relevant answers.